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Tome cinquième.
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bientôt il s'arracha des bras de son épousepour tenter de nouvelles entreprises. ’Vy ìíîes-las, duc de Poloczk , s’enfuit à son appro-che. Le roi de Pologne fut reçu en triomphedans Kiovie , & mit le siégé devant Prêttiiilie , place qui pouvoir être regardéealors comme le chef - d’œuvre des for-tifications. Une foule de paysans Russess'y choient retirés de toutes parts ; maiscette multitude mal aguerrie , montra peude fermeté dans la défense & peu d’ardeurdans les sorties. Boleflas livra trois assautsà la fois , & se rendit maître de la ville ;la citadelle fut forcée quelque temps aprèsd’ouvrir ses portes. Le roi dans le cours-de ses succès , disparut pour aller se-courir les fils de Bêla , à qui Salomon ,6ls d’André , difputoit Phéritage de leurpere. Mais en arrivant, il trouva ce dif-férent terminé par P entremise de quelquesprélats , revint en Russie , marcha contreWisrewold qui avoit chassé son frere Zaílasde Kiovie , Pattaqua près des murs decette ville , & remporta une victoire égale-ment funeste aux deux partis. Son arméeen fut tellement astòiblie, qu’il fut contraintde remettre le siège de'Kiovie à Tannéesuivante iojJ.

11 attendit à peine le retour du prin-temps pour l’entreprendre. Les travauxfurent poussés avec tant ds vigueur , quela breche fut bientôt praticable. Un assautpouvoit rendre Bolejlas maître de la place ;mais ayant, appris que les assiégés , aprèsavoir épuisé leurs vivres , alloient bientôtmanquer même de ces vils alimens quifont' frémir la nature , il attendit que lafamine lui livrât cette conquête , & neVoulut point hasarder le sang de ses soldats :d ne l’avoit que trop prodigué depuis qu’ilctoit fur le trône. La ville capitula , & ler oi traita les vaincus avec tant de douceur,9U ils se repentirent eux-mêmes de luiavoir réssté. Jusques-là Bolejlas avoit étédoux , humain , généreux , brave, ardent,infatigable ; mais arrêté par les délices deKiovie , comme Annibal par celles deCapoue , il perdit comme lui f es vertus &K gloire. La volupté flétrit son courageP^r degrés ; esclave de vingt maîtresses, iloublia qu’il avoit des sujets en Besogne ;% soldats s’abandonnerent aux mêmes

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excès : en vain leurs femmes les rappel-loient dans leur patrie , elles fe vengerontde leurs infidélités, en épousant leurs es-claves. La plupart de ces époux irrités ,retournèrent en Pologne pour réparer laperte irréparable de l’honneur. Bolejlasabandonné par son armée , fut contraintde rentrer dans fes états ; il signala sonretour par des supplices. Ceux qui a voientles premiers abandonné fes enseignes, pé-rirent fur l’écliafaud. Leurs femmes qui lesavoient rappellés , eurent le même sort.Les enfans nés de leurs mariages avec leursesclaves , furent ou égorgés fans pitié, ouexposés avec plus de barbarie encore.Bolesías étoit devenu féroce , ennemi deshommes & de lui-même ; tout dégouttantdu sang de fes sujets , il fe replongea dansles voluptés qui l’avoient abruti, & fit deson palais une seconde Kiovie. S. Stanislas,évêque de Cracovie , osa s’élever contreces désordres avec le courage qu’inspire lavertu , & cette autorité que les ecclésias-tiques avoient alors dans l’Europe. Bolesíasindigné qu’un seul homme , sans armes,fans défense , osât lui reprocher ses crimes,quand toute la Pologne trembloit fous lui,chargea des officiers de le délivrer , par unassassinat, de ce censeur importun. Maisle caractère de douceur & de majesté ré-pandu fur le front du prélat, glaça leurcourage ; se tyran ne voulut plus confiersa vengeance à des mains étrangères , ilentra dans Péglise, asyle sacré de Stanislas,lui porta le premier coup, & abandonnason cadavre à fes courtisans encouragés parson exemple.

Grégoire VII lança en 1079 un interditfur la Pologne , & ne distingua point lepeuple innocent du maître coupable.Bolesías sot déclaré déchu de la couronne ,son royaume abandonné au premier con-quérant , fes sujets dégagés du ferment defidélité. Ceux-ci, pour calmer la fureur dupontife , fe soulevèrent contre leur prince,j Odieux à fes sujets , à lui-même , il s’en-soit à la cour de Wratillas qui n’avoicpoint oublié les services que ce pvince avoirrendus à Bêla son pere. Les Polonois lais-sèrent Bolesías tranquille dans fa retraite :les foudres de Rome le poursuivirent juí-‘ ques dans cet asyle. Le pontife menaça