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cette façon ; & puifqu’il Test, pourquoi luicontester son bonheur ? chacun n’a-t-il pasdroit d’être heureux, selon que son capriceen décidera ? L’ambitieux ne cherche lesdignités que par le plaiíîr de se voir élevéau dessus des autres. Le vindicatif ne sevengeroit point, s’il n’efpéroit de trouversa satisfaction dans la vengeance.
II ne faut point opposer à cette maximequi est certaine , la morale & la religionde J. C. notre législateur & en mêmetemps notre Dieu , lequel n’est point venupour anéantir la nature, mais pour la per-fectionner. II ne nous fait point renoncerà l’amour du plaisir , & ne condamne pointla vertu à être malheureuse ici-bas. Sa loiest pleine de charmes & d’attraits ; elleest toute comprise dans l'amour de Dieu& du prochain. La source des plaisirs légi-times ne coule pas moins pour le Chrétienque pour ì’homme profane : mais dans Tor-dre de la grâce il est infiniment plus heu-reux par ce qu’il espere , que par ce qu’ilpossede. Le bonheur qu’il goûte ici - basdevient pour lui le germe d’un bonheuréternel. Ses plaisirs font ceux de la mo-dération , de la bienfaisance , de la tem-pérance , de la conscience ; plaisirs purs ,nobles, spirituels, & fort supérieurs auxplaisirs des sens. Voye\ Plaisir.
Un homme qui prétendrait tellementsubtiliser la vertu qu’il ne lui laiísât aucunsentiment de joie & de plaisir , ne feraitassurément que rebuter notre cœur. Telleest sa nature qu’il ne s’ourre qu’au plaisir •lui seul en lait manier tous les replis &en faire jouer les restòrts les plus secrets.Une vertu que n’accompagneroit pas leplaisir , pourrait bien avoir notre estime,mais non notre attachement. J’avoue qu’unmême plaisir n’en est pas un pour tous :les uns sont pour le plaisir grossier, & lesautres pour le plaifir délicat \ les uns pourle plaisir vif, & les autres pour le plaisirdurable ; les uns pour le plaisir des sens,& les autres pour le plaisir de l’esprit ;les uns ensin pour le plaisir du sentiment,& les autres pour le plaisir de la réflexion ;mais tous fans exception sont pour le plaisir.Consultes cet article.
On peut lire dans M. de Fontenelle lesréflexions solides & judicieuses qu’il a écri-
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tes fur le bonheur. Quoique notre bonheurne dépende pas en tout de nous, parce quenous ne sommes pas les maîtres d’êtreplacés par la fortune dans une conditionmédiocre , la plus propre de toutes pourune situation tranquille, & par conséquentpour le bonheur , nous y pouvons néan-moins quelque chose par notre façon depenser. ( C )
* Bonheur , Prospérité , (Gram.)termes relatifs à l’état d’un être qui pente& qui sent. Le bonheur est l’esset du hazard ;il arrive inopinément. La prospérité est unbonheur continu , qui semble'dépendre dela bonne conduite. Les fous Ont quelquefoisdu bonheur. Les sages ne prospèrent pastoujours. On dit du bonheur qu’i! est grand ,& de la prospérité qu’elle est rapide. Lebonheur fe dit & du bien qui nous est ar-rivé , & du mal que nous avons évité. Laprospérité ne s’entend jamais que d’un bienaugmenté par degrés. Le capitole sauvé dela surprise des Gaulois par les cris des oiessacrées, dit M. l’abbé Girard , est un traitqui montre le grand bonheur des Romains:mais ils doivent à la sagesse de leurs loix && à la valeur de leurs soldats , leur longueprospérité.
BON HOMME DE CHEVAL , BONHARAS , BON PIE, BON TRAIN ;voye\ tous ces mots à leurs lettres. ( V)
* BONICHON, f. m. ( Verrerie.) c’estun trou qui communique du four aux lu-nettes des arches à pots : il fait dans chaquearche à pot la fonction de ventouse. Commeon met cuire les bouteilles dans les archesà pots , dès qu’on a quitté le travail , pourempêcher le feu du four d’entrer , & laitierrefroidir les bouteilles , on marge la lu-nette : mais la lunette étant margée, & laflamme du four n’ayant plus d’entrée ni desortie, le four seroit étouffé , si on réou-vrait le bonichon.
* BONJEAU, s. m. (Econ. rufl.) c’estun aíîèmblage de deux bottes de lin liées1 une contre 1 autre de la tête au pié, afiod occuper moins de place dans T eau, ° aon doit mettre le lin rouir. Voye 7 Ll^-
* BONIER , f. m. (Commerce Ù d-S rrculture. ) mesure de terre qui contient ensurface' 4074 toises cinq pouces & qua rrClignes. Ainsi l’arpent contenant 900 toiss' s ’