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Tome cinquième.
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d Vacadémie de Paris , par des savansétrangers, tome LT.

Ce travail m’a conduit à faire uneefpece de borax artificiel , qui soudecomme le borax , mais qui , malgré cettepropriété, a des caractères distèrens. Depuisces expériences , j’ai combine le cuivreavec la base du sel marin ou l’alkali de lasoude, & avec deux antres substances dontje me réserve de parler dans les Mémoiresde Vacadémie de Paris. Cette liqueur a ungoût très-amer , nauséabonde , semblableà celle d’une dissolution de verdet ; elleest d’une couleur d’un beau verd de prétrès-foncée. Je l’ai étendu dans une suffi-sante quantité d’eau , pour en affoiblir lacouleur , l’alkali volatil n’y décele pointle cuivre , & ne produit point de couleurbleue ; une lame de fer trempée danscette liqueur , n’y devient point cuivreuse ;en versant un acide quelconque sur cetteliqueur concentrée , il se forme auíïì-tôtdans le vase un sel par lames, comme lesel sédatif, & tel que cela arrive par unedissolution chargée de borax. Si pour lorson y trempe une lame de fer , elle devientcuivreuse ; ce qui n’arrive point avant qu’ony verse de l’acide. Cette expérience esttrès-séduisante pour les chymistes qui s’oc-cupent de la recherche du borax elleme rappelle quelque chose d’asièz singulierque j’ai vu chez MM. Baillis, apothicaires,dans le temps que j’occupois le laboratoirede feu M. Geostroi ; elle n’a pas peu con-tribué à me faire persister dans l’idée quele cuivre est un des principes essentiels duborax, quoique les chymistes soient aujour-d’hui d’un sentiment contraire. On y fàí-soit ce jour-la une astèz grande quantité desel sédatif. La diílolution du borax avoirété faite dans des vaisseaux de grès ; 1 opé-ration du sel sédatif avoit été continuéedans les mémes vaiííèaux ; au défaut d unespatule de bois ou d’argent, on s’etoitservi par hasard d’une lame d’épée à troiscarres, pour remuer la liqueur ; j’examinaicette lame que je trouvai toute cuivreuse ;d’où cela pouvoit-il procéder ? On dirapeut-être que le borax, dont on s’étoit servien contenoit pour avoir été purifié dansdes vaisseaux de cuivre ; mais j’examinaisuA-tôt, avec l’alkali volatil , le borax

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dont on s’étoit servi , & je n’eus pas lamoindre couleur bleue qui pût y indiquerle cuivre.

D’après mes nouvelles observations ,l’alkali volatil ne peut plus être considérécomme un moyen sûr & infaillible pourdémontrer le cuivre dans les substances oùil est caché. La meilleure épreuve parlaquelle on puiíïe y suppléer, est d’attaquerles matières qui en contiennent par lesacides , & fur-tout par l’acide vitriolique :si la dissolution de ces matières donne ,avec Fesprit-de-vin , la fiamme verte, onpeut en conclure qu’elîes contiennent ducuivre ; la cause de cette couleur, austì-bien que de celle que donne le sel sédatiftiré du borax , vient du phlogistique ducuivre, dont le développement n’est dû qu’àFaction des acides.

En parlant du sel sédatif, j'entrerai dansde plus grands détails. Je ferai voir quece sel n’est pas tout formé dans le borax ,comme quelques chymistes le prétendentencore aujourd’hui. II suffit ici de donnerle résumé de quelques expériences que j’aifaites pour parvenir à jeter quelques nou-velles lumières fur les principes constituansdu borax. J’ai commencé par le décom-poser au moyen des distòlutions & desévaporations répétées, en employant laméthode de Kunkel : ce célébré chymisteassure que les sels neutres les plus fixespeuvent être décomposés par cette méthode.On fait que les sels alkalis fixes peuvent êtrechangés en eau & en terre par un procédésemblable, & que le sel marin peut austiêtre converti en une terre insipide.

Le borax dont je me suis servi pourcette opération , est celui de la premierspurification , qui se vend fous le nom deborax de la Chine ; ce sel est d’un blancmat, la crystallifation n’y est pas aussi régu-lière que dans celui qu’on vend fous le nomde borax d’Nollande 3 qui a subi une puri-fication de plus.

Lorsqu’on dissout le borax de la Chine,il reste sur le filtre une matière grise &muqueuse, qui, en se séchant, se convertîten une terre blanche , insipide , légere &friable sous les doigts. Je me fuis attachéparticulièrement à examiner la nature decette terre.