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les pans d’une robe enflée d’air ; ainsi onfait jouer les formes & badiner les accidens ;ainsi un pinceau mâle , par l’enchantementdes oppositions , prête de la fraîcheur à laverdure , donne de l’ame à l’ensomble &aux regards des détails précieux.
De hautes tentures d’épicéa , élevéesdans le fond , feroient valoir ce camaïeu ;elles en détacheraient à la vue le nacaratdes biaisions ardens, & les colliers de corailqui pressent les rameaux des houx , dontles feuilles vernies font bordées ou jaspéesd’or , d’argent & de pourpre : vers lesmilieux des paravents de thuya , fur lesdevants, des murs d’appui de sabine oud’alaterne garantiraient les arbustes les plustendres & les plus rares : on les disposeraitpar rang de taille , afin de les dégrader enamphithéâtre. Point de limites marquéesà ce bosquet, prolongez ses allées, reculezquelques-unes de ces masses jusques dans lescampagnes ; qu’il semble en un mot que lanature en fit les frais, & que l’industrie ya seulement laissé tomber un coup d’œilcomplaisant : jonchez-y la terre de fleurshivernales ; les ellébores , les iris de Perseseront mieux saisis par la vue , s’ils entou-rent des buissons toujours verds ; la per-venche rampante aura grâce à festonnerles boulingrins.
Là , fous des berceaux de lierre, ou fousla coupole des cedres , je braverai le soleildangereux de mars , lorsqu’il régné ailleursen tyran : l’illusion me traníportera auxícenes riantes de la belle saison, & réveil-lera jusqu’au gazouillement des oiseaux :j imaginerai le printemps : que dis-je ? lesfroides décorations de l’hiver m’y donne-ront une forte de plaisir. Après le givre ,les lames de frimas sortent en étoile detoutes les feuilles ; la glace y reçoit,toutesles formes : certaines branches s’éleventcomme des faisceaux de verre , & d’autrespendent comme des lustres : je crois mepromener dans un bosquet de crystal jusqu’àce que le soleil dissipant ces légeres congé-lations , ait fait reparaître , comme par uncoup de féerie , la verdure qu’elles ca-draient.
Elle n’est pas le seul agrément des arbresqui la conservent ; ils forment des mastèsoù l’œil se repose, ils brisent aussi l’impé-
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tuosité des tempêtes. Ailleurs les ventssifflent & s’irritent entre les rameaux dé-vêtus ; ils rasent la plaine dénuée où lesyeux errent tristement parmi les ombresqui fuient : ici je jouirai d’un climat doux ,au milieu d’un element fougueux ; j’y vien-drai contempler la majesté du ciel, respirerl’encens des résines, & méditer fur dessujets graves au jour argenté de la lune :aux derniers momens de l’hiver, j’y atten-drai plus doucement le retour du zéphyr.Heureux qui pourrait ainsi couler paisible-ment fa vie dans le courant des faisons, &apprendre de la nature si libérale & si variéedans ses bienfaits , à l’imiter en faveur deses semblables.
BOSRA, nommée Busseret dans les his-toriens françois des Croisades. Bosra dansl'antiquité , ancienne métropole d’une pro-vince particulière d’Arabie , au levant dela Palestine.
BOSSAGE, f m. se dit en général detoute éminence laisiee à une surface planede pierre ou de bois , ou autre matièrepropre au bâtiment.
BOSSAGE , en Architecture , se dit de lasaillie brute & non taillée , qu’on laisse dansles bâtimens à des pierres que l’on fe pro-pose de réparer au ciseau , pour y formerdes ornemens , des armes , des feuilla-ges , &c.
Joindre des pierres en bossage , c’est leslaisser faillir au delà des endroits où soneles joints , comme on le remarque au tam-bour des colonnes de plusieurs pieces : c’estun moyen de conserver les arêtes de leursjoints de lit, que les cordages pourraientémousser , & d’en faciliter la pose.
On donne encore le nom de bossagesou de pierres de refend, à celles qui sem-blent excéder le nu du mur , quand lesjoints de lit en sont marqués par des en-foncemens ou canaux quarrés.
Le bossage rustique est arrondi, & sesparemens paroisiènt ou brutes ou pointillésegalement^: l’arrondi a ses arêtes arrondies :le bossage à angles est chanfrené , & jointa un autre de pareille maniéré , avec le-quel il forme un angle droit : celui à pointede diamant a le parement à quatre glacis,terminés en un point quand il est quarté ,& en arête quand il est barlong ; celui qui