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Tome cinquième.
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où il devint tellement à la mode , qu’ilparut en 1649 un livre sous le titre de laPassion de Notre-Seigneur en vers bur-lesques. En vain a-t-on voulu l’introduireen Angleterre ; le flegme de la nation n’ajamais pu goûter cette extravagance , &à peine cornpte-t-on deux auteurs qui yaient réussi.

Boileau , dans son Art poétique , afrondé le burlesque , dont il avoir pu voirle régné , qu’il attribue à la nouveauté.

" II semble , dit a cette occaflon un„ auteur qui a écrit depuis peu fur la«poésie, que la premiere aurore du bon», goût ne dût luire qu’à travers les nuages« ténébreux que le mauvais goût s’efíòrçoit« de lui opposer. En effet, rien étoit-il}> plus contraire au bon sens & à la nature,» qu’un style qui choquait directement l’un» & l’autre , & dont les termes bas, lesw expressions triviales , les imaginations» ridicules, formoient les prétendues gra-t) ces, fans parler du mépris que ses par-« tisans faisoient des bienséances ? Un a« peine à comprendre comment une nation« qui les connoît & qui les observe si,, exactement aujourd’hui , les négligeoit« & se faisait en quelque sorte honneurr> de les violer , il n’y a pas cent ans.« Quoique l’Académie Françoise eût été» établie par le cardinal de Richelieu ,« pour ramener & fixer le bon goût,

quelques membres de cette compagnie ,« tels que Voiture, Benserade, &c. étoient« encore partisans du burlesque.

" B est cependant croyable , ajoute-t-il,k & il faut le dire pour ['honneur de notred nation, que c<s genre si justement mé-7) prisé doit son origine â une erreur par,) laquelle cew.t qui ont donné dans le bur-,, lesque , ont été entraînés insensiblement» & comme par degrés, ne distinguant33 pas aííé/ le naïf du plat & du bouffon ,» comme 1 insinue M. Despreaux. En,, conséquence on a d’abord employé le» burlesque à décrire des aventures ordi-33 naires , comme ayant plus d’aisance &,, plus de simplicité que le style noble affecté33 aux grands sujets. On Ta donc confondu33 avec le style naïf qui embellit les. plus»> simples bagatelles. La facilité apparente33 de celui-ci a séduit ceux qui s’y font

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» attachés les premiers : mais elle a33 bientôt dégénéré en négligence ; celle-33 ci a entraîné la bastbsse, & la baflbíse33 a produit la licence. Cette conjecture33 est fondé : i°. sor ce que la plus grande33 partie des vers burlesques de ce temps-33 là consiste en récits : 2. 0 . fur ce que des33 auteurs contemporains, tels que Balzac »33 ont confondu ces deux genres , néan-33 moins si différons. Abusés par la facilité33 d’un style bas, ils fe sont persuadés faus-73 sement qu’ils avoient trouvé Fart d’écrire73 avec cette molle aisance , avec ce badi-73 nage délicat dans lequel Marot a ex-33 cellé. 33 Voye\ MarotIQUE. Princip *pour la le cl. aes Po'ët. tom. I.

Tout le monde fait que 8 carton a misPEneïde envers burlesques , fous îe titrede Virgile travejìi 3 & d’Aííbuci les Mé-tamorphoses en même style , fous celuid ’Ovide en belle humeur &: que cesouvrages sont aujourd’hui aussi décriésqu’ils étoient autrefois goûtés. (~GJ

Les réflexions suivantes sor le burlesquesont de M. Marmontel.

Ceux qui fe font élevés sérieusementcontre le burlesque , ont perdu leur peineà prouver ce que tout le monde savoir. Lesécrivains même, qui se sont égayés dansce genre , ne doutaient pas qu’il fût con-traire au bon sens & au bon goût. Maisne seroit-on pas ridicule de représenter àun homme qui se déguise grotesquementpour aller au bal, que cet habit n est pasà la mode ? Assurément fauteur du Romancomique , lavoir bien ce qu’il faisoît en.travestiffànt YEne'ide ; mais il y a de bens.& de mauvais bouffons ; & fous ['enve-loppe du burlesque , il peut fe cacher sou-vent beaucoup de philosophie à d’esprit.Le but moral de ce genre d’écrits , estde faire voir que tous les objets ont deuxfaces ; de déconcerter la vanité humaine ,en présentant les plus grandes choses &les plus sérieusos , d’un côté ridicule &bas , & en prouvant à l’opinion qu’elletient souvent à des formes. De. ce constratedu grand au petit, continuellement oppose»l’un â l’autre , naît, pour les âmes sus-ceptibles de l’imprcffion du ridicule ,mouvement de surprise & de joie si vii rsi soudain , si rapide , qu’il arrive souvens