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Tome cinquième.
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ces me parolísent à remarquer ,• l’un &l’autre ont leur entrée au sud , vers lecent quatre-vingtieme degré ; ils se trou-vent entre les côtes orientales d’Asie oude Tartarie & celles du nord-ouest del'Amérique ; ils s’étendent jusqu’au cer-cle polaire , après quoi les terres tour-nent du côté de l'Amérique septentrio-nale , au nord-est , & du côté de laTartarie, &c. au nord-ouest. Enfin nosanciens marquoient dans leur détroitd’Anian , auprès du soixante ou soixante-unieme dégré de latitude , dn côté del’Amériquè, une grande riviere nom-mée grande Corrientes , qui répond à lariviere de Bernarda. Tout cela ne peut-ilpas faire conjecturer qu’ils ont eu réelle-ment la connoissance du détroit en ques-tion , & l idée d’une suite de côtes queleurs successeurs ont trop rabaissée, &qu’ils ont trop remplie de diverses cho-ses à l’aventure ?

Les cartes les plus anciennes que j’aievues , & qui font toutes latines, mar-quent cependant ce détroit en Italien ,Stretto di Aniati ; ce qui me fait soup-çonner que le premier qui en a fait men-tion est quelque mathématicien d’Italie ,on après les découvertes des deux Indesqu’on a fait à ce sujet des cartes , encoreaujourd’hui curieuses, &c. BenedettoScotto , Génois, dit, dans son discoursde 1719 , &c. ce qui fuit :

" Cette partie occidentale du Canada ,qu il met dans une de ses cartes près ducent quatre-vingtième dégré , selon notrefaconde compter, fut reconnue par lesPortuguais en l’année 1^20 , se hau-teur de soixante degrés, pour être habi-tée de gens raisonnables & humains, &remplie de quantité d’animaux & de bonspâturages. Us n’abandonnerent cetteterre qu’à cause de la trop grande navi-gation qui contient quatre mille cinqcens quatre-vingt-dix lieues , en y ve-nant par la mer des Indes , &c. Je croisdevoir ajouter que dans quelques-unesdes plus anciennes cartes , on represen-

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te les terres de l’Amérique septentrio-nale , comme une continuité de celles dunord-est de l’Asie, & elles y sont join-tes par un isthme assez large,, qui estau nord du Japon ».

L auteur des Considérations géographi-ques ( a ), parle encore ailleurs d’unemaniéré conforme fur la Californie.

» U est étonnant , dit-il , qu’on aitencore si peu de connoistance de ce pays ,quoique Fernand Cortés , conquérantdu Mexique, y ait fait, lui-même, unvoyage en 1535 , & que depuis les Espa-gnols y en aient fait plusieurs autres quin’ont abouti qu’à en reconnoître lescôtes , auxquelles ils ont donné desnoms avec beaucoup de diversité : ilsj :i gerent ce pays, dès 15S4, être très-bon & fort habité : ils se sont unique-ment occupés à traverser la mer du sudpour leur commerce des Indes. Cepen-dant il paroît que quelques vaisseaux, aumoins dans les commencemens , ontpoussé au nord , & ont reconnu la fuitedes côtes du nord-ouest de l’Amériquejufqu’au détroit : c’est de quoi je vaisdonner un nouvelle preuve.

Laet, ùc. fait une remarque , &c. en1633. On appelle , dit-il , communé-ment, Galifornìe , tout ce qu’il y a deterre au-devant de la nouvelle Espagne& Galice vers l’ouest , qui est , certes ,de fort grande étendue, & attouche lesdernieres fins de l’Amérique septentrio-nale & le détroit d’Anian. Ce sont desrégions fort amples & connues légère-ment en leur plus petite partie , & seu-lement auprès du rivage : Wytfliet disoit lamême chose en 1598. Les Espagnolsassuroient dans leur relation de 168 3 , queselon telles anciennes relations elle estlongue de dix-fept cents lieues ( h ). Lamême remarque se trouve positivementfur plusieurs cartes dressées depuis l’an1620. Le savant P. Riccioli , en r 661 ,citoit d’autres relations qui n’ayant appa-remment pas igard à la sinuosité descôtes , &c. failoient la Californie longue

(a) Ibid , p. 64 , 6 5 à 7 U

Çb) Espagnoles à dix-fept lieues & demie au dégré ; ainsi passé 1940 grandes lieues de Franc?.

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