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Tome cinquième.
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ait gagne pcu-à-peu ? Nous voyons depareils changements, arrivés en grandnombre fur notre globe , ainsi celui-cine doit point paroitre incroyable , nimême fort surprenant.

Une annonce datée de Pétersbourg le2.1 mars 1765 , vient encore à i’appui decette conjecture : « On a découvert que» la mer qui sépare le Ivamt-fchatka de» l’Amérique, est remplie de petites îles77 & de bas-fonds , & que la pointe de77 cette presqu’île n’est éloignée de la7 ì côte de l’Àmérique que de deux de-77 grés & demi ».

Une autre relation confirme tout ceci.Le chevalier de G. savant curieux , quis’est informé de plusieurs particularités àPétersbourg, m’a rapporté que tous ceuxqui ont été vers ces eûtes, ont assuréqu’eiles font presque inarbordables ; qu’ily a quantité de rochers, de bas-fonds,pays noyés , &c. Tout ceci concourt ad-mirablement pour fortifier mes conjec-tures : il n’y a que des recherches pos-térieures & exactes qui nous en puissentdonner une entiere certitude.

Nous avons deux éditions originalesdu voyage de Drake , Pline qui provientde lui-même, & l’autre imprimée àParis, chez Goííèlin , en 161 3 , donnéepar F. de Louvencourt, sieur de Vau-chelles, dédiée au seigneur de Courto-msr , parce que c’est d'un de fes vassaux,qui avoit été de ce voyage qu’i! la tenoit.

Les deux relations ne diffèrent quedans des articles de petite importance;le point du départ n’eit pas indiqué. LesAngiois a voient pille la petite vihe Gua-tierca, dans le continent que je ne trouvepas, non plus que l’i'e us Canon , ou nsfont arrivés peu de jours âpres | voulanten partir, ils virent un vaisseau auquelils donnerent la chasse , le prirent, & ytrouvèrent un gouverneur Espagnol quialloit aux iles Philippines ; c’est lur tou-tes ces circonstances qu’on peut aííèoirfes conjectures. .

Les voilà éloignés de quelques jours deJa terre ferme , à une île hors du voisi-nage des Espagnols , puisque Draxe y fitradouber son vaisseau : cette rencontredu gouverneur des îles Philippines doit

G A L

faire conjecturer qu’elle fe sit déja assezavant dans la mer. Je ne trouve rien deressemblant au nom & à la situation decette île , que suivant les cartes ancien-nes ( nous donnons , carte iy dans leSupplément des planches , un extrait decelle de Vifcher) les Cazones , qu’unFrançois a bien pu changer en Canon.Ces îles font placées vers le cap d’En-gano , au deux cent cinquante-deuxiemedegré de longitqde & vingt-neuf de la-titude.

Drake voulant alors entreprendre sonvoyage dn retour , aflembla la flotte pourdélibérer fur la route, savoir, si on laferoit par le détroit dé Magellan , oupar la vaste mer du Sud ; & en ce cas ,si ce feroit vers les Moluques & le capde Bonne-Eípérance , 011 bien le longdu royaume de la Chine & de la Tar-tarie par le détroit d’Anian , pour venirdescendre en Angleterre par la mer Gla-ciale , doublant le promontoire Tahin& les côtés de la Norvege. Faisant ré-flexion que par les deux premieres rou-tes , soit le long des côtes de l’Améri-que , de la domination Espagnole & parle détroit de Magellan , soit depuis lecap de Bonne-Espérance, en cottoyantl’Elpagne , ils risquoient de perdre tropleurs trésors ; la relation Françoise ditde Drake : « il a donc conclu qu'il fai-77 loit plutôt prendre la route du Japon77 & du royaume de la Chine, &c. i! a77 résolu que nous retournerions par la fuf-77 dite mer du Nord. Cette opinion étant77 suivie le 16 d’avril 1 ^79 , nous avons77 mis à la voile, & avons cinglé & sil-77 lonná fur l’échine de cette mer jufqu’à77 six cents lieues de longitude. »

Le 5 juin ils furent à quarante-deuxdegrés du côté du pôle arctique, & trou-vèrent l’air si froid, qu’ils font revenusau trente-huitieme degré de la ligne , oùils trouvèrent un pays que Drake nommanouvelle Albion ; Drake n’oíà pas suivreson premier deflein de palier par lenord ; après avoir suffisamment séjourneen ce pays, est-il dit, fans indiquer com-bien de temps , ils prirent la route versla ligne , & furent de retour après deuxans & onze mois.