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malade. La conservation s’étant échauf-fée, ils délibérèrent de créer un régi-ment uniquement composé de person-nes distinguées par l’extravagance de leursdiscours ou de.leurs actions. Ils le nom-mèrent le régiment de la Calotte , en fa-veur de la Calotte de plomb, & d’unconsentement unanime : le sieur Aymonen fut austi-tót élu général. Cette bur-lesque saillie fut poussée si loin , que l’onfit faire des étendarts & frapper desmédailles fur cette institution. II se trou-va des beaux esprits qui mirent en versles brevets que le régiment distribuoità tous ceux qui avoient fait quelquesottise éclatante.
L’étendart de ce régiment représen-toir Limage de la folie assise sur sontrône surmonté des armoiries de lacalotte', aux quatre angles de l’étendarton voyoit quatre queues ou fanons par-semés de papillons de toutes couleurs,avec un sautoir formé dans le premierquartier d’une marotte &. d’un éventailpour le sexe ; dans le second , d’une ma-rotte & d’une épçe , symbole du régi-ment * dans le troisième , d’une marotte& d’une palme pour les écrivains dignesd’être enrôlés ; & dans le dernier, d’uncmarotte & cl’une harpe , emblème despoètes qui ont mérité le même honneur.La trabe ou ic bâton étoit surmonté d’uncroissant.
Les armoiries étoient un emblème par-lant du caractère & de l’empioi de ce cé-lébré régiment. L’écuíîon d’or an chefde fable chargé d’une lune d’argent &de deux croissants opposés de mêmemétal. L’écnííbn chargé en pal du scep-tre de Momus, semé de papillons fansnombre , de différentes couleurs , estcouronne d’nn e calotte Z oreillons, dont1 un est retroussé , & l’ autre aba issé. Lefronton de la calotte est orné de sonnet-tes & de grelots .indifféremment attachés;
elle a pour cimier nn rat passant sur-monté d’une girouette pout en marquerla solidité ; les armes ont pour supportdeux singes, ce qui dénote l’innocence& la simplicité: l’un est habillé en mili-taire, & l'autre en robe & en collet ,tenant un mémoire à la main. Au-deííùs
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du support font deux cornes d’abondanceen lambrequins, d’où sortent des brouil-lards fur lesquels font assignées les pen-sions du régiment ; au haut de ces armesvoltige un oriflamme avec cette devise :Favet -Momus , luna influit.
Cet étendart, ainsi que les armoiries,sont de l’invention du sieur Aymon ,général ; elles sent représentées avec leportrait de fauteur dans le poème calo-tin du conseil de Momus.
On fit frapper un sceau & plusieursmédailles, où, d’un côté, Momus étoitastis iur un nuage, avec la légende : C’ejlrégner que de J avoir rire ; & de l’autre ,les armoiries. On voulut que chaquefrère, de quelque qualité qu’il fût, por-tât le médaillon attaché à la boutonnière,même les cordons bleus , car Poudre deMomus n’est incompatible avec aucunautre. On devoit fur-ton t porter le mé-daillon dans les temps de frairie , aux-quels la compagnie s’assembloit.
Plusieurs personnes de distinction serangerent sous les étendarts du régiment,& chacun se fa i soi t une occupation sé-rieuse de relever, par des traits de rail-lerie , les défauts des gens les plus con-sidérables, & les fautes qui leur échap-poier.t. Cet établissement ayant fait dubruit, on voulut d’abord le lapper parles fondements, mais il para "tous lescoups qu’on lui porta, malgré le créditde ceux qui s’intéresloient à fa destruc-tion, & les assauts redoublés de ses en-nemis ne servirent qu’à le rendre plusHérissant. Le régiment grossit en peude temps, & la cour & Ja ville lui four-nirent un n ombre considérable de drgnessujets. *
Louis XIV ayant ete informe de lacréation de cette plaisante milice , de-manda un jour au lreur Aymon s’il neferoit jamais défiler son régiment devantlui : Sire , répondit le général des calo-tins, il ne se trouveroit personne pour kvoir pajser. C’est apparemment cette,anecdote qui a donné lieu au poème duConseil de Momus , & de la Revue du.régiment , imprimé à Ratopolis en 1730.
Le colonel Aymon rempíiílòit parfai-tement les engagements de fa charge ,