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le plus grand foin ; il suffit d’offrìr les ré-sultats principaux.
i°. La longueur du cours du canal ferade 68,45 5 cannes plus fortes que la toise ;c’est-à-dire, près de 23 lieues de Provence.
2°. La pente ou l’inclinaifon du terreindans cet espace est de 617 pieds 4 pouces& demi, ou de près de 103 toises.
3°. La dépense totale se monte à 4,800,000livres; savoir : 2,900,000 liv. pour la valeurdes différens ouvrages parmi lesquels, outretous les creusemens , murs, chaussées ,digues, tic. on compte quatre-vingt-septépanchoirs pour la surverfe des eaux super-flues du canal, soixante-cinq ponts pourrétablir autant de chemins coupés par lecanal , dont un entr’autres pour le passagedes eaux fur la riviere d’Arc , estimé320,000 livres; en deux cents quatre-vingtsaqueducs à une & plusieurs arcades, tic.800,00c liv. pour l’achat du terrein paroù le canal passera , & autres frais ; enfinun million pour les cas imprévus, tic.
4 0 . Le nombre de toutes les différentesefpeces d’ouvriers nécessaires pour la cons-truction , savoir, maçons & tailleurs depierres , manœuvres pour le creusage ,roqueteurs , pionniers , &c. tic. fera de2,557,125 journées pour l’exécution dudevis ; lel'dites journées évaluées séparé-ment , suivant l’espece d’ouvriers , lesmaçons a 35 sols par jour (aujourd’hui onpaieroit au moins 45 sols ), les pionniersâ 20 sols par jour, & les manœuvres à 12fols.
5 0 . Enfin le tems nécessaire pour l’a-chevement du canal est aisé à déduire duprécédent article. Si les entrepreneurs em-ploient deux mille ouvriers par jour, ilsour faudra quatre ans & trois mois , encomptant trois cents jours utiles par an-née ; cinq ans , s’ils n’ont que 1705 ou-vriers ; f lx ^ en employant 1420 ou-vriers, 6c sept ans à 1218 ouvriers ; maisil n’est pas possible , à cause des froids ,des pluies , &C. de compter trois centsjours utiles dans l’ an : ainsi l’on ne risquerien de supposer huit ans, à 1200 ouvriersemployés journellement.
Malgré le zele du sieur Fsoquet, entre-preneur , & tous les avantages que présen-toir son plan , maigre même les secours
C A N
que'Jes actionnaires avoient fournis, lesdépenses considérables qui surent employéesfans fruit pour les premiers travaux , depuisCanteperdrix jusqu’à une lieue environ,ne laissèrent entrevoir que les difficultésde l’entreprise, & ne servirent qu’à aug-menter la défiance du public , & sur-toutdu François, qui ne se livre pas volon-tiers aux objets de longue haleine. Pourranimer la confiance des uns, & soutenirle zele des autres, l’on imagina d’mtéresterM. le maréchal duc de Richelieu , & leprojet du canal fut repris avec plus devigueur que jamais en 1751. te 18 avrilde l’année suivante , les principaux inté-ressés au canal s’assemblerent à l’hôtel deM. le duc de Richelieu , acquéreur demille actions ou portions d’intérêts cédéespar le sieur Floquet, pour statuer défini-tivement, & pour suivre avec efficacitél’exécution du canal , conformément àl’arrét du conseil du 7 septembre 1751 »confirmatif de tous les anciens privilègesaccordés à la maison d’Oppede, qui per-met au sieur maréchal & autres intéressésde faire construire un canal en Provence ,sous le nom de Richelieu , aux charges &conditions y énoncées. On y statua quele canal d’Aix íeroit appellé canal deRichelieu , du nom de son nouveau pro-tecteur ; que chaque action Teroit rappelléepar une somme de 160 liv. On arrêta lesdettes pastives, les frais de régie , les bu-reaux de la compagnie, la nomination dessyndics, les réserves du sieur Floquet, dontune entr’autres porte que dans le cas où leprojet ne pourroit avoir lieu , les action-naires ne pourront pas répéter le prix deleurs actions ( chacune fut fixée à un 9600 ede l’intérét total ), ni aucune autre indem-nité , parce que c’est une loterie avanta-geuse , où l’espoir d’un gros gain compensele risque d’unefoible mise : il fut convenu,d’un autre côté, cue le sieur Floquet nepourroit exiger une plus forte somme deses Gestionnaires , si ce n’est de ceux qui,préférant à la précédente condition cellede ne rien hasarder pour acquérir le droitdissociation , font convenus de ne payerqu’à mesure qu’on travaillera au canali &que dans le cas où les susdits intéressés nevoudroient pas payer les frais de régie, de