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petite quantité d’huile limpide, rougeâtre,inflammable, brûlante, extrêmement odo-riférante , & douée au suprême degré desqualités essentielles de la canelle. II faut lagarder dans une phíole étroite & bienbouchée. II en est de même de la liqueurlaiteuse, si recherchée par son agréableodeur, son goût vif & piquant. Cette li-queur étant gardée, dépose un peu d’huile,&c devient insensiblement plus claire &moins aromatique.
Si l’on conserve l’huile de canelle pendantplusieurs années dans desphioles herméti-quement bouchées , on prétend que la plusgrande partie fe transformera en un sel quia les vertus de la canelle , & qui se dissoutdans l’eau. Le docteur Slare assure dans lesTransactions philosoph. que dans l’espa^ede vingt ans la moitié d’une certaine quan-tité d’huile de canelle se changea en sel.
La canelle est donc remplie d’un sel es-sentiel, soit acide , soit urineux, qui ap-proche dusel ammoniac, uni avec une huileessentielle aromatique, d’où son action pa-roi t dépendre principalement. Toutes lesexpériences nous manquent fur ce sel.
D u camphre que donne la racine ducanellier. Voici d’autres phénomènes. Parla distillation on retire de 1 écorce de la ra-cine du canellier , une huile & un sel vo-latil , ou plutôt du camphre. L’huile estplus légere que l’eau , limpide, jaunâtre ,subtile, & se dissipe aisément dans l ait;d’une odeur forte, vigoureuse, agréable ,qui tient le milieu entre le camphre & lacanelle , d’un goût fort vif. Sans employermarne la distillation , l’écorce de la racinedu canellier rend de rems en rems du cam-phre en gouttes oléagineuses , qui í’e coagu-lent en tòrme de grains blancs.
Le camphre de la canelle est três-blanc ;il surpaste de beaucoup par la douceurde son odeur le camphre ordinaire. II esttrès-volatd, & fe dissipe fort aisément; ils’enflamme promptement, & il ne laissepoint de marc après la déflagration.
. L simle Pon tire de l’écorce de la ra-cine du canellier , est employée extérieu-rement aux ndes dans les douleurs auxjointures , produites par le froid , dans lesrhumatismes qc dans les puralyiies. OnI y donne intérieurement, broyée avec duTome VL
CAN iz?
sucre"; pour exciter les lueurs, les urines,fortifier l’estomac, chasser les vents, dis-siper les catarrhes. On y regarde le cam-phre du canellier comme le meilleur doncon puisse faire usage en médecine ; on leramaííè avec soin , & il est destiné pour lesrois du pays, qui le prennent comme uncordial d’une efficacité peu commune. Lablancheur de ce sel, son odeur douce , favolatilisé , sa rareté, aílúreroient sa fortunequelque part que ce fût. L’eau camphréequi vient avec l’huile dans la distillation,est extrêmement recommandée à Ceylandans les fluxions, les fievres malignes, &extérieurement pour dissiper les tumeursaqueuses & œdémateuses.
De l’usage de Vhuile des feuilles ducanellier. L’huile des feuilles distillées vaau fond de l’eau ; elle est d’abord trou-ble ; elle devient jaunâtre & transparen-te avec le tems , d’un goût douçâtre ,acre , aromatique, sentant un peu la ca-nelle , & approchant un peu de l’odeucdu clou de girofle.
Cette huile passe pour un correctif desviolens purgatifs : on la donne mêléeavec quelque poudre appropriée, dans lesmaux d’estomac, les coliques venteuses &causées par le froid ; bouillie avec de l’huilecommune, elle est recommandée dans lescompositions des linimens, des cataplasmesnervins ou résolutifs : on prescrit même àCeylan les seules feuilles du canellier clansles bains aromatiques & les onguens deíïï-
De C usage desfleurs du canellier. On ob-tient des fleurs par !a distillation , une eauodoriférante, agréable, bonne contre lesvapeurs, propre à rétablir le cours des es-prits , a les ranimer, a adoucir la mauvaisehaleine , à donner du parfum & de l’agré-ment à différentes íortes de mets. On pré-pare encore avec ces fleurs une conservetrès-bonne pour les personnes d’un tempé-rament Ieucophlcgmatique.
De l’usage des fruits & de la cire. Lesfruits donnent deux fortes de substances ;on en tire par la distillation une huile es-sentielle semblable à simile de genievre,qui íèroit mêlée avec un peu de candie &de clou de girofle ; & par l'a décoction onen tire une certaine graille épaisse, d’une