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des domaines vastes & fertiles , I’ile &la ville de Bornholm, & même une cita-delle des mieux fortifiées : encore quelquesviolences, & í’églife auroit postède toutle Danemarck.
Enfin , les ordres du pape forcerent lesdeux concurrensà réunir leurs forces con-tre les Vandales. On íentqu’une armée di-visée par deux intérêts, conduite par deuxchefs ennemis l’un de í’autre, devoir êtretaillée en pieces; elle le fut, & ne rapportade la Vandalie que la honte de ses défaites,& une nouvelle fureur pour la guerre ci-vile. Elle est bientôt rallumée : on préludeaux batailles par des assassinats. Canut en-voie un hérault aux habitans de Rofchild ;ceux-ci feí’aiíistènt de fa personne, & Sué-non le fait égorger. Krantzius ne dit pointsi Téglife tira encore quelque fruit de cecrime, mais Canut songea à le venger. IIinvestit Rofchild : ce fut moins cependantun siégé qu’une surprise ; il entra dans laplace, non pas triomphant, mais terrible& altéré de sang. II n’en sortit que pourmarcher à la rencontre de Sucnon. La ba-taille fe donna vers Tan 1154 ; la victoirevola long-tems d’un parti à r autre ; enfinles troupes de Suénon plièrent ; déjà unepartie avoit abandonné le champ de bataille,lorsque les plus. braves s’étant raslèmblés ,firent un dernier effort, enfoncèrent lesrangs de l'armée ennemie, & Canut futentraîné dans la déroute des siens.
Le parti du vainqueur devint plus puis-sant encore par l’arrivée du jeune Valde-mar, qui, sentant ses forces croître aveclbn courage, résolut de combattre pourSué-non , en attendant le moment de combattrepour lui-même. Tous deux entreront dansje Jutland , asyle du malheureux Canut;il vint à pied au-devant de fes ennemis,suivi d’une armée foible. Pour mettre sessoldats dans la nécessité de vaincre ou demourir, il fit mettre pied à terre à fa ca-valerie , & renvoya tous les chevaux ; maisil monta fur le sien. Ses soldats, voyantqu’il ne partageoit pas leurs périls, firentfeu de résistance.^ Leur roi s’enfuit à toutebride, tandis qu exténués de fatigue, ilsfaifoient à pied une retraite lente & dan-gereuse sous les murs de \Vi bourg. Canutpressé par la frayeur ou par la honte, ou
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par l’une & I’autre à la fois, erra long-tems en Suede, en Saxe, en Russie, men-diant par-tout avec bassesse des secoursqu’on lui refusoit avec dureté. Enfin l’ar-chevêque de Hambourg, qui cherchoit ápunir le refus que Suénon avoit fait de re-connoître la jurifdiction de son église, ten-dit au prince opprimé une main généreusepar vengeance , souleva le Jutland en sa fa-veur , & lui donna une armée avec laquelleil assiégea Suénon dans Wibourg. Celui-ci,plus surpris qu’effrayé d’une irruption íi su-bite, fit une sortie imprévue, entra dansle camp de Canut, jeta par-tout le dé-sordre & beffroi ; Valdemar, de son côté,fit des prodiges de bravoure ; on n’accordaaucun quartier aux vaincus ; & la hainede Suénon n’eût pas épargné Canut , s’il fûttombé entre fes mains. 11 alla porter lèsmalheurs à la cour de l’emperetir, qui lereçut avec une compassion politique. 11 yavoit long-tems que les Césars jetoient furle Danemarck des regards ambitieux. Ca-nut, plus jaloux d’arracher un trône à l'onrival que de le posséder lui-même , dccomptant pour rien la honte d’être esclaved’un empereur, pourvu qu’il eut d’autresesclaves fous lui, offrit à Frédéric I, de íbreconnoître vassal de l’empire, s’il pouvoitle faire rentrer dans les états. Le monarquesourit à cette proposition j & ne voulantpoint abandonner au hasard des combatsie succès qu’il se prometteur, peu scrupu-leux d’ailleurs fur le choix des moyens »pourvu qu’il réussît, il proposa à Suénonune entrevue avec Canut , prit le titre domédiateur, & parut agir avec le désintéres-sement le plus généreux. Suénon & Valde-mar, pleins de cette confiance qu’inspirentdê grands succès & un grand courage, serendirent à Magdebourg fans escorte. AlorsFrédéric leur dit qu’il ne les avoit appellésque pour recevoir d’eux J’hommage quilui étoit dû par les vastàux de l’empire;que Canut plus docile s’étoit acquitté dece devoir, & qu’il falloir le remplir, ouperdre tout espoir de retour en Dane-marck. Les princes cédèrent à la nécessité,& firent un ferment, contre lequel ils ré-clamèrent dès qu’ils furent libres. Le jeuneValdemar, moins ambitieux que Suénon,l’engagea à céder à Canut quelques terresD d ij