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Tome sixième.
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goo _ CARen général tristes , rêveurs & paresieux ,mais d’une bonne constitution , vivantcommunément un íìecle. Ils vont nus ,leur teint est olivâtre. Ils n’emmaillottentpoint leurs enfans, qui dès l’âge de quatremois marchent à quatre pattes, & en pren-nent l’habitude au point de courir de cettefaçon , quand ils font plus âgés , aussi vitequ’un Européen avec ses deux jambes. Ilsont plusieurs femmes, qui ne font pointjalouses les unes des autres j ce que Mon-tagne regarde comme un miracle dans sonchapitre fur ce peuple. Elles accouchentfans peine , & dès le lendemain vaquent àleurs occupations ; le mari garde le lit, &fait diete pour elles pendant plusieurs jours.Ils mangent leurs prisonniers rôtis , & enenvoient des morceaux à leurs amis. Ilscroient un premier homme nommé Lon-

f 'ao , qui descendit du ciel tout fait ; &es premiers habitans de la terre , suivanteux , sortirent de son énorme nombril aumoyen d’une incision. Ils adorent des dieux& des diables, & croient immortalitéde l’ame. Quand un d’entr’eux meurt, ontue son negre , pour qn’il aille le servirdans l’autre monde. Ils font fort adroits àtirer de l’arc ; leurs fléchés font faites d’unbois empoisonné, taillées de façon qu’onne peut les retirer du corps fans déchirerJa plaie ; & elles font arrosées d’un venintrès-dangereux, fait arec le suc du man-cenilier. Voye\ SAUVAGES.

CARAÏTES, f. m. pi. ( Hifl. ecclés. )secte três-ancienne parmi les Juifs, si l’onen croit quelques auteurs, & qui subsisteencore parmi les Juifs modernes en Polo-gne, en Russie, à Constantinople, au Caire,6c dans plusieurs autres endroits du Levant.Ce qui les distingue des autres Juifs , quanta la religion , c’est leur attachement scru-puleux a la ettre del’Ecricure , exclusive-ment aux allégories, traditions, interpré-tations humaines , &c.

Léon de Modene , rabbin de Venise ,observe que de toutes les hérésies quicroient chez les Juifs avant la destructiondu temple, il n’est resté que celle deCaraim , nom dérivé de Miera , qui si-gnisie k pur texte de l’Ecriture ; parceque les curistes veulent qu’on s’en tienneau Pentateuque | qu’on le garde a la

CAR

lettre, fans égard pour les gloses & les in-terprétations des rabbins.

Aben Ezra & quelques autres , pourrendre les carottes odieux , les qualifientde sadducéens y mais Léon de Modene fecontente de les appeller sadducéens miti-gés , parce qu’ils admettent immortalitéde Pâme, la résurrection , les récompen-ses & les peines de la vie future, que reje-toient les anciens sadducéens , dont ildoute même que les caraïtes soient des-cendus. Voye\ Sadducéens.

M. Simon suppose avec plus de vraisem-blance , que cette secte ne s’est formée quede supposition qu’ont apportée aux rêve-ries des thalmudistes les Juifs les plus sen-sés , qui s’en tenant au texte de l’Ecriturepour réfuter les traditions mal fondées deces nouveaux docteurs , en reçurent lenom de caraïïmy qui signifie en latinbarbare, scripturarii } c’est-à-dire gensattachés au texte de l’Ecriture ; & qu’ony ajouta le nom odieux de sadducéens ,parce qu’à imitation de ceux-ci ils reje-taient les traditions des docteurs.

Scaliger, Vossius & M. Spanheim, parune erreur qui n’est pas pardonnable àdes fa vans du premier ordre, ont mis lescaraïtes an même rang que les fabéens,les mages, les manichéens, & même lesmufuln\ans. Wolfgang , l’abricius, &c.disent que les sadducéens ôt les elìéniensfurent appelles caraïtes , par oppositionaux pharisiens , qui , comme l’on fait,étoient grands traditionnaires. D’autrescroient que ce font les docteurs de la loi,le gis periti , dont il est si souvent parlédans l’Ecriture ; mais toutes ces conjectu-res font peu solides. Jofephe ni Philonncfont aucune mention des caraïtes ; cettesecte est donc plus récente que ces deuxauteurs , on la croit même postérieure àla collection de la seconde partie du Thaï-mud , connue fous le nom de Cemara :peut-être même ne commenca-t-elle qu’a-près la compilation de la Mi feinta , vers lecinquième ou sixième siécle ; d’autres enreculent 1 origine jufqu’au huitième siecle.

Les carottes de leur côté , intéressés áfe donner le mérite de l’antiquité , fontremonter la leur juqu’au rems où les dixtribus furent emmenées captives par £>'al-

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