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Tome sixième.
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3°8 C A R

après Alciat, le dérive du grec usepjj-ísnv,qui étoit une espece de petit poids. Savotle dérive, ce qui revient au méme, decaratfion , qui signifioit un denier de tri-but, ou une espece de monnoie qu'on bat-toir à cette fin. Cet auteur dit que, commela division du fin de l’argent a été faitepar une espece de monnoie qu’on appel-loit denier , aussi le titre de sor a été mar-qué par une monnoie d’or qu’on appel-loit en ce tems-là carat. D’autres le déri-vent simplement du latin caracíer : maisbeaucoup de personnes aiment mieux sui-vre l’opinion de Kennet, qui le dérive decareâa, terme qui signifioit anciennement,selon cet auteur, un certain poids , 6c quia été employé depuis pour exprimer lafineíïè de l’or, ou la pesanteur des dia-mans.

Le carat d’or est la vingt - quatrièmepartie d’une quantité d’or , quelle qu’ellesoit : ainsi un scrupule qui doit peser vingt-quatre grains, est un carat à l’égard d’uneonce d’or ; car une once contient vingt-quatre scrupules.

Si une once d’or n’a aucun alliage, c’estde l’or à vingt-quatre carats y si l’alliageest d’un carat , c’est de l’or á vingt-troiscarats ; s’il est de deux carats , c’est del’or à vingt-deux carats , & ainsi du reste :mais on assure qu’il ne peut se trouverd’or à vingt-quatre carats , parce qu’il n’yen a point qui ne contienne quelque por-tion d’argent ou de cuivre , si bien puri-fié qu’il soit. Voye\ CaRATURE.

L’or rouge est le moins estimable, parcequ’il contient quelque portion de cuivrequi lui donne cette couleur ; le jaune estle meilleuç.

Le carat de perle, de diamant, 6c desautres pierres précieuses, n’eít que dequaae grains. C ay mie de Lémery, onziè-me édition de Paris , page 91.

Suivant ce que l’on a vu ci-dessus, lesmennoyeurs ont fixé à vingt-quatre caratste plus haut titre ou la plus grande perfec-tion de l’or. II y a des demis, des quarts,des huitièmes, des seizièmes, 6c des trente-deuxiemes de carat. Ces degrés servent àmarquer l’alliage : par les loix de France ,il est défendu aux orfèvres de travaillerl’or au-defsotis de vingt-trois carats.

CAR

Le carat de fin est donc un vingt-quatrieme degré de bonté ou de perfectiond’une piece de pur or.

Le carat de prix est la vingt-quatriemepartie de la valeur d’une once ou d’un marcd’or. On dit aulfi quelquefois un carat depoids, qui est la vingt-quatrieme partiedu poids de fonce ou du marc. Voye\Grain , Poids , ùc .

On a déjà vu que le carat est aulfi unpoids dont on se sert pour peser les dia-mans, les perles 6c les pierres précieuses.,6c qu’en ce cas il ne se divise qu’en quatregrains. Voye^ Diamant & Grain.C’est ce qui fait conjecturer à quelquesruns que ce mot doit dériver du grec wp»-riev, qui signifie un fruit que les Latinsappellent filiqua , 6c les François carougeou caroube. Chaque grain de ce légumepeut peser quatre grains de froment oud’orge ; c’est pourquoi le mot latin filiquaa toujours été usité pour lignifier un poidsde quatre grains. ( E )

CARATCHOLIS, (les) Géog. peu-ple d’Asie, dans la Colchidc , au nord dumont Caucase; on les nommoit aussi Ka-rakirks ou Circajfiens noirs y à cause dutems noir & toujours couvert qu’il faitdans leur pays.

CARÀTURE,. fi f. ( Chymie & Me-tall. ) C’est ainsi qu’on appelle le mélangedes parties d’or avec des parties ou d’ar-gent seul, ou d’argent 6 c de cuivre , Itlonune certaine proportion. Ce mélange estdestiné à faire les aiguilles d’essai pour for.Selon que l’on veut avoir un plus grandnombre d’aiguilles, & mettre une plusgrande précision dans Pestai de for par lapierre de touche, on divise le marc d’oren un plus grand nombre de parties éga-les : supposons-le , par exemple, divisé envingt-quatre parties ; l’or pur fera repré-senté par vingt - quatre ; l’or le plus puraprès le premier, par vingt-trois partiesd’or, & par une partie d’argent ; l’or leplus pur après le précédent, fera repré-senté par vingt-deux parties d’or, 6c pardeux parties d’argent ; ainsi de fuite. Cettedivision du marc en vingt-quatre partiesest purement arbitraire, 6c l’on auroit pula faire ou plus petite ou plus grande. S’iln’entre dans le mélange destiné à faire le»