3io , CARen journées de caravanes de chevaux ,& de caravanes de chameaux ; celles dechevaux en valent deux de chameaux. IIpart plusieurs caravanes d’Alep , du Caire,& d’autres lieux , tous les ans , pour alleren Perse , à la Mecque , au Thibet. II ya auísi des caravanes de mer établies pourle même sujet ; telle est la caravane devaistèaux qui va de Constantinople j usqu’àAlexandrie.
On appelle austî caravanes les cam-pagnes de mer , que les chevaliers deMalte font obligés de faire contre les T ures& les corsaires , afin de parvenir auxcommanderies & aux dignités de l’ordre :on les nomme de la forte , parce queles chevaliers ont souvent enlevé la ca-ravane qui va tous les ans de Constanti-nople à Alexandrie. ( G )CARAVANSERAI , f. m. ( Hifi.mod. ) grand bâtiment public, destiné àloger les caravanes. Voye\ CARAVANE.
Ce mot vient de l’arabe cairawan , oudu persan karwan , qui signifie caravane ,& de serrai , hôtel ou grande maison ,c’est-à-dire , hôtellerie des voyageurs.
Ces caravanserais, ou , comme Chardinles appelle, caravansérails , font en grandnombre dans l’Orient, où ils ont été bâtispar la magnificence des princes des diffé-rens pays.
Ceux de Schiras & de Casbin en Persepassent pour avoir coûté plus de soixantemille écus à bâtir ; ils sont ouverts àtous venans , de quelque nation &c re-ligion qu’ils soient , fans que l’on s’in-forme ni de leur pays , ni de leurs affaires& chacun y est reçu gtatis.
Les caravanserais sont ordinairementun vaste & grand bâtiment quarté, dansje milieu duquel se trouve une cour très-lpacieuse ; sous les arcades qui l’environ-Iient, régné une espece de banquette éle-vée de quelques pieds au-deíîus du rez-de-chausiêe , où les marchands & voya-geurs se logent comme ils peuvent eux& leurs équipages ; les bêtes de sommeétant attachées au pied de la banquette.Au-deffus des portes qui donnent en-trée dans la cour , il y a quelquefois depetites chamsires que les concierges descaravanserais savent louer fort cher à
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ceux qui veulent être en particulier.'
Quoique les caravanserais tiennent enquelque forte lieu en Orient des auberges,il y a cependant une différence très-grandeentr’eux & les auberges ; c’est que dansles caravanserais , on ne trouve abso-lument rien ni pour les hommes ni pourles animaux , & qu’il y faut tout porter.Ils sont ordinairement bâtis dans des lieuxarides, stériles & déserts , où l’on ne peutfaire venir de seau que de loin & à grandsfrais , n’y ayant point de caravanseraifans fa fontaine. II y en a auísi plusieursdans les villes, eù ils fervent non-seulementd’auberge, mais encore de boutique, demagasin , & même de place de change.
11 n’y a guere de grandes villes dansl’Orient, sor-tout de celles qui sont dansles états du grand-soigneur , du roi dePerse , & du Mogol, qui n’aient de cessortes de bâtimens. Les caravanserais deConstantinople , d’Ispahan , & d’Agra,capitales des trois empires, sont sor-toutremarquables par leur magnificence &leur commodité.
En Turquie , il n’est permis qu’à lamere & aux soeurs du grand-seigneur,ou aux visirs & bachas qui se sont trouvéstrois fois en bataille contre les chrétiens,de fonder des caravanserais. ( G )CARAVANSERASKIER , f. maso.{Hijì. mod. ) directeur ou intendant, chefd’un caravanserai. V. Caravanserai.
Dans chaque caravanserai qui se ren-contre sur les routes & dans les déserts,il y a un caravanseraskier ; dans ceux quisont situés dans les villes, & destinésà serrer ou â étaler les marchandises ,comme dans celui d’Ispahan , il y a auísiun officier ou garde-magasin qu’on ap-pelle caravanseraskier. II répond des mar-chandises déposées dans le caravanserai ,moyennant un certain droit ou rétribu-tion qu’on lui paie. ( G )
CARAVELLE , s. f. (Marine.) e’estun petit bâtiment portugais à pouppe quar-rée , rond de bordage , & court de va-rangue ; il porte jusqu’à quatre voiles la-tines ou à oreilles de lievre, outre les bour-sots & les bonnetes en étui. Ces voileslatines sont faites en triangle ; cette sortede bâtiment n’a point de hune , & 1®