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principes que Mengs a découverts dans lescarnations de ce grand peintre ! II ne Pei-gnoir qu’en demi-teintes les chairs qui enavoient beaucoup, & il évitoit les demi-teintes, en exprimant les parties qui avoientplus de couleurs entieres. Autant qu’il pou-voit le faire fans s’écarter de la vérité , ilemployoit l’incarnat, & chaque autrecouleur décidée, presque sans aucune autreteinte.
II ne suffit donc pas de poíleder parfai-tement l’art du coloris : les carnationsexigent encore une étude très-Iongue &très-exaóle de la nature, accompagnéed’une infinité d’essais. L’art de la peinturea produit dans toutes ses autres parties unbon nombre de grands maîtres ; mais dansles carnations , après avoir nommé leTitien & Wandyck, il n’en reste que bienpeu à citer.
Les couleurs des chairs font, de toutesles couleurs, celles qu’on peut le moinsdéterminer, & en même tems ce font celles•qui ont la fraîcheur & les grâces les plusdélicates; elles exigent par conséquent unpinceau libre & léger. Le moyen sur de lesmanquer , e’èst de chercher à y réussir àforce de mêler les couleurs , de les fondre& de tourmenter le pinceau. Tout peintrequi tâtonne en fait de carnatims ? les ren-dra mal. A force d’obscrver la nature &de la méditer avec sagacité, il faut fe fairedes réglés fixes, les suivre avec assurance ,& les rectifier fur de nouvelles observa-tions , aussi long-tems que le succès n’yaura pas parfaitement répondu. C’est, jecrois, la lèule voie d’atteindre dans cettepartie de l’art, à la perfection,
Lairesso a donné des régi es fur hcarna-*i°n , de même que fur diverses autresbranches de l’art du peintre. Ces régléspeuvent aider à l’étude d’un génie déjâa reu ssi s : mais toute réglé que Tar-tine n aura pas découverte par lui-même,ou du moins dont il ne connoîtra pas la soli-dité par ses propres méditations , ne peutlui être d’aucun secours dans ce genre-ci,( Çet article est [ire de la The'orie géné-rale des beaux-arts de M. Sulzer.)
Dans tous les climats, la beauté des car-nations consiste à annoncer la santé la plusparfaite : c’est fur ce préjugé que l’on dit
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dans la Nigritie que la couleur la plus noiredes Mores est !a plus belle, La carnationde couleur de cuivre ou de bronze, estpréférée chez les Abyssins ; celle qui estd’un blanc incarnat a le premier rang chezles Géorgiens & chez les Circassiens ; enFrance on préféré le blanc de lait ; dansquelques pays du nord , le blanc delaorr-nation , pour être beau, doit être presquefranc & de couleur de blanc d’albâtre.
II est convenu parmi les nations, que lecoloris du teint des hommes doit être, danschaque pays , d'une demi-teinte plus foncéque celui des belles femmes. On présumeavec raison que les hommes qui sc fardentpour paroître avoir le coloris du teint desfemmes de leur pays , du même âge & dumême état qu’eux, font ordinairement oud’une santéfoible , ou méprisables , lâches tefféminés , homunciones 0 semdviri.Des deux observations précédentes, ostpeut conclure que dans chaque pays, lepréjugé fur la beauté des carnations doitexiger un ton de coloris différent danschaque état. Une princesse doit avoir leschairs plus blanches , plus délicates, plustransparentes qu’une bourgeoise. La filledu paysan doit avoir les chairs encore plusfermes & le teint plus foncé, &c,
L'éclat de la beauté des carnations faitoublier les petites irrégularités des traits,& l’on donne dans tous les pays la préfé-rence & le premier rang aux peintres quiont excellé dans cette partie du coloris,quoique leur dessein & Içur compositionaient été médiocres,
Daniel Webb, dans ses Recherches furla beauté de la peinture Ù fur le mérite despeintres, in-iz , à Paris, chez Bnasson ,1765, observe que l’on critique les peintresde Técoleromaine, pareequ’ils ont négligéles carnations de leurs figures, On dit»par exemple, que le coloris des figurespeintes par Raphaël d’Urbin » dans se*tableaux à Thuilo , est gris & mat, fie quecelui de ses fresques est beaucoup mi el,x »que 1 e Correge a peint les chairs crp Pdures fit fermes, la peau trop tendue fietrop seche ; que le Titien a donné mi comtraire aux carnations un ton souple »moelleux , velouté , humide » que la peaude ses figures nobles paroit fine fie un peu