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Tome sixième.
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lieu à son développement en grosseur, &cela est réciproque : un embonpoint exces-sif & trop prompt, nuit au pouvoir deprocréer.

II est naturel d’attribuer à une impuis-sance originaire, ou bien a une dispositionprochaine à y tendre, la grosseur, lagraisse, la succulence, qui distinguent lescarptaux. On peut considérer cet étatcomme une castration naturelle, qui oc-casionne les mêmes aceidens que la cas-tration artificielle produit sur ces hommesqu’en Italie on destine à chanter, & furplusieurs animaux destinés à notre nourri-ture. Cette opération perpétue en quel-que forte dans eux P enfance & les carac-tères qui l’accompagnent : l’abfence de labarbe & Iefaustèt dans les uns ; dans tous,l’embonpoint & la délicatesse de la chair.Barbare invention, dit sauteur de ces re-cherches , que les sauvages ont ignorée,ée que la nature outragée semble prévenirdans le carpeau , pour satisfaire notre sen-sualité !

C analogie , ajoute-t-il, conduit à pen-ser que sintérêt, excité par cette mêmesensualité, pourra trouver le moyen detaire un carpeau , comme on fait un cha-pon. Cette découverte confirmeroit cequ’avance M. Sloanedans une lettre inféréedans les Mémoires de Vacadémie des scien-ces, année 174.x , page 33. On y lit qu’unmarchand de poisson avoit imaginé en An-gleterre , de châtrer de petites carpes pourles engraisser, & les rendre plus délicates.

cet efiet , dit M. Sloane, il entr ouvroit

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est naturellement disn .f 0 !*, que la

ration : 1 exemple des c« r/w herma & phr0 _dues poite a le croire; & p on observeque, lorlque le poislon qu'on apportede la Brefle a Lyon , a souffert dans letransport, il arrive â de grosles carpes ,maies ou femelles, de perdre entièrementeurs laites ou eurs œufs. Les marchandsles nomment alors carpeaux à tête alon-gee; mais ils font d’une qualité médiocred’un prix inférieur, & l’on ne doit pas lesregarder comme de vrais carpeaux • ils

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n’en ont pas extérieurement les vrais ca-ractères , leur chair n’a point cette déli-catesse du premier âge , qu'on t détruit ladéperdition de la semence & toutes lesfonctions génératives.

Pour devenir vrai carpeau , il faut quela carpe éprouve, dans la premierc jeu-nesse , les accidens qui altèrent en elleles parties de la génération. Cette altéra-tion , se continuant pendant l’accroisle-ment du sujet, donne lieu au rétrécisse-ment de l’abdomen ; influant même surles parties osseuses, elle occasionne le rac-courcissement proportionnel de la tête,comme on fait que la castration artificielleinflue particulièrement fur l’habitude ex-térieure du corps, dans les hommes & dansles animaux (jui ont été soumis en basâge à cette opération.

II est difficile d’assigner précisément lescirconstances d’où dépend la castration na-turelle qui constitue le carpeau. La naturede seau & la nourriture succulente qu’ellefournit, y contribuent fans doute. Maispourquoi ne trouve-t-on point des car-peaux dans le Rhin & dans la Seine , oùla carpe se plaît & s'engraisse facilement ?Pourquoi cette propriété paroît-elle réser-vée aux eaux qui avoisinent la ville de Lyon,& sur-tout à celles de la Saône ? Car c’est àtort qu’on appelle par excellence le car-peau de Lyon, carpeau du. Rhône. II y ena dans ce tìeuve, mais moins que dans laSaône ; & les premiers font inférieurs’ enmérite, parce qtie les eaux vives & rapi-des du Rhône font moins propres à en-graisser les carpes , que Peau lente & sa-vonneuse de la Saône.

Cette rivière en reçoit beaucoup, avecles eaux des étangs de la Bresse, qui s’écou-lent dans son lit. Le carpeau est assez com-mun dans ces étangs, mais il n’acquiert unebonne qualité que dans les eaux de la Saône,lorícju on l'y a fait dégorger, 011 plutôt en-core lorsqu’il y a vécu librement. Cepen-dant les meilleurs carpeaux les plus gros,les plus fucculens, se pêchent dans la Seille,petite riviere qui a son embouchure dansla Saône, entre Maçon & Tournu ; c’eildans ces eaux limonneuses qne le carpeaude la Saône, qui y remonte, acquiert laplus excellence qu alité.