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promis, par l’activité & l’industrie dont jlusa pour le leur communiquer. II en écri-vit peu de tems après à Defcartes, & illui promit les objections de divers théo-logiens & philosophes. Defcartes en pa-rut d’autant plus surpris , qu’il s’étoit per-suadé qu’il salloit plus de tems pour re-marquer exactement tout ce qui étoit dansson traité, & tout ce qui y manquoit d’es-íentiel. Le P. Mersenne, pour lui fairevoir qu’il n’y avoit ni précipitation ni né-gligence dans l’examen qu’il en faisoit fai-re , lui manda qu’on avoit déjà remarquéque dans un traité qu’on croyois fait ex-près pour prouver l’immortalité de l’ame,il n’avoit pas dit un mot de cette im-mortalité. Defcartes lui répondit sur-le-champ qu’on ne devoir pas s’en étonner ;qu’il ne pouvoit pas démontrer que Dieune puiíle anéantir l’ame de l'homme, maisseulement qu’elle est d’une nature entiè-rement distincte de celle du corps , & parconséquent qu’elle n’est point sujette àmourir avec lui ; que c’étoit là tout cequ’il croyoit être requis pour établir lareligion, & que c’étoit aussi tout ce qu’ils étoit proposé de prouver. Pour détrom-per ceux qui penfoient autrement, il fitchanger le titre du second chapitre, oude la seconde méditation , qui portoit demente Humana en général ; au lieu de quoiU fit mettre, de natura mentis Humana: ,quod ipfa fit notior quant corpus , asmqu’on ne crût pas qu’il eût voulu y dé-montrer son immortalité.
Huit jours après, Defcartes envoya3u P. Mersenne un abrégé des principauxpoints qui touchoient Dieu & l’ame, pourlervir d’argument à tout l’ouvrage. II hiîpcrmit.de ,e faire imprimer par forme desommaire à l a tète du traité , afin queceux qui aimoient à trouver en un mêmelieu tout ce qu’ils cherchoient, pussentvoir en raccourci tout ce que contenoit1 ouvrage, qu’il crut devoir partager en sixméditations.
Dans la premiere, il propose les raisonspour lesquelles nous pouvons douter géné-ralement de toutes choses, &'particulière-ment des choies matérielles, jusqu’à ceque nous ayons etabh de meilleurs fònde-Hiens dans les sciences, que ceux que nous
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avons eus jusqu’à présent. Il fait voir q uefutilité de ce doute général consiste ànous délivrer de routes fortes de préjugés,à détacher notre esprit des sens, & à faireque nous ne puissions plus douter des cho*ses que nous reconnoitrons être très-véri-tables.
Dans la seconde, il fait voir que !'es-prit usant de sa propre liberté pour sup-poser que les choses de l’existence desquel-les il a le moindre doute, n’existent pasen ester, recoanoît qu’il est impossible quecependant il n’existe paslui-même: ce quisert à lili faire distinguer los choses qui luiappartiennent d’avec celles qui appartien-nent au corps. II semble que c’étoit le liende prouver l’immortalité de famé. Maisil manda au P. Mersenne qu’il s’étoit con-tenté dans la seconde méditation de faireconcevoir Yamesans le corps , fans entre-prendre encore de prouver qu’elle est réel-lement difiincle du corps ; parce qu’il n’a-voit pas encore mis dans ce lieu-!à les pré-misses , dont on peut tirer cette conclu-sion , que l’on ne trouveroit que dans lafixieme méditation. C’est ainsi que ce phi-losophe tâchant de ne rien avancer danstout son traité, dont il ne crût avoir desdémonstrations exactes, se croyoit obligéde suivre Tordre des géomètres, qui estde produire premièrement tous les prin-cipes d’où dépend la proposition que l’oncherche, avant que de rien conclure. Lapremiere & la principale chose qui est re-quise selon lui pour bien connoîtrc l’ini-mortalité deTame, est d’en avoir une idéeou conception rrcs-claire & très-nette,qui soit parfaitement distincte de toutesles conceptions qu’on peut avoir du corps.II faut savoir outre cela, que tout ce quenous concevons clairement & distincte-ment est vrai de la même maniéré que nousle concevons ; c’est ce qu’il a été obligé deremettre à la quatrième méditation. IIfaut de plus avoir une conception distinctede la nature corporelle; c’est ce qui fetrouve en partie dans la seconde > & enpartie dans la cinquième. Sc fixieme médi-tations. On doit conclure de tout cela,que les choses que Ton conçoit clairement& distinctement comme des substancesdiverses, telles que font f esprit & le corps,G gg ij