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pour tirer sur mer ; car outre que les hallesqui y font arrachées, en s’écarrant, bles-sent bien des gens fur le grand pont, lenoyau fait encore bien du fracas où iltouche.
On peut aussi remplir les cartouches defer-blanc & de toutes fortes d’efpeces de fer-raille. Si l’on manque de matières dans lesoccasions pour faire des gar gouges & car-” touches , on pourra charger le canon àl’ordinaire, & y mettre par-defsus le four-rage de la ferraille, des balles de plomb ,ou de petits boulets, même jusqu’à de pe-tits cailloux ronds : de cette façon les pie-ces en souffriront davantage ; mais dansf occasion le génie doit suppléer au défautde ce qui manque. Mem. de tarulL. deSaint-Remy. ( Q )
CARTOUCHE : on appelle ainsi toutessortes de boîtes de carton, cubiques, sphé-riques , cylindriques ou mixtes , dans les-quelles on renferme les matières com bustibles des artifices, pour en déterminer& varier les effets ; les cylindriques fontles plus ordinaires. Ce mot est masculinchez les artificiers, &c féminin pour lescharges des armes à feu: on dit dans l'exer-cice , de'chire\ la cartouche avec les dents.
On peut faire les cartouches de diffé-rentes matières, comme de bois, de toile ,de parchemin, de carton , & de papier.Ceux de bois ne font plus en usage, àcause des inconvéniens qu’on y a trouvés :premièrement, tous les bois n’y font paspropres ; il faut en choisir de lians , dedoux, & de légers , comme le tilleul, lesaule, & autres semblables : secondement,il faut des ouvriers accoutumés à les creu-ser & tourner proprement, & d’une figureftrès-uniforme ; ce qu’on ne trouve pointpar-tout : troisièmement, ils font sujets àse fendre pendant qu’on les charge, ou àcrever lorsque l’artifice s’enflamme , deforte qu ils lancent des éclats qui peuventblestèr les spectateurs. Les cartouches detoile ne font propres qu’à renfermer lesartifices destinés pour l’eau ; parce qu’ona foin de les goudronner pour empêcherqu’elle ne pénétré au travers. Le parche-min seroit assez bon pour faire les cartou-ches mais clest une matière trop chere,difficile à manier , & qui se tourmente
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aisément : il vaut donc mieux se servir decarton ou de bon papier.
On trouve à Paris du carton pour lesfusées, qu’on appelle carte de moulage ,dont les épaisseurs font désignées par lenombre des feuilles du gros papier collédont il est composé , comme un, deux,trois , quatre , cinq, six , sept, huit ; onachete de gros papier gris , qui est très-commun ; on encolle deux ou trois feuil-les ensemble, plus ou moins, suivant la force& l’épaissèur qu’on veut donner au car-ton , eu égard à l’cmploi qu’on en veutfaire. Pour les petits cartouches , celuide deux feuilles suffit ; pour les plus gros ,on en met trois, & même quatre , cinq,& six.
Pour les coller, on prépare de la pâtede farine liquide, qu’on fait un peu cuire,ayant foin de la bien délayer , à laquelle onpeut ajouter , si l’on veut, de la colle-fòrte. On l’étend avec une brosse fur la pre-miers feuille de papier, pour y en appli-quer une seconde ou une troisième quiforme la feuille de carton ; on arrangeensuite toutes les feuilles de carton qu’onvient de laite , en une pile , comme cellesd’un livre , fur laquelle on met un boutde planche unie , qu’on charge d’un poidscapable de les prestèr & applanir, asin queles feuilles ne laisiènt aucun vuide entreelles, & que la colle prenne égalementpar-tout.
Après avoir ainsi laissé les feuilles decarton en presse pendant quelques heures ,on les disperse dans un lieu couvert, pourles faire sécher doucement ; & supposéqu’elles viennent à fe tourmenter, on lesremet encore fous la presse. De cette ma-niéré on a du carton uni, & d’une épaistèurconvenable à la grandeur des cartouchesqu’on veut faire.
Les cartouches les plus usitées sont defigure cylindrique, parce qu’après la sphéri-que , il n’y en a point de plus simple, nIde plus propre à contenir les matières : ellea méme cet avantage fur la sphérique, qu’onpeut les y fouler autant qu’on veut , &fl'une égale compression ; ce qui est néces-saire à la formation de la plupart des ar-tifi ces.
Pour former ces sortes de cartouches t
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