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Tome sixième.
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dagè. Une épidémie ayant désolé tout lepays, ils çonfulterent les augures fur. lesmoyens de détourner ce fléau ; & fur leurréponse, ils jetèrent dans le lac de Tou-louse, í’or & l’argent qu’ils avoient amassédans leurs guerres facrileges. Cepion , con-sul romain, dans son expédition contreles Cimbres, épuisa les eaux de ce lac pouren retirer ce riche trésor.

Les Celtes y comme leurs defcendans,exerçoient leurs brigandages, moins paravarice , que par les mouvemens d’unesprit inquiet, & qui ne trouve des char-mes que dans les lieux où il n’est pas. Cemême peuple qui s’armoitpour dépouillerles temples, voyoit avec mépris toutesles richesses d'opinion. Ceux qui s’étoientétablis fur les bords du Danube, & quiétoient connus fous le nom de S cor dis-ques, ne connoillbient point l'usage del’or ; religieux observateurs de l’hofpita-lité , I’étranger trouvoit dans leurs habi-tations une vie sûre & commode, L ilspunillòient avec la derniere sévérité ceuxqui ofoient insulter aux voyageurs désar-més. Ce goût du brigandage & cet amourde Thofpitalité font deux contradictionsqu’on remarque encore aujourd’hui cheztous les peuples vagabonds qui vivent duproduit de leurs incursions. La passion defonder de nouveaux établiflèmens , étoitfi dominante chez les anciens Celtes ,qu’on les voit de fiecle en ficelé , préférerà leurs campagnes fécondes, des contréesarides & hérissées cle rochers. Dans lemême fiecle où Brennus ofîroit à la Grecele scandale & l’horreur de ses facrileges,Bélgius fit une irruption dans la Macé-doine , & après avoir défait Ptolomée,qui en étoit le roi, il revint fur ses pas,ne retirant d’autre fruit de, ses fatigues& de tant de sang versé, que l’honneurstérile de la victoire. Dans le même tems,Cerétrius, lieutenant de Brennus, à latête de vingt mille brigands, inonda la

hrace, prit Byfance , & mit à contribu-tion toute la Proponride.

Nicomede fe servit avec succès de cesaventuriers pour affermir son trône. CePf ince, pour les récompenser de leurs ser-^iees, leur fit une celîion de plusieursProvinces, qu’ils possédèrent comme sou-

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veraíns. Ce nouveau royaume prit le nomde Galatie. Tous les peuples de l’Afie,jufqu’au Mont-Taurus, en furent sujetsou tributaires. Ces Gaulois occupés à laguerre, n’en éroient pas moins ardens àfe reproduire. Juítin nous apprend qu’ilsmultiplièrent à un point qu’il fembloitqu’ils duílènt couvrir toute la terre. Onles vit envoyer des colonies dans. le Pont& dans la Cappadoce ; & quand ils ne dé-voient songer qu’à réparer leurs pertes, ilsn’écoutoient que l’ambition des conquêtes.

Tous les anciens écrivains placent desCeltes , non-soulemcnt dans la Mceonie ,dans la Phrygie , la Cappadoce & la Paph-lagonie , ils affilient encore qu’ils envoyè-rent des colonies jusques dans la Scythie ,& que ces nouveaux hahitans furent dési-gnés par le nom dc Celco-Scythes. C’eslde cette passion de se transplanter, natu-relle à tous les Celtes , qu’on a confonduavec eux tant de peuples de la terre. 11 estdifficile de fixer leur transmigration enEspagne & en Angleterre. II y eut desCeltes en Espagne dès la plus haute anti-quité. Ils furent appelles Celtiberes , de leurnom propre & de leur position , relati-vement à leur ancienne patrie. le motJbere appartenoit aux Celtes , qui déíi-gnoient par ce nom tous les peuples quidenieuroient derrière une rivicre ou unemontagne. Ce nom qui convenoit egaie-ment à tous les peuples au-delà des Pyré-nées , devint particulier à une tribu deCeltes établie dans l’E'pagneTarragonoife.Ptolomée place encore ces peuples dans laLusitanie, entre ie Bera & l’Ana. Leursprincipales tribus furent les Vérones , lesCarpérans, les Ilergetes qui habitoient lelong des côtes, où l’on voyoit la ville deGallica-Flavia ; quelques écrivains présu-ment que cette émigration fe fit du temsdes Tarquins: ruais comme ce fut dans cemême fiecle que Bellovefe & Sigovefosortirent des Gaules avec de nombreusescolonies, il est difficile de croire que leshabirans fe trouvant moins à l’étroit, aientsongé à chercher des établissemens chezl’étranger. Au reste, l’épidémie des opi-nions infecte cette nation depuis son ori-gine ; & Pexemple sot toujours la réglé desos moeurs.