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Tome sixième.
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ange ; que Jésus étoit né de Joseph & deMarie, comme les autres hommes , maisque comme il les surpassoit tous en vertu& en sagesse, le Christ, c’est-à-dire unevertu particulière , envoyé par le Dieusouverain, étoit descendu en lui après sonbaptême en figure de colombe ; qu’il luiavoir manifesté le Pere inconnu jusques là,& fait opérer des miracles. A la fin , selonlui, le Christ s’étoit envolé, & s’étoit re-tiré de Jésus-Christ dans le temsde fa pas-sion ; ensorte qu’il n’y avoit que Jésus quiavoit souffert & qui étoit ressuscité : maisle Christ étant spirituel , étoit demeuréimmortel & impassible. Cerinthe publioitune prétendue révélation contenant desimages monstrueuses , qu’il disoit lui avoirété montrées par des anges ; & assuroitqu’aprèsla résurrection générale, il y auroitun régné de Jésus-Christ sur la terre pen-dant mille ans, & qu’alors dans Jérusalemles hommes jouiroient pendant ce tems detous les plaisirs de la chair. On crois queCerinthe bornoit la béatitude à ce régnéterrestre. Ses disciples soutenoient toutesces visions; quelques-uns d’entr’eux nioient• la résurrection , & plusieurs avançoientque Jésus-Christ n’étoit pas encore ressus-cité. Ils rejetoient tout le nouveau-Tes-tament , à l’exception de Pévangile de S.Matthieu , où l’hiítoire de la circoncisionde Jésus-Christ leur paroifíbit une preuvedémonstrative de la nécessité de cette cé-rémonie dans le christianisme. Quelquesanciens ont attribué à Cerinthe l’Apoca-lypse de S. Jean, & fous ce prétexte sontrejetée comme un livre apocryphe , trom-pés par la ressemblance du titre que Ce-rinthe avoir donné à un de ses ouvrages.Voy. Apocalypse ù Apocryphe. (G)

CERINUM, cerinum vefiimentum ,etoit un habit couleur de cire , c’est-à-dire d’un jaune pâle , comme s’exprimemadame D acier fur l ’Epidicus de Plante.

CERIS AYE , f. f. ( Jard. ) est un lieuplanté en cerisiers. Voye^ Cerisier.

CERISE, s. f- fruit du cerisier. Voye\Cerisier. Ce fruit est très-bon : on lemange crud quand il est mur ; ou on lecueille un peu avant fa maturité , & on lemet en compote. Pour faire la compote ,ou en coupe la queue par la moitié ; on fait

CER

bouillir du sucre dans une poêle : on prendune demi-Iívre de sucre pour une livre defruit. Quand le sucre bout, on y jette lescerises ; on remue, on écume ; on poussel’ébullition jusqu’à ce que le sucre soit ensirop : après quoi on lai fie refroidir , & lacompote est prête.

La confiture de cerise n’a rien de par-ticulier : voye\celle d’ÁBRICOT. On tireà l’alambic une eau-de-vie de cerise qui esttrès-violente.

§ CERISIER , ( Botanique . ) en latincerasis ; en anglois cherry -tree ; en alle-mand kirshenbaum.

M. Linmeus frappé de la ressemblancedes parties sexuelles, & méme de celle desfruits, à la grosseur près, dans les abrico-tiers , les pruniers, les cerifiers & les lau-riers-cerise, a réuni tous ces genres & leursnombreuses efpeces fous celui de cerisier :plusieurs raisons nous empêchent d’adop-ter cette incorporation. Quelque redeva-bles que nous soyons au naturaliste Suédoisd’avoir montré cet air de famille qui fetrouve entre plusieurs collections qu’on aautrefois séparées ; en profitant des nou-velles lumières qu’il a jetées fur le tableaude la nature , nous conserverons pourtant,pour éviter la confusion & l’obfcurité ,toutes les divisions & subdivisions déjà éta-blies. Ce parti paroît inévitable, fur-toutsi l’on considéré qu’outre les efpeces desgenres mentionnés ci-dessus, il se trouveencore un nombre infini de variétés quenous nous proposons de rapporter danscet ouvrage , dont futilité est le but prin-cipal. Ces différences, fi peu considéra-bles aux yeux du botaniste, acquièrent unhaut degré d’importance pour la plus gran-de partie des hommes , qui cherchent plu-tôt dans la nature à se saisir des jouissan-ces qu’à suivre ce fil délié qui tient tousles êtres dans une dépendance nouvelle.Tel homme ne daignera pas jeter ses re-gards fur le cerisier à fruit amer ou maha-Ieb, qui fera ravi à la vue d’un griottierde Portugal chargé de ses beaux fruits,quoiqu’il ne différé que très-peu des autrescerisiers par la fleur , la feuille & le port.Quelque grossière que paroisse cette façonde penser qui lait regarder le monde com-me une hôtellerie plutôt que comme une