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Tome sixième.
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seigneur de Montagu & de Chagm , ac-corda des privilèges a ce lieu en 12- 4 -,

Philippe de Maisiere, docteur en théo-logie , né à Chagni en 1630 , a donne plu-sieurs ouvrages au public, dont on volt laliste dans la Bibliothèque des auteurs deBourgogne , tome 11 , page 8. 11 mouruten 1709, conseiller-clerc au preíidial deChâlons-su r-Saone.

CHAGRA, ( Géog. mod. ) riviere del’Ame'rique méridionale, qui la séparéd’avec la septentrionale, & cjui tombe dansla mer prés de Porto-bello.

* CHAGRIN , f. m. ( Morale. ) c’estun mouvement désagréable de l’ame , oc-casionné par l’attention qu’elle donne àl’absence d’un bien dont elle auroit pujouir pendant plus Iong-tcms, ou à la pré-sence d’un mal dont elle désiré l’absence.Si la perte du bien que vous regrettezétoit indépendante de vous , disoient lesstoïciens, le chagrin que vous en ressentezest une opposition extravagante au coursgénéral des événemens : si vous pouviezla, prévenir , & que vous ne 1 ayez pasfait, votre chagrin n’en est pas plus rai-sonnable , puisque toute la douleur pofliblene réparera rien. E11 un mot, le bien quivous manque, le mal qui vous est présent,sont-ils dans l’ordre physique ; cet ordreest antérieur à vous ; il est au-dessus devous ; il est indépendant de vous ; il ferapostérieur à vous : laissez - le donc allerfans vous en embarrastèr. Sont - ils dansl’ordre moral ; le passé n’érant plus, & leprésent étant la seule chose qui soit envotre puissance, pourquoi vous affliger furun tems où vous n’êtes plus , au lieu devous rendre meilleur pour le tems où vousétés, & pour celui où vous pourrez être?U n’y a aucune philosophie , difoit Epic-tete , à accuser les autres d’un mal qu’ona fait ; c’est en être au premier pas de laphilosophie , quedcs’en accuser soi-même ;c’est avoir fait le dernier pas que de nes’en accu r er ni soi-méme ni les autres. IIfaut convenir que cette insensibilité estastèz conforme au bonheur d’une vie telleque nous sommes condamnés à la mener ,où la íbmme des biens ne compense pasà beaucoup prés celle des maux : mais dé-pend-elle beaucoup de nous ? & est-il

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permis au moraliste de supposer le caurde riiommc tel qu’il n’est pas? Ne nousarrive-t-il pas à tout moment de n’avoirrien à répondre à tous les argumens quenous opposons à nos peines même d’espritou de cœur , & de n’en souffrir ni plusni moins ? Si c’est la perte d’un bien qu’onregrette ,

Une fi douce fantaisieToujours revient

En songeant qu’iLfaut qu’on l’oublie ,On s’en souvient. M. Moncrifi

S’il s’agit d’émousser la pointe d’un mal,c’est en vain que j’appelle à mon secours,dit Chaulieu,

Raison , philosophie ;Je n’en conçois , hélas , aucun soulage-ment !

A leurs belles leçons, insensé qui se fie ;Elles ne peuvent rien contre le sentiment.

Raison me dit que vainementJe m’afflige d’un mal qui n’a point deremede :

Mais je verse des pleurs dans ce mimemoment ,

Et sens qu à ma douleur il vaut mieuxque je cede.

* Chagrin , f. m. ( Manus & comm. )efpece de cuir grainé ou couvert de papillesrondes, ferré, solide, qu’on tire de Cons-tantinople, de Tau ris, d’Alger, de Tri-poli , de quelques endroits de la Syrie , &même de quelques cantons de la Pologne,& que les gaîniers particulièrement em-ploient à couvrir les ouvrages les plus pré-cieux.

11 n’y a point d’animal appelle chagrin ,comme quelques-uns Pont cru : les cuirs quiportent ce nom se font avec les peaux de lacroupe des chevaux & des mulets. On lestanne & passe bien ; on les rend le plusminces qu’il est possible ; on les expose à1 air ; on les ctend fortement; puis on ré-pand deílus de la graine de moutarde laplus sine ; on les laiste encore exposées a1 air pendant quelque tems, on finit par lestenir ferrées fortement dans une preste :quand la graine prend bien, les peaux fontbelles ; sinon il reste des endroits unis,qu’on appelle miroirs : ces miroirs font ungrand défaut. Voilà tout ce que nous savons