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nation, les particuliers riches de la premiereachèteront les papiers publics de la seconde,qui paye les intérêts de 1 argent plus cher :le produit de ces effets, qui doit lui êtrepaye tous les ans, forme une seconde esipece de dette :. elle peut être regardéecomme le produit d’un commerce, puis-que les fonds publics d'un état fe négo-cient, & que ce placement ne peut êtreregardé que comme une spéculation : dansce cas, & dans plusieurs autres, f argentest marchandise ; ainsi ces deux dettes ap-partiennent à ce que son appelle propre-ment la balance du commerce , & ellesoccasionneront une rareté ou une abon-dance des créances d"un pays fur un autre.Voye [ Commerce.
Lorsque deux nations veulent faire labalance de leur commerce, c'est-à-dire ,payer leurs dettes réciproques, elles ontrecours à Xéchange des débiteurs : mais siles dettes réciproques ne font pas égales,Xéchange des débiteurs ne payera qu’unepartie de ces dettes ; le surplus, qui estce qu’on appelle la balance du. commerce ,devra être payé en especes.
L’objet du change est d’épargner le transiport des métaux, parce qu’il est coûteux&c rifquable : par-conséquent chaque par-ticulier, avant de s’y déterminer, cher-chera des créances fur le pays où il doit.
Ces créances seront cheres à mesurequ’elles seront plus difficiles à acquérir :par-conséquent, pour en avoir la préfé-rence , on Les payera au-deífus de leur va-leur; si elles font communes, on les payera-au-dessous»
Supposons que les marchands de Parisdoivent aux fabriquans de Rouen vingtmille livres, & que ceux-ci doivent dixmille livres à des banquiers de Paris : poursolder ces dettes., il faudra faire Xéchangedes dix mille livres, de créances récipro-ques , Sc voiturer dix mille Uvres de Parisà Rouen.
Supposons encore les frais & les risquesde ce transport à cinq Uvres par mille Uvres.
Chaque marchand de Paris tâchera de,'épargner cette dépense ; il cherchera àacheter une créance de mille Uvres furRouen : mais comme ces. créances font ra-res êí recherchées » il donnera volontiers
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1004 liv. pour en avoir la préférence, Scil s'épargnera une livre de frais par 1000 liv. ;ainsi la rareté des lettres de change furRouen baissera le prix de ce change au-delsous de ion pair de quatre livres par1000 liv.
Il est bon d’obíerver que la hausse ou 1 abaisse du prix du change s'enrend toujoursdu pays fur lequel on voudroit tirer unelettre de change : le change est bas quandce- pays paye moins de valeur réelle enacquittant une lettre de change , qu’elle n'ena coûté à l’acquéreur : le change est haut,quand ce pays paye plus de valeur réelle enacquittant une lettre de change , qu'elle n’ena coûté à l’acquéreur.
Le pair du prix du change entre Paris& Londres, étant à 29» den. í sterling pourun écu de ; liv. de France ; si le changede Londres baistè à 29 den., Londres payeranotre écu au-delsious de fa valeur intrin-sèque; si ce change hauste à 30 den., Lon-dres payera notre écu au-dessus de fa valeurréelle.
Pour reprendre l’exemple propose ci-dessus, on vient de voir qu’à Paris la ra-reté des créances fur Rouen sait payer auxacquéreurs des lettres de change 1004 liv.»pour recevoir 1000 liv. à Rouen.
Le contraire arrivera dans cette derniere rParis lui devant beaucoup, les créances furParis y seront abondantes 2 les fabriquansde Rouen, qui doivent à Paris, donnerontordre au banquier de tirer fur eux, parce-qu’ils savent qu’avec 1000 liv. sur Rouen,,ils acquitteront 1004 liv. à Paris; ou ii onleur propose des créances fur Paris, ils lesacheteront fous le même bénéfice que lescréances fur Rouen font à Paris ; ce quìhausiera ce change au profit de Rouen dequatre liv. par 1000 liv. : ainsi d’une lettrede change de 1000 liv., ils ne donneront,que 995 liv. Lorsque les dettes réciproques,feront acquittées, il faudra que Paris fastevoiturer à Rouen l’excédant en especes»Mais en attendant, il est clair que dans lepayement des dettes réciproques, Roueaaura acquitté 1000 liv. de dettes avec 9961.,& que Paris n’a pu acquitter 1000 livresqu’avec 1004 liv.
Si le change subsiste long-tems fur ce-pié entre ces deux villes, il fera évident