Band 
Tome septième.
Seite
493
JPEG-Download
 

4§2> C H A ^

vermoulure interrompe bientôt. On s*ensert pour faire des essieux , & quelquesautres pieces de charronnage, dans lesendroits où l’orme est rare. On en fait desvis de pressoir, des formes Sc des sabots ,des manches d’outils champêtres, des jougsde bœufs, des rouleaux pour les teintu-riers : on l’emploie aussi pour faire lesmenues garnitures des moulins, 6’c. Dureste ce bois n’est nullement propre à êtreemployé à Pair ; il y pourrit en six ans :mais il est excellent à brûler , Sc il donnebeaucoup de chaleur, qu’on dit être faine.C’est aussi l’un des meilleurs bois pour lecharbon qui conserve long-temps un feuvif Sc brillant, comme celui du charbonde terre ; ce qui le fait rechercher pour lesfourneaux de verrerie.

Usages de l'arbre. Des arbres que l'onconnoît, le charme est le plus propre detous à former des palissades, des haies, desportiques , des colonnades, Sc toutes cesdécorations de verdure qui font le premier& le plus grand embellissement d’un jar-din bien ordonné. Toutes les formes qu’ondonne à cet arbre lui deviennent si pro-pres , qu’il fe prête à tout ce qui y a rap-port : on peut le traniplanter à cet eftet,petit ou grand ; il souffre la tonsure enété comme en hiver ; Sc la souplestê deses jeunes rameaux favorise la forme qu'onen exige , Sc qui est completée par leurmultiplicité. Pour faire ces plantations ,on tire la charmille des pépinières, oumême des forêts, si l'on fe trouve à por-tée : la premiere fe reconnoîc aisément àson écorce claire, & à ce qu'elle est bienfournie de racines ; celle au contraire quia été prise au bois, est étiolée, crochue& mal enracinée.

Multiplicat , n. Le charme peut fe multi-plier de graine qu'on recueille ordinaire-ment au mois d'octobre, Sc qu'il fautsemer aussi-tôt dans un terrain frais Sc àsombre , où il en pourra lever une petitepartie au printemps suivant ; mais le restene levera souvent qu'à l'aurre printemps.Quand ils ont deux ans on les transplantefans les étêter en pépinière , où on leslaisse au moins trois années pour fe forti-fier &. faire du petit plan de charmille, Scjusqu a kh ou sept ans pour être propres

C H A

à planter les grandes palissades de toutehauteur. Mais l’accroiifement de cet arbreétant si lent quand on l’éleve de graine ,on a trouvé qu’il étoit plus court Sc plusfacile de le multiplier de branches cou-chées : si on fait cette opération de bonneheure, en automne elles feront suffisam-ment racine pour être transplantées aubout d’un an ; Sc dès-lors on pourra lesemployer en petit plan , sinon on les meten pépinières, Sc on les conduit commeles plants venus de graine. Les uns & lesautres n’exigent aucune culture particu-lière, si ce n’est qu’on ne les élague ja-mais , Sc qu’on accourcit feulement leursbranches latérales , selon les différentesfigures auxquelles on les destine.

Plantation, des grandes charmilles. Lespâli stades de charmille , lorfqu’elles fctrouveront dans une terre franche Sc fraî-che , s’éleveront à une grande hauteur :elles réussiront même dans un terrain secSc léger, & exposé aux vents froids Sc im-pétueux ; mais on ne pourra les amenerqu’à une hauteur moyenne dans ces fortesde terrains. La transplantation des char-milles devroit fe faire en automne , sui-vant le principe reçu en agriculture, s’iln’arrivoit pas souvent que leur tige íètrouve destéchée au printemps julqu’à fleurde terre , par les frimats & les vicissitudesde la gelée Sc du dégel. Pour éviter cetinconvénient, on pourra ne les planterdans ces fortes de places qu’au printemps,mais de bonne heure , Sc des la fin defévrier ; cela exigera feulement quelquesarrosemens pendant le premier été , dansles sécheresses. Le mois de mars fera letemps le plus convenable pour la trans-plantation des charmilles dans les lieuxfrais Sc dans les bonnes terres. II n’y apas long-temps que les jardiniers avoientencore la mauvaise pratique de ne planteraucunes charmilles lans les recéper un peuau-dessus de terre ; ce qui jetoit dans ungrand retard pour l’accioissement, Sc dansl’inconvénient que les branches qui ontpeu de disposition à fe dresser, fe chiffon-nent, Sc contrarient continuellement 1credressement de la palilíade, Sc le peud’épailfeur qu’on cherche à lui laisser au-tant qu’il est possible. Mais pouc arrivr*