C H A
Les anciens Ciermains , & fur-tout lesGoths, avoient une chaujsure de cuir très-fort qui alloit jusqu’à la cheville du píé :les gens distingués la portoient de peau. Ilsétoient auíïi dans l’usage d’en faire de joncSc d’écorce d’ai bre. Presque rous les Orien-taux aujourd’hui portent des babouches ouchaussures semblables à nos pantoufles.Presque tous les Européens font en louliers.Nos chaussures sont le soulier , la pantoufle ,la babouche , la mule , la claque , le patin , lesabot. Voyei ces mots à leurs articles. Aritiq.expl. hedcr. lex.
Observations ar.atomiques fur quelques chaus-sures modernes. De judicieux anatomistesont observé , i Q . que les diffcrens mouve-mens des os du pic étant très-libres dansl’état naturel , comme on le voir allez dansles petits en sans, le perdent d’ordinaire parla mauvaise maniéré de chausser les piés ;que la chaussure haute des femmes changetout-à-fait la conformation naturelle deces os, rend les piés extraordinairementcambrés ou voûtés, Sc même incapables des’applatir, à cause de la soudure non natu-relle ou anchylose forcée de ces os, à-peu-près comme il arrive aux vertèbres des bos-sus : que l’extrémité postérieure de Pos cal-caneum , à laquelle est attaché le gros ten-don d’achille, s’y trouve continuellementbeaucoup plus élevée, Sc le devant du piébeaucoup plus abaillé que dans l’état natu-rel ; & que par conséquent les muscles quicouvrent la jambe postérieurement, & quiservent par l’attache de leur tendon à éten-dre le pié , sont continuellement dans unraccourcissement non naturel, pendant queles muscles antérieurs qui servent à fléchirle pié en devant, sont au contraire dans unalongement forcé.
i°. Que les personnes ainsi chaufféesne peuvent que très-difficilement descen-dre d’une montagne ; au lieu qu’en ymontant, la chaujsure haute leur peut enquelque façon servir de marches plates,le bout du pié étant alors plus élevé : qu’el-les ont aussi de la peine à marcher long-temps , même par un chemin uni, fur-toutà marcher vite, étant alors obligées ou de sebalancer à-peu près comme les canards, oude tenir les genoux plus ou moins pliés Scsoulevés, pour ne pas heurter des talons de ,
C H A
leur chaussure contre terre ; Sc que pat lamême raison, elles ne peuvent sauter avecla même liberté que d’autresquiont la chaus-sure baffe : car on fait que dans l’homme,de même que dans les quadrupèdes Sc dansles oiseaux , faction de sauter s'exécuteparle mouvement subit Sc prompt de l’extré-mité postérieure Sc saillante de l’os calca-neum au moyen des muscles, dont le grostendon y est attaché.
i Q . Que les chaussures baffes, loin d’ex-poser à ces inconvéniens, facilitent aucontraire tous les mouvemens naturels despiés, comme le prouvent assez les coureurs,les portes-chaise, les laboureurs, &c. queles sabots les plus communs, malgré leurpesanteur & inflexibilité, ne mettent pastant d’obstacles à faction libre Sc naturelledes muscles qui servent aux mouvemens despiés, en ce que , outre qu’ils ont le talontrès-bas, leur extrémité antérieure est ar-rondie vers le dessous, ce qui supplée enquelque manière au défaut de l’inflexionalternative d’un pié appuyé sur les orteils ’pendant que l'autre pié est en l'air quandon marche.
4 °. Que les socques des Récollets sup-pléent davantage à ce défaut, en ce queavec un talon très-bas, ils ont encore unepiece de la même hauteur vers le devant,sous l’endroit qui répond à l’articulation dumétastase avec les orteils ; & que par cemoyen, la portion antérieure de ces soc-ques étant en l’air , permet d’abaistèr Dpointe du pié proportionnellement à l’éléevation du calcaneum.
j°. Que les souliers du petit peuple avecdes semelles de bois, font moins com-modes que ces socques , & fatiguentplus les muscles du tendon d’achille, en ceque n’étant ni flexibles ni façonnés commeces socques, ils rendent la portion anté-rieure du levier du pié plus longue qn<;dans 1 état naturel, Sc occasionnent ainnplus d’effort à ces muscles, lorsqu’il sa utsoulever le corps fur la pointe de ces so u 'liers inflexibles : car on fait que dans l' aC 'tion de soulever le corps fur la pointe d 11pié, ce pié fait l’oflìce du levier de laconde espece , le fardeau de tout le corP Sétant alors entre l’effort des muscles Sc ^résistance de la terre , &c, .
V ’