C H E
lui arrache son gantelet, & l’on biffe% atmes. Pierre de Beloy dit que l'an-cienne coutume en France pour la dégra-dation d’un.chevalier, étoit de l’armer depié-en-cap comme s’il eût dû combattre ,& de le faire monter fur un échaffaud,vu le héraut le déclarait traître , vilain &déloyal. Ajîrès que le roi ou le grand-maî-tre de l’ordre avoit prononcé la condam-nation , on jettoit le chevalier attaché àUne corde fur le carreau, Sc on le condui-sit à l’églife en chantant le pfeaume io3qui est plein de malédictions , puis on leïnettoit en prison pour être puni selon les] oix. La maniéré de révoquer l’ordre dechevalerie aujourd'hui en usage, est deretirer à l’accufé le collier ou la marquede l’ordre , que l’on remet ensuite entre*es mains du trésorier de cet ordre.
La qualité de chevalier s’avilit avec letemps par le grand nombre qu’on en fit.On prétend que Charles V ou . selon d’au-tres, Charles VI en créa cinq cents en uní e ul jour : ce fut pour cette raison qu’ontnstitua de nouveaux ordres de chevalerie,pour distinguer les gens selon leur mérite.Lour les différens ordres de chevalerie enAngleterre , vcyeç les artic. Bachelier ,"Anneret , Baronet , Bains , Jarre-
tlERE, ùc.
Chevalier s’entend aussi d’une perionmadmise dans quelqu’ordre, soit puremenmilitaire, soit militaire & religieux touensemble, institué par quelque roi ou prince , avec certaines marques d’honneur 6,de distinction. Tels font les chevaliers de hjarretìere , de 1‘éléphant , dusaint- Esprit, dMalthe , ôíc. Voyelles fous les articles Jarretierr , Eléphant , &c.
. Ohevaliejv errant , prétendu ordnde chevalerie , dont tous les vieux romanjparlent amplement.
i C'écoient des br*a Ves qu i couraient l<monde pour chercher des aventures, redresser les torts, délivrer des princesses. Squi saisiíloient toutes les occasions de signaler leur valeur.
Cette bravoure romanesque des ancienchevaliers étoit autrefois la chimere deEspagnols , chez qui il n’y avoit point dcavalier qui n’eût fa dame , dont il devoi*^riter l’estime par quelqu'action, héroï
C H E 6 9 î
que. Lc ducd’Albe lui-même, tout grave& tout sévere qu’il étoit, avoit, dit-on,voué la conquête du Portugal à une jeunebeauté. L'admirable roman de dom Qui-chotte est une critique fine & de cette ma-nie , & de celle des auteurs espagnols àdécrire les aventures incroyables des cheva-liers errans.
Il ne faut pas croire cependant que leschevaliers errans fe vouastent simplement àune dame qu’ils refpectoient ou qu'ils af-feòfionnoient : dans leur premiere originec’étoit des gentilshommes distingués quis’étoient proposé la fureté & la tranquillitépublique : ce qui a rapport à l’état de la no-blesse fous la troisième race. Comme lesanciens gouverneurs de provinces avoientusurpé leurs gouvernemens en titre de du-ché pour les grandes provinces,& de comtépour de moindres, ce qui a formé lesgrands vassaux de la couronne ; de mêmeles gentilshommes des provinces voulurentusurper à titre d'indépendancc les domai-nes dont ils étoient pourvus, ou qu’ilsavoient reçus de leurs peres. Alors ils firentfortifier des châteaux dans l'étendue de leursterres , & là ils s’occupoient, comme desbrigands, à voler Sc enlever les voyageursdans les grands chemins; & quand ils troti-raient des dames, ils regardoient leur prisecomme un double avantage. Ce désordredonna lieu à d’autres gentilshommes dedétruire ces brigandages; ils couraient doncles campagnes pourprocureraux voyageursla fureté des chemins. Ils prenoient mêmeles châteaux de ces brigands, où on préren-doit que les dames qu’on y trouvoit étoientenchantées, parce qu’elles n’en pouvoientsortir. Depuis on a fait par galanterie , ccqui d’abord s'étoit fait par nécessité. Voilàquelle fut l’origine des chevaliers errans ,fur lesquels nous avons tant de romans.
Chevalier-maréchal , est un officierdu palais des rois d’Angleterre qui prendconnoiífance des délits qui se commercentdans l'enceinte du palais ou de la maisonroyale , & des actes ou contrats qu’on ypasse, lorsque quelqu’un de la maison y estintéressé.
Chevaliers de la Province , ou Che-valiers du Parlement, ce font en Angle-terre deux gentilshommes riches Sc de ró-
Ssss x