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Tome septième.
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dans ses bras Sc la soulevé au milieu de Fas-semblée. Le paysan s’approche Sc s'écrie leslarmes aux yeux : Oui c efì lui-me me , voilàle ne%_, les yeux & le front du grand Gustave :nous la voulons pour notre souveraine. Au mo-ment même mille cris d’applaudiffements’élevent, tandis que les grands du royaumeprosternés aux pieds de Faugustc enfant, lereconnoiíTent pour roi & font dépoter furles marches du trône , les trophées enlevésaux ennemis à la fatale journée de Lutzen.

Chrijline élevée fous les yeux des hommeséclairés qui prélidoient à son éducation,commencoit à se livrer sur le trône, à cegoût passionné pour l’étude qui devoir unjour lui inspirer le projet singulier d’endescendre. Fiere de ses connoistànces danstous les genres, avide d'en acquérir denouvelles , la reine entourée de statues,de manuscrits, de médailles , cherchoit àRattacher les grands hommes dont l’Europese glorifioit alors. Grotius, le compatriote,l'ami, le défenseur du vertueux Barne-veld , dont on venoit de trancher la tête àsoixante-douze ans, pour avoir eu Fhon-neur de défendre sa patrie contre 1 usurpa-tion du prince d’Orange , Grotius échappédes prisons , vint apporter à Stockholm ,des talens , des vertus Sc une réputationqui, à Rotterdam , ne Fendent point sauvéde 1 échafaud. Pascal qui dans Paris venoitde perfectionner la roulette , cherchoit dans jle Nord des approbateurs de son ouvrage ;il écrivit à la reine qui , pour le malheur !de la Physique & des Mathématiques, eut ;celui de ne pouvoir Pâturer à fa cour ; caril est à présumer que Pascal en Suede , se fseroit livré à d'autres occupations que cellesqui Fabsorberent tout le reste de sa vie.Descartes dont les ouvrages étoient ignorésen France , persécutés en Hollande & ad-mirés en Suede , se laiísa persuader d'yaller jouir des honneurs dont il se sentoitdigne. C etoit un spectacle peu commun ,de voir une jeune reine se lever tous lesjours à cinq heures du matin pour couver- jfer avec un philosophe sur des questionsde métaphysique. Jalouse de Fadmiration -,des íavans à l’âge où son sexe soupçonne àpeine qu’il en existe , elle entretenoit une jcorrespondance suivie avec Saumaise, leplus érudit, comme le plus orgueilleux

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des pédans ; avec Voisins le Théologien >avec Godeau , homme de vertu Sc de mé-rite , qu'un bon mot fit évêque , Sc dontnous avons des milliers de vers qu'on lisaitalors. Parmi les lettres de Christine on doitsur-tout remarquer celle où elle ofsroit àScudéri , d’accepter la dédicace de sonAlarie en y joignant un présent considé-rable , pourvu qu'il effaçât de son poème ,Féloge de M. de la Garnie , qu'une indis-crétion venoit de perdre dans Fesprit de lareine. Scudéri eut le courage de répondre :qu il ne détruirait jamais l’autel oà il avoitsacrifié : on sait que Pimmo'rtel auteur desGéorgiques eut U foiblesl’e d'effacer dcson poème le nom de Gallus son ami, quel’empereur venoit de disgracier. Un procédé11 différent fait desirer ou que le poème deScudéri ne soit pas si détestable , ou que ce-lui de Virgile ne soit pas un chef-d’œuvre.

Peu contente des lumières que donnoicPéducation d’Athenes, Chrijline y joignoitles exercices fatiguans de celle de Sparte ;de là son aversion pour tous les petits ou-vrages de main ; de là soli inclination pourles plaisirs de la chaste & les travaux de laguerre. Son antipathie pour tout ce qu.edisent Sc font les femmes étoit si violente ,qu'ellc disoit souvent que la nature s J étoitméprise en la faisant femme; en affectant lesvertus de notre sexe , elle renonçoit volon-tiers aux grâces du sien. La paix conclue avecles Danois permettoit à la Suede de ras-sembler toutes ses forces contre les Impé-riaux dont la puissance menaçante alarmoittous les princes de FEurope. Torstenson lemaître & Fami dc Turenne , contribuoicpar Féclat de ses victoires, comme le chan-celier Salvius par la sagesse de ses négocia-tions , à rendre Chrijline 1 arbitre d J unepaix générale , que desiroient égalementtoutes les puissances belligérantes ; cettefameuse paix de Westphalie fut enfinsignée au mois d’octobre 1648. InnocentX fut seul mécontent. Ce pape n avoit pasprévu qu’en voulant maintenir Féquilibreentre les puistances de FEurope , il étoitimpossible d'affoiblir la maison d’Autrichequ’il n’aimoit pas, fans agrandir les pro-testons qu'il aimoit encore moins. Il crutse venger en faisant afficher à Vienne unebulle , par laquelle il refusait à Christine le