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cérémonie bien dissérenrc : Chrijìine paréedc rous les ornemens de la royauté , sc ren-dit à sept heures du matin dans la grandesalle du château , pendant que les cris dupeuple s’élcvoient autour des murailles dupalais ; les orateurs des trois ordres renou-vellerait toute l’ardeur de leurs anciennesremontrances. Celui des paysans Rappro-cha de la reine , prit fa main & la tenantà genoux, la baisa plusieurs fois fans pro-noncer un seul mot ; il se releva ensuite, &s’eísùyant les yeux avec son mouchoir, ilsortit brusquement du château. Chrijìinesensible un moment au plaisir de se voirli tendrement regrettée, trouva qu-’il ctoitbeau de triompher de cette sensibilité quitouchoit à la foibleísè : usant donc encorede rautorité à laquelle elle alloit renoncer,elle déclara aux états assemblés , “ que sondessein n’étoit pas dc leur proposer un projetqu’ils pouvoient examiner, mais de leurdonner un ordre qu’elle vouloir qu’ils res-pectassent. Elle ajouta , quand vous join-driez une couronne à celle que je dépose,je ne continuerois pas mon régné une mi-nute au- delà du terme que j’ai fixé ; » alors,ayant fait lire à haute voix par un sénateurl'acte par lequel elle renonçoit au trône Scdcchargeoit les peuples du serment de fidé-lité, elle le signa. Les grands du royaumes-’avancerent en silence pour recevoir lesornemens royaux dont Chrijìine avoir vouluse parer , Sc le comte Pierre Brahé ayantrefusé d oter la couronne de dessus la têtede la reine , elle l'enleva elle-même , fansque la moindre émotion parût íur son visage,que toute l’assemblée contemplent.
Christine soulagée, ce semble, du fardeauqu’elle venoit de déposer, descendit eu dés-habillé de satin blanc jusqu’à la premieremarche de son trône, Sc là déployant cetteéloquence qu’elle avoir cultivée avec tantd’ardeur , elle fit aux états une harangue iitouchante , qu’une partie des spectateursfut attendrie jusqu aux larmes ; plusieurs ,ajoute l’historien de fa vie , sc jetterait furson manteau royal & le déchirèrent, vou-lant conserver quelque chose d une reine litendrement aimée ; Sc voila comme l’amourqu’inspirent les souverains, devient unepassion forte qui, comme toutes les autres,fe change en fanatisme.
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Chrijìine voulut que le jour de son abdica»tion frit célébré par des fêtes , avec toute lamagnificence que fa passion pour les artsavoir introduite dans le royaume ; impa-tiente de jouir enfin de cette liberté à la-quelle elle venoit de tout sacrifier, elle ren-voya sc s femmes, prit des habits d’hemme& partit d’Upíal , après un grand festinentre onze heures & minuit, cn disant auxquatre gentilshommes qui Paccompa-gnoient : mon rôle est joué , partons, je neveux point voir régner un autre dans des lieuxoàj étois souveraine.
Arretons-nous un moment à cette époque,la plus célébré de la vie de notre héroïne ;parmi ceux qui ont gouverné les hommes,on en compte plusieurs qui ont renoncé à lasouveraine puislànce. Sy 11a chez les Romainspar orgueil , Charles-Quint chez les Espa-gnols par foiblefle, Victor-A médée en 8a-voye, par caprice , ont donné à Puni vers lespectacle d’un iouverain qui veut cesser dcPêtre ; mais Chrijìine est la feule qui s’y foiedéterminée par un motif honorable auxyeux de la raison , s’il est vrai cependantqu’il soit perçais à un souverain dc íacrifies:
| íes sujets qu’il rend heureux, au désir si na-turel de Pêtre soi-même. 11 n’est peut - êtrepas inutile de remarquer que rous ceux quile font décidés à certe démarche par des! motifs si distérens, sc font tous réunis dansle repentir qu’ils ont eu de savoir fait. Laréponse de Sylla , qui au moment qa'il íodépouilloit de la dictature , sut outragépar un Plébéien ; les soupirs de Charles-Quint devenu ridicule Sc vil dans le fond.d’un cloître ; les regrets d u vieux Victordésespéré de n’avoir plus de couronne à pré-, tenter à ia maîtresse ; les regards que Chris-! tine lai (la quelquefois échapper vers le trônei de Suede, tout semble avertir le philosophe, de tenir cn réserve , l’admiration qu’il estJ tenté de prodiguer à des actions qui, subli-; mes en apparence, ne font souvent que desj saillies de caractère que le repentir dément.
I Libre enfin des préjugés de son âge , de! scn sexe & de son rang , Chrijìine voyageoicj dans les états voisins de ceux qu’elle venoitî d’abandonner , recueillant fans émotion ,fur son passage, les éloges & les censuresqu’on fa i foi t de son abdication : montrantJur cela , dit M. d’Alembcrt, unephilosoghÍQ