Band 
Tome huitième.
Seite
88
JPEG-Download
 

88 CIL

orbiculaire : ils fe font aussi alternativement' 1& en même temps à la paupière inférieure,par la portion palpébrale inférieure du mus-cle orbiculaire, mais très-peu , à cause dupetit nombre des fibres palpébrales inférieures.

On voit deja qu’iì y a deux muscles quiservent au mouvement des paupières ; maispour mieux entendre leurs cillemens , il fautse rappeller la structure de ces deux voilesqui font tendus fur les yeux : or les deuxpaupières étant formées de membranes min-ces , presque transparentes, à petits plis, très-vafculeuses, remplies d dîne grande quantitéde papilles nerveuses à la surface interne,toujours unies, Sc bordées d'u n large car-tilage en forme d’arc, on comprend qu ellespeuvent se toucher mutuellement, s’éloignerensuite, s’abaisser Sc se rouvrir alternative-ment. Le muscle élévateur de la paupièresupérieure, né par un petit principe charnudu fond de l'orbite osseuse, se disperse enpetites fibrilles tendineuses- très-fines, & vas'inférer à toute la partie supérieure du tarsede cette paupière, elle doit donc s’éleverfans rides par le mouvement de ce muscle.Pour le muscle orbiculaire qui prend sonorigine du grand os du nez, & va parse-mant ses fibres par les deux paupières, il riaqua se contracter, comme il fait, en formede sphincter, pour unir doucement les pau-pières l’une à l’autre : s'il se contracte plusfortement, il exprime les larmes, en arrosela surface interne de l’œil, en nettoie lesordures, Sc le lave. La paupière inférieures ouvre par la contraction ípontanée des fi-bres musculaires distribuées dans la joue.

Mais de peur que les paupières, à forcede aller & se joindre l’une à l’autre fansceíie, ne s-excorient, la nature a placé fur lebord cartilagineux de l’une Sc de l’autre depetits grains glanduleux , où se filtre une hu-meur qui se décharge par des orifices ou-verts , Sc sert de Uniment au bord des pau-pières. Ces orifices ne sont autre chose queles extrémités des petits vaisseaux qui vontserpentant en cet endroit, Sc naissent con-tinus aveC les artérioles qui y sont distri-buées , fans structure glanduleuse.

Ainsi dans les paupières douées d’une peauflexible, de fibres nerveuses, musculeuscs ,d’une membrane adipeuse, & d’une tuniqueinterne très-liíse, parsemée de yaitseaux san-

C I L

guînS 8c de glandes qui l’abreuvent fanscesse. Sc entretiennent la cornée transparente,tout concourt à l’exécution des cillemens al-ternatifs de ces rideaux de la vue, commeCicéron même l’a remarqué dans son ou-vrage de la nat. des dieux , l. II, c. Ivij. Pal-pe broc , dit-il, sunt mollijfimœ taclu , ne lœde-rent aciem, & aptijfunce faclce ad claudendasac aperiendas pupillas , idque provìdit na-tura, ut i dent idem fieri pqffit cum maxima cele-rìtate. « Les paupières sont douées d’une» surface douce Sc polie, pour ne point blel-'> fer les yeux : soit que la peur de quelque-- accident oblige à les fermer, soit qu’on» veuille les ouvrir, la nature les a faites» pour s’y prêter ; Sc l’un Sc l’autre de ces» mouvemens s’exécute avec une prodigieuse» vitesse ». C’est en effet une chose admi-rable que la promptitude des cillemens , leurrépétition successive, perpétuelle pendantle cours de la vie, fans dommage, fans usc-ment du voile ni de l’œil contre lequel ilfrotte, Sc presque toujours fans volonté.

Il arrive pourtant quelquefois que ce cìl-lement , ce clignotement des paupières, estnon-seulement involontaire, mais si promptou si lent qu’il fatigue Sc chagrine beaucoupceux qui en sont attaqués, Sc qu’il fait dela peine à ceux qui les regardent. Cette es-pece de tressaillement est une vraie maladie,un mouvement convulsif des voiles de l’oeil,pendant lequel les fibres motrices du muscleorbiculaire deviennent tendues , roides ; Scla paupière après avoir demeuré un instantfermée, fe releve l’instant suivant, en sorteque les malades jouissent ou sont privés de lalumière par intervalles ; ce qui ria pas lieudans les cillemens ordinaires Sc naturels. Ilsemble donc que la cause de cette convulsionest un mouvement irrégulier des esprits ani-maux , qui fe portant avec trop de rapiditédans les fibres du muscle orbiculaire , empê-chent pendant un temps Faction du muselsreleveur.

On guérit ce tressaillement plus ou moinsdifficilement, suivant sa fréquence & l’an-cienneté du mal. Quand il est léger, deuxmoyens peuvent servir à fa guérison ; le pre-mier, de fe faire éternuer pendant Faccès ;le second, de frotter doucement avec lamain le tour de l’orbite & des paupières,ou plutôt d’employer des frictions fur les pau-pières