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Tome huitième.
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d’où ils font forcis, on ne les soustrait pasà la putréfaction en les lui confiant. La cou-che terreuse, qui les recouvre, rend feule-ment cette putréfaction plus lente ; & com-me la terre est perméable, les émanationscadavéreuses la percent &c se mêlent néces-sairement à l’air qui touche la surface deslieux consacrés à l’mhumation. L’infection,qui en résulte, est infiniment moins grandequ’ellenele seroit, si les cadavres pourris-saient à l’air libre, mais elle peut avoir assezd’intensité pour devenir pernicieuse , & l'onne doit pas perdre de vue cette vérité, lors-qu'il est question de construire un cimetiere.

Faire ensorte que l’air n'y soit jamais assezinfecté pour être dangereux, ou que 1 infec-tion , lorsque son intensité est inévitable, nepuisse y causer aucun funeste accident ;voilà ce que l'on doit se proposer. Par quelsmoyens réussira- 1 -on à empêcher que cetteinfection n’acquiere une intensité redouta-ble ? C'est ce qu'on découvrira en se ren-dant raison de l'cffet de la terre sur les éma-nations cadavéreuses , de la formation desvapeurs qui résultent du mélange de cesémanations avec l'air, & de Faction de l'airfur ces vapeurs.

Quoique la terre soit perméable , & quedans les cimetières le feu central, de concertavec la fermentation putride , faíle exhalerde son sein les substances volatiles qu’ellerenferme, il est certain que, par leur den-sité , les parties intégrantes de la terre gê-nent cette exhalation, & qu’agistànt commelin filtre, elles subtilisent les écoulemens ca-davéreux en s'opposant à l’émanation desmolécules animales les plus grossières.

Mais il est également certain que les subs-tances, qui font volatilisées, partant de tousles points de la surface des cadavres, Ré-chappent dans différentes directions , &sortent de terre sous des angles plus ou moinsaigus, de maniéré que si plusieurs cadavresfont rapprochés les uns des autres, les rayonsd'écoulement se réuniront nécessairement.

Il luit de-là que les exhalations cadavéreu-ses auront d'autant moins de densité, queles cadavres feront plus profondément en-fouis , mais que pouvant en. acquérir parleur réunion, elles seront encore d’autantmoins denses, qu'il y aura plus de distanceentre ce* foyers putrides,

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Ces émanations au sortir de terre se mê-lent- à l'air sous forme de vapeurs, & cel-les-ci font d’autant plus sensibles, qu’ellesont plus de densité.

L’air est-íl sec & tìent-il en dissolutionpeu de molécules aqueuses,, il absorbe avecfacilité les émanations cadavéreuses, & lesdisiout si complètement , que leur divi-sion , portée aussi loin qu’il est possible ,les fait échapper aux sens. Elles se conde*-sent & deviennent sensibles si l’air est hu-mide, & elles le sont même d’autant plus,que ce fluide étant plus chargé d’eau, l’unionde ses molécules avec celle des émanationsse fait plus difficilement.

Le volume de l’air influe également sorle peu de densité des vapeurs. C’est en cédantà la force attractive des molécules aériennes& en se logeant dans leurs interstices queles corpuscules , exhalés du sein de la terre,forment ces vapeurs. Les molécules aérien-nes sont-elles très - nombreuses, eu égardaux corpuscules exposés à leur activité, ellesse les partagent & les divisent de sorte que ,répandus dans une masse considérable, ceux-ci ne s unissent à celles-là qu’un à un, &les vapeurs raréfiées affectent foiblement lessens. Le contraire arrive, si la masse aérienneest moins volumineuse, chaque moléculed air est forcée de se charger de plusieurscorpuscules cadavéreux, & la densité desvapeurs est d’autant plus grande, que le vo-lume d’air est moindre.

Mais c’est dans les couches inférieuresque se fait d’abord cette union & la pesan-teur des substances qui pénètrent ces cou-ches , faisant continuellement obstacle à leurélévation, leur dispersion dans un grandvolume d’air ne peut avoir lieu qu’autantque les couches supérieures ou collatéralesviendront successivement prendre la placedes inférieures.. Si l’air est stagnant & im-mobile , les couches inférieures seront bien-tôt saturées des corpuscules exhalés, & lesvapeurs qui résulteront de cette dissolution,acquerront une densité considérable.

Ce ne seroit pas assez que l’air des cou-ches inférieures soft quelquefois renouvelle,il faudra encore que 1 agitation de la masseaérienne, capable de produire cet effet, soitcontinuelle, ou .du moins très-fréquente.

Les vapeurs réunies & condensées par la