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Tome huitième.
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bordé dénombré de filets blancs, semblables 'a une laine , qui se multiplie au temps de laponte , au point que la femelle en est toutecouverte ; ce qui rfarrive point au mâle. Lafemelle est ovipare, quoique M. de Réaumurl ait cru vivipare.

Moeurs. Le zchinbitz se trouve íous terreaux racines de la plante , appellée knawel parles Allemands ; & par nous , alchimilla gra-mineo folio majore flore , par Tournefort ; 8cfcleranthus % pcrennis , calycibus j'rucluscltiufis , par M. Linné. Syfl. nat. éiit. IX ,pageloS.

II íe nourrit du suc qu’iî pompe des racinesde cette plante avec ía trompe : on la ob-serve aussi , mais en petit nombre fur d’au-tres plantes , fur le knawel annuel, & surla potentille ; & je le découvris il y a nom-bre d’années au pié du gaaphalium , piéde cbat, en juillet au haut des collines situéesau nord-ouest de Montmorenci. Mais cetanimal ne se trouve pas dans tous les lieuxoù croissent ces plantes : il affecte particu-lièrement le knawel vivace; & les seuls paysoù il soit abondant, sont le palatinat de Kio-vie , l’Ukraiue, la Podolie , la Volhinie &la Lithuanie en Pologne, dans les terres dé-sertes & sablonneuses. Je fuis, au moins queje sache, le premier &. le seul qui sait trouvéaux environs de Paris, & cela lur le pié dechat des collines sablonneuses, graveleuíes& siliceuses de Montmorenci ; & il n’apomt encore été apperçu fur le knawel vi-vace, qui ne f e trouve au plus près de Paris,que dans les fables , entre la Marlaye & lamontagne qui est fur le chemin de Gou-vieux , & en allant de Chantilly à Saint-Leud’Esserens, & dans les sables de Fontaine-bleau.

Récolte. La Pologne est donc le seul paysoù Ton puisse en faire une récolte, & où l'onen fasse réellement une ; mais elle manqueabíolument lorsque leté a été pluvieux &froid. Le zchinbitz , dont M. Vols a bienvoulu me donner la collection la plus suiviegvec toutes ses métamorphoses , n’a pris sonparfait accroissement, & n’est plein de sonsuc purpurin, qu’après le solstice d'été ; c’est-à-dire , dans le mois de juillet. Comme je letrouvai austì par .hasard aux environs deMontmorenci.

Alors lesPolonoiss’armentd’une eípece de

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houlette à manche court, l’enfoncent d’uuemain fous la plante du knawel, qu'ils tien-nent de l’autre pourl’enleverde terre ; puis ilsen détachent l’insecte, & remettent ía plantedans le même trou, pour ne pas perdre lesoeufs de la cochenille , qui doivent fournirla récolte de l’année suivante : cette manœu-vre se pratique avec autant d’adresse que decélérité.

Le zchinbitz ainsi cueilli lê passe à un cri-ble fait exprès pour le séparer de sa terre ; ÔCasin qu’il ne prenne ni moisissure ni fermen-tation qui lui ôte de sa qualité, on l’arrosede vinaigre , & quelquefois d'eau la plusfroide ; ce qui sulîìt pour le faire mourir :alors on le porte dans un lieu chaud , OILbien on f expose au soleil pour le faire sécher ;cette exsiccation doit être faite lentement ,faute de quoi la beauté de leur couleur s’al-téreroit.

Quelquefois ils séparent ces petits insectesde leur enveloppe , en les pressant douce-ment avec le bout des doigts pour en formerde petits pains ronds. Une compression tropforte en exprimeroit le suc ; & ce seroit une] perte reelle , qu’on évite en y prêtant atten-j tion ; ces pains font beaucoup plus estimesj par les teinturiers, que lnssecte séché en; grains détachés.

I La récolte du zchinbitz est affermée auxjuifs par les Polonois Palatins de l’Ukraine ,qui la font faire par leurs serfs ou leurs vas-saux.

I Usages. Les juifs vont vendre cette tein-ture aux Turcs &c aux Arméniens, qui l'eor-piment à teindre la laine , la soie , le cuir , lemaroquin & la queue de leurs chevaux. Les:femmes turques en tirent la teinture avec levin ou le jus de citron, & en font un usagejournalier pour se rougir l’extrémité des mains& des piés d’une belle couleur de chair.Les Hollandois achetoient autrefois le zchin-bitz fort cher , & l'employoient par moitiéavec la cochenille pour teindre les draps enécarlate. De la teinture de cet insecte extraitepar le jus de citron ou une lessive d’alun, onpeut avec la craie faire une laque pour lespeintres, qui, par l’addition d’un peu degomme arabique, égale en beauté Li laquede Florence. Enfin, le soc exprime de cetinfecte fe conserve pour ks meme, ulagejmédicinaux que Je kermès ; & a Varsovie ,

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