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Tome huitième.
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jet de notre ouvrage , 3c d’ailleurs intéres-%oit assez peu le public : il est un autre objetbien plus important dont nous voulons icinous occuper; c'est celui de l’education qu onY donne à la jeunesse.

Quintilien, un des hommes de l'antiquitéqui ont eu le plus de sens & le plus de goût,examine, dans ses injìitutiotis oratoires , fir éducation publique doit être préférée à l’é-ducation privée ; & il conclut en saveur dela premiers. Presque tous les modernes quiOnt traite te me me sujet depuis ce grand hom-me,ont ece de Ion avis. Je nscxaminerai pointsi la plupart d entr eux netoïent point inté-ressés par leur état à défendre cette opinion,ou déterminés à la siiivre par une admirationtrop souvent aveugle pour ce que les anciensont pensé ; il s’agit ici de raison, Sc non pasd’autoricé, Sc la question vaut bien la peined'être examinée en elle-même.

J’obferve d’abord que nous avons assezpeu de connoissances de la maniéré dont sefaisoit chez les anciens l'éducation , tant pu-blique que privée ; & qu’ainsi ne pouvant àcet égard comparer la méthode des anciensa la nôtre , l’opinion de Quintilien, quoiquepeut être bien sondée, ne lauroit être ici d’un

grand poids. Il est donc nécessaire devoir enquoi consiste l'éducation de nos collèges , &‘ n 3 comparer à l’éducation domestique ;c e st d’après ces faits que nous devons pro-foncer.

Por^ aiS avant que de traiter un sujet si im-témsp C 5 ' e d°is prévenir les lecteurs défin-ie es > que cet article pourra choquer quelìnr P S ^tlvnnes , quoique ce ne soit pas monCevi n |!° n : je n'ai pas plus de sujet de haïrdre - -| 0rit î e vais parler , que de les crain-gç > " en est même plusieurs que j’estime,t e > ° Ue lques-uns que j'aime Sc que je reípec-Suèrr 6 n * c ? P°^ nt aux hommes que je fais laq Uçn ^» c est aux abus, à des abus qui cho-^ui affligent comme moi la plupartnir a t) clc ceux qui contribuent à les entrete-t0rr ent ^ ^u'ils craignent de s’opposer auteffl. le g a Matière dont je vais parler inte-nte b ie 8 n 0uv Ç rn emem Sc la religion, & mé-que Ce j a quon en parle avec liberté , fansP^cautio?. 11 ossenser personne : après cetteOn peur’ 1 j ntre en matière.

^ u bliqu e - , rec l uire à cinq chefs

hs humí

cinq chefs l'éducationàtés, la rhétorique,

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la philosophie, les mœurs Sc la religion.

Humanités. On appelle ainsi le temps qu'onemploie dans les collèges à s'instruire des pré-ceptes de la langue latine. Ce temps estd'en-viron six ans : on y joint vers la fin quelqueconnoistance rtès-superficielle du grec ; ony explique , tant bien que mal , les auteursde l'antiquité les plus faciles à entendre ; ony apprend aussi, tant bien que mal, à com-poler en latin ; je ne sache pas qu'on y en-seigne autre chose. Il faut pourtant conve-nir que dans l'université de Paris, où cha-que professeur est attaché à une classe parti-culière , les humanités font plus fortes quedans les collèges de réguliers , où les proses-eurs montent de classe en classe , Sc s'ins-trussent avec leurs disciples , en apprenantavec eux ce qu ris devroiem leur enseigner.Ce n est point la faute des maîtres, à st, en-core une fois, la faute de l'usage.

Rhétorique. Quand on sait ou qu on croîtsavoir assez de latin, on passe en rhétorique :c'est alors qu’on commence à produire quel-que chose de soi-même ; car juíqu'alors onn'a fait que traduire , soit de latin en fran-çois , soit de françois en latin. En rhétori-que on apprend d'abord à étendre une pen-íee, à circonduire Sc allonger des périodes ,& peu à peu l'on en vient enfin i des dis-cours en forme , toujours ou presque tou-jours , en langue latine. On donne à ces dis-cours le nom d ‘amplifications , nom très-con-venable en effet, puisqu’ils consistent poutl’ordinaire à noyer dans deux feuilles de ver-biage , ce qu’on pourroic Sc ce qu’on devroitdire en deux lignes. Je ne parle point de cesfigures de rhétorique si cheres à quelquespédans modernes , Sc dont le nom mêmeest devenu si ridicule , que les professeursles plus sensés les ont entièrement banniesde leurs leçons. Il en est pourtant encore quien font grand cas , & il est assez ordinaired'interroger fur ce sujet important ceux quiaspirent à la maîtrise ès arts.

Philosophie, Après avoir p aile íept ouhuit ans à apprendre des mots, ou à parlerfans tien dire , on commence enfin , ou oncroie commencer l'étude des choses ; car c'estla vraie définition de la philosophie. Maigil s'en faut bien que celle des colleges mériteCe nom : elle ouvre pour 1 ordinaire par uncompendium , qui est, si on peut parler ainsi,