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Tome huitième.
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§26 CON

rapport àl’autre selon cette vuefparticuliere.Or le mot qui n a d’autre oífiçeîque démar-quer cette considération relative de ì’espritest appelé conjonction.

Par exemple, si je dis que Cicéron & Quin-tilie/isont l- s auteurs les plus judicieux de V an-tiquité , je porte de Quintilien le même ju-gement que j’énonce de Cicéron : voilà lemotif qui fait que je rastemble Cicéron avecQuintilien, le mot qui marque cette liai-son est la conjonction.

Hen est de même si Ton veut marquer quel-que rapport d'opposition ou de disconve-nancc; par exemple, si je dis qu ’ilya unavantage réel à être instruit , & que j’ajouteensuite sans aucune liaison qu77 ne faut pasque la science inspire de Vorgueil , j’énoncedeux sens séparés : mais si je veux rapprocherces deux sens, & en former l’un de ces en-sembles qu’on appelle périodes , j’apperçoisd abord de la difconvenance, 8c une forted’éloignement & d’opposition qui doit setrouver entre la science 8c l'orgueil.

V oilà le motif qui me fait réunir entre cesdeux objets, c'est pour en marquer la dis-convenance ; ainsi en les rassemblant Dénon-cerai cette idée accessoire par la conjonctionmais ; je dirai donc qu77 y a un avantage réeld être instruit , mais q u’il ne faut pas que cetavantage inspire de l’orgueil; ce mais rappro-che les deux propositions ou membres de lapériode , 8c les met en opposition.

Ainsi la valeur de la conjonction consisteà lier des mots pour une nouvelle modifica-ti nr ou idée accessoire ajoutée à l'un parrapport à l’autre. Les anciens grammairiensont balancé autrefois, s’ils placeroient lesconjonctions au nombre des parties du dis-cours , & cela par la raison que les conjonc-tions ne représentent point d'idées de cho-ses. Mais qu’est-ce qu être partie du dis-cours ? dit Priscien , " sinon énoncer quel-» que concept, quelque affection ou mou-» vement intérieur de l’esprit : Quid enimejì aliud pars orationis , niji vox indicansmentis conccptum id efl cogitationem ? ( Prise,lìb. XI. sué initio. ) ìl est vrai que les con-fondions n'énoncent pas comme font lesnoms, des idées d’être réels ou métaphysiques, mais elles expriment l’étatou affectionde l'efprit entre une idée 8c une autre idée,,entre une proposition 8c une autre proposi- .

CON

’-tion ; ainsi les conjonctions supposent tou-jours deux idées 8c deux propositions , &elles font connoìtreleípece d’idéeaccessoireque 1 esprit conçoit entre lune & l’autre.

Si l’on ne regarde dans les conjonâions quela feule propriété de lier un sens à un autre,on doit reconnoître que ce service leur estcommun avec bien d’autres mots : x°. leverbe , par exemple , lie l’attribut au sujet :les pronoms lui , elles , eux , le , la , les ,leur , lient une proposition à une autre jmais ces mots tirent leur dénomination d’unautre emploi qui leur est particulier.

a°. Il y a aussi des adjectifs relatifs quifont l’ofHce de conjonction ; tel est le relatif1 qui , lequel , laquelle : car outre que ce motrappelle 8c indique l’objet dont on a parlé >il joint encore 8c unit une autre propositionà cet objet, il identifie même cette nouvelleproposition avec l’objet ; Dieu que nous ado-rons est tout-puijfant ; cet attribut, ejl tout-'puissant , est affirmé de Dieu entant qu il estcelui que nous aderons.

Tel, quel, talis , qualis ; tant us , quar-tas , tot , quot , 8cc. font aussi l’oífice de■conjonction,

} Il y a des adverbes qui, outre la pt°'priété de marquer une circonstance de temp 5ou de lieu, supposent de plus quelqu’autrepensée qui précede la proposition où ib js: trouvent : alors ces adverbes font aussi 1*°*'lice de conjonction : tels font ajìn que •trouve dans quelques anciens, 8c l’on d 1même encore aujourd’hui en certaines p r ?_

; vinces, à celle fin que , ad hune finets Jcundum quem , où vous voyez la prépoù ^8c le nom qui font l’adverbe , 8c d e Pl’idée accessoire de liaison 8c de dépend* 1 'll en est de même de, à cause que , f 0 ^

rea quod. Parce que, quia; encore, , d

dé j a, jam, ces mots doivent être cons 1comme adverbes conjonctifs, puilq u l S i u ien même temps l’oftìce d’adverbe 8 ede conjonction. C’tst du service desdans la phrase qu’on doit tirer lent deno

nation.

A l’égard des conjonctions propret ^dites, il y en a autant de lottes , qu ide différences dans les points e vuelesquels notre esprit observe un rappotre un mot 8c un autre mot , ouenjpensée & une autre penseej ces diiu*