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Tome huitième.
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dont tout íe monde n'est pas capable desuivre le fil aussi long-temps qu’íl est néces-saire pour découvrir la vérité.

Une autre différence qu’il y a entre laconnoijsance intuitive & la connoijsance dé-monstrative, c'est qu encore qu’il ne reste au-cun doute dans cette derniere , lorsque par^intervention des idées moyennes on ap-perçoit une fois la convenance ou la dis-convenance des idées qu J on considéré , ily en avoit avant la démonstration ; ce quidans la connoijsance intuitive ne peut arri-ver à un esprit attentif. Il est vrai que laperception qui est produite par voie dedémonstration , est aussi fort claire : maiscette évidence est bien différente de cettelumière éclatante qui fort de la connoijsanceintuitive. Cette premiere perception , quiest produite par voie de démonstration,peut être comparée à limage d\m visageréfléchi par plusieurs miroirs de l’un àl’autre. Aussi long-temps qsselle conservede la ressemblance avec l’objet, elle pro-duit de la connoijsance , mais toujours enperdant , à chaque réflexion successive ,quelque partie de cette parfaite clarté quiest dans la premiere image , jusqu’à ceqssenfin, après avoir été éloignée plusieursfois, elle devient fort confuse , & n est plusd abord si reconnoissable , & sur-tout àdes yeux foibles. Il en est de même à \’é-gard de la connoijsance qui est produitepar une longue fuite de preuves. Quandles conséquences font si fort éloignées duprincipe dont on les tire , il faut avoir unecertaine étendue de génie pour trouver lenœud des objets qui paroiíîent désunis ;pour saisir d’un coup-d'œil tous les ra- -meaux des choses ; pour les réunir à leursource & dans un centre commun, & pourles mettre fous un meme point de vue.Or cette disposition est extrêmement rare,Sc par conséquent aussi le nombre de ceuxqui peuvent saisir des démonstrations com-pliquées , Sc remonter des conséquencesjusqu’aux principes.

Mais pourquoi certaines conséquencessont-elles plus éloignées que d’autres duprincipe dont on les tire toutes 1

Voici fur cela les raisonnemens du peréBuffier. H suppose d’abord que le prin-cipe est une connoijsance dont on tire une.

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autre connoijsance , qu’on appelle conséquen-ce. Une premiere connoijsance , dit-il, sertde principe à une seconde connoijsance quien est la conséquence , quand Pidée de lapremiere contient sidée de la seconde ; cu-lotte qu il se trouve entre lune & 1 autreune idée commune , ou semblable , ou lamême idée. Cependant la premiere con-noijsance renferme outre cette idée com-mune , d autres idées particulières ou cir-constances & modifications d'idées, lesquel-les ne se trouvent pas dans la seconde con-noijsance: or plus la premiere , qui sert deprincipe, renferme de ces idées particuliè-res différentes de sidée qui est communeau principe & à la conséquence , plus aussila conséquence est éloignée : moins elle estchargée de ces idées particulières, Sc moinsla conséquence est éloignée.

Ce qui unit donc la conséquence auprincipe , c’est une idée commune à 1 unSc à 1 autre : mais cette idée commune estenveloppée , dans le principe, de modifi-cations , parmi lesquelles il est plus difficiledans les conséquences éloignées, de recon-noître , Sc de démêler cette idée commu-ne ; au lieu que dans les conséquences pro-chaines , sidée commune n est accompa-gnée dans le principe , que dssin petit nom-bre de modifications particulières qui lalaissent plus aisément discerner. Une épin-gle ne se trouve pas aussi facilement dansun tas de foin, que dans une boîte où iln’y aura que cette épingle avec une aiguil-le ; quoique sépingle soit aussi véritable-ment dans le tas de foin que dans l’en-ceinte de la boîte.

On volt aussi plus facilement la ressem-blance qssune figure représentée seule dansun tableau , peut avoir avec la même figurereprésentée dans un second tableau, lorsquedans le premier tableau elle n’est point ac-compagnée de diverses autres figurés, par-mi lesquelles il faudroit plus de íph} &dùittention à la reconnoître : la multiplicitéd objets dont un objet particulier est envi-ronné ,sempêche dette apperçu lui-mêmesi aisément & si distinétement.

Quoiqusil en soit, une conséquence quine différé de son principe que par une oudeux circonstances ou idées particulières »lui ressemble bien plus qu’une connoijsance

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