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Tome neuvième.
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ii4 CON

ou en v , ou en/; parce que ces lettres étantproduites par les mêmes organes , il suffitd’appuyer un peu plus ou un peu moins pourfaire entendre ou l’une ou s autre.

Le nombre des lettres n’est pas le mêmepar-tout. Les Hébreux & les Grecs n’avoientpoint le le mouillé, ni le í'on du gn. Les Hé-breux avoient le son du che , schin : maisles Grecs ni les Latins ne l’avoient point. Ladiveríité des climats cause des différencesdans la prononciation des langues.

II y a des peuples qui mettent en actioncertains organes, & même certaines partiesdes organes , dont les autres ne font pointd’usage. II y a aussi une forme ou maniéréparticulière de faire agir les organes. Deplus , en chaque nation , en chaque provin-ce , & même en chaque ville , on s’énonceavec une forte de modulation particulière :c’eíî ce qu’on appelle accent national ouaccent provincial. On en contracte l’babi-tude par l’éducation ; &: quand les espritsanimaux ont pris une certaine route, il estbien difficile , malgré l’empire de l’ame, delèur en faire prendre une nouvelle. De-làvient aussi qu’il y a des peuples qui ne sau-naient prononcer certaines lettres ; les Chi-nois ne connoiísent ni le b , ni le d, ni le r ;en revanche ils ont des consonnes particu-lières que nous n’avons point. Tous leursmots font monosyllabes , & commencentpar une consonne & jamais par une voyelle.Voyc\l.i Grammaire Chinoise de M. Four-ni ont.

Les Allemands ne peuvent pas distinguerle \, d’avecle /'; il» prononcent \ele commesel : ils ont de la peine à prononcer les lmouillés ; ils disent fde au lieu d c fille. Ces /mouillés font aussi fort difficiles à prononcerpour les personnes nées à Paris : elles lechangent en un mouillé foible, & disentVersayes au lieu de Versailles, & c. LesFlamands ont bien de la peine à prononcer laconsonne j. II y a des peuples en Amériquequi ne peuvent point prononcer les lettreslabiales b , p , s, m. La lettre th des An-glois est très-difficile à prononcer pour ceuxqui ne font point nés Anglois. Ces réflexionsfont fort utiles pour rendre raison des chan-gemens arrivés à certains mots qui ont pastêdune langue dans une autre. Voye\ la dis-sertation de M, Falconet, furies principes

CON

de l'étymologie Histoire de VAcad. daB elles-Lettres.

A l'égard du nombre de nos consonnes, sil’on ne compte que les sons & qu’on ne s’ar-rête point aux caractères de notre alphabet,ni à l’usage souvent déraisonnable que l’onfait de ces caractères, on trouvera que nousavons d’a'oord dix-huit consonnes , qui ontun son bien marqué , & auxquelles la quali-fication de consonne n’est point contestée.

Nous devrions donner un caractère pro-pre , déterminé , unique & invariable à cha-cun de ces sons , ce que les Grecs ont faitexactement, conformément aux lumièresnaturelles. Est—il en effet raisonnable que lemême signe ait des destinations différentesdans Je même genre , & que le même objetloir indiqué tantôt par un figue tantôt parun autre ?

Avant que d’entrer dans le compte de nosconsonnes , je crois devoir faire une courteobservation sur la maniéré de les nommer.

II y a c en t an s que la Grammaire généralede P. R. proposa une maniéré d’apprendreì lire facilement en toutes fortes de langues.

I. part. chap. ij. Cette maniéré consiste à >nommer les consonnes par le son proprequ’elles ont dans les syllabes où elle se trou-vent , en ajoutant seulement à ce son pro-pre celui de IV muet, qui est l’effet de l’im-pulsion de Pair nécessaire pour faire enten-dre la consonne ; par exemple , fi je veuxnommer la lettre B que j’ai observée dansles mots Babylone , Bibus, &c. je rappel-lerai be, comme on le prononce dans la der-niere syllabe de tombe , ou dans la premierede besoin.

Ainsi du d, que je nommerai de, commeon l’entend dans ronde ou dans demande.

Je ne dirai plus esse , je dirai se , commedans sera , étoffe ; je ne dirai plus elle , jedirai le ; enfin je ne dirai ni emme ni enne,j e dirai E, comme dans aime, & ne comme^ans sone ou dans bonne , ainsi des autres.

Cette pratique facilite extrêmement laiaison des consonnes avec les voyelles pouren faire des syllabes ,fe , a ,sa ,fe , re } i,fri ; ensorte qu 'épeler c’est lire. Cette mé-thode a été renouvellée de nos jours parMM. de Launay pere & fils, & par d’autresmaîtres habiles : les mouvemens que M.Dumas s"est donnés pendant fa vie pour éta-