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Tome neuvième.
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le vicariat de Pempire lui appartenoit àPexclusion du comte Palatin. D’un autrecôté l’électeurPalatin nouvellement rétabli,soutintquele vicariat ne dépendoit point dela dignité électorale, mais de celle de comtePalatin du Rhin , suivant l’ancien usage &la bulle d’or , chapitre v , où il est marquéexpressément que le comte Palatin du Rhinest vicaire de Pempire à cause de sa princi-pauté & du privilège, du comte Palatin. Ceprince en vertu du vicariat a pouvoir d’ad-minislrer la justice , de nommer aux béné-fices ecclésiastiques de recevoir les revenusde Pempire , d’investir des fiefs , & de sefaire prêter la foi & hommage de la part &au nom du saint empire. Ces fois & hom-mages cependant doivent être renouvellesau roi des Romains dès qu'il aura été élu :mais les fiefs des princes , & ceux qui sedonnent ordinairement avec Pétendard ,sont spécialement réservés à l’empereur seulou au roi des Romains ;&s’il vient à vaquerdes fiefs , le comte Palatin, comme vicairede Pempire, ne sauroit les aliéner pendantle temps de son administration. Telle est laloi de Pempire réglé par la bulle d’or , &le duc de Saxe jouit du même droit dansl’étendue de son vicariat ; car leurs dépar-temens font totalement séparés. Celui duPalatin s’étend le long du Rhin, & dans lesprovinces qui suivent le droit de Suabe oude Franconie ; mais le pouvoir du duc deSaxe n’a lieu que dans les endroits , terri,toires & principautés où le droit saxon estobservé.

Cependant le vicariat palatin a déjà souf-fert plusieurs difficultés ; d’abord après lamort de P empereur Ferdinand III , arrivéeen 1657 , sélecteur de Bavière disputa levicariat au Palatin. Ce dernier s’opposa auxprétentions de son compétiteur ; il y eutbeaucoup d’écrits publiés de part & d'autre,& tout se trouva partagé dans Pempire :mais dans sélection de Pempereur Françoisde Lorraine, il y eut une espece de partage,& chacun des deux électeurs usa de son droitdans une certaine étendue de pays , jusqu’àce que la diete de Pempire prononçât surce différend lorsqu’il seroit porté à sontribunal.

Des Princes de VEmpire. Après lesélecteurs vient le college des princes de

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! Pempire , plus étendu pour le nombre ;mais moins puissant que le college élec-toral , lequel avec Pempereur est à la têtedu corps germanique. Ainsi que les élec-teurs , ils font divisés en deux classes ;savoir , en ecclésiastiques & en séculiers.

Les premiers font aujourd’hui l’archevê-que de Saltzbourg , le plus distingué aprèsles trois archevêques électeurs de Pempire.Son revenu est très-considérable. Ilatrente-six chambellans , lesquels, comme ceux desélecteurs , portent la clé d’or à leur côté.II est primat de Germanie , & son cha-pitre est composé de vingt-quatre chanoinescapitulasses, qui ont droit d’élire leur arche-vêque , comme ils ont droit d’être élus. 11y a aussi des chanoines domiciliaires quideviennent capitulasses à leur tour suivantleur ancienneté. I,'archevêque de Saltzbourga un privilège particulier , que n’ont aucunsdes autres archevêques de Pempire ; ilnomme seul aux évêchés de Lavautz dansla basse - Carinthie , & de Chiemsée , pe-tite ville du cercle de Bavière. Aussi cesdeux évêques ne font pas princes de l’en>pire.

Bamberg siège ensuite au banc des prin-ces ecclésiastiques , comme premier évêquede Pempire ; il en est un des plus puissans ,& ne reconnoît que le pape pour supérieurau spirituel. Son chapitre est composé devingt chanoines capitulasses , qui ont droitd’élire & d’être élus. Ce prélat est souveraindans ses états ; il a pour vasseaux de quel-ques portions de leurs pays, les quatres élec-teurs , de Bohême , de Saxe , de Bavière ,& de Brandebourg.

. Wirtzbourg a un évêque qui prend letitre de duc de Franconie , quoique cetteprovince dépende de plusieurs princes sécu-liers. Lorsqu’il célébré la meste pontificale,ion grand-maréchal y assiste avec son épéesur l’épaule ; de-là est venu le proverbe enAllemagne , Herbipolis sola pugnat ense &Jlolâ. Vingt-quatre chanoines capitulassescomposent son chapitre ; & pour y êtreadmis il faut non-seulement faire preuve denoblesse, mais encore souffrir une céré-monie ridicule , qui est de paster entredeux rangées de chanoines, & de recevoirfur les épaules , à nud , des coups de vergesde la main de leurs confrères. On prétend