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port, sans qu’il y ait aucune proposition in-termédiaire à suppléer , nous disons que les
{ ,impositions de ce traité font rangées dans'ordre naturel.
Cette construction est encore appellée né-
CON
volonté , acte dont notre sens interne est af-fecté austì promptement que nos yeux le fontpar les différentes impressions singulières dela lumière. Ainsi je crois que si après la créa-tion, l’homme fût demeuré seul dans le
cejsaire , parce que c’est d’elle feule que les monde , il ne se seroit jamais avisé d’obser-autres constructions empruntent la propriété j ver dans fa pensée un sujet, un attribut, un
qu’elles ont de signifier , au point que si la 1 substantif, un adjectif, une conjonction ,construction nécejsaire ne pouvoit pas se re- í un adverbe . une narrimle névat-ivf» ctvtrouver dans les autres sortes dénonciations,
un adverbe , une particule négative, &c.
C’est ainsi que souvent nous ne faisonsconnoître nos sentimens intérieurs, que pardes gestes, des mi nés , des regards, des sou-pirs, des larmes, & par tous les autres signesqui font le langage des passons plutôt quecelui de Tintelligence. La pensée , tantqu’elle n'est que dans notre esprit, sans au-cun égard à l’énonciation , n’a besoin ni debouche , ni de langue , ni du son des sylla-bes ; elle n'est ni hébraïque, ni grecque , nilatine , ni barbare ; elle n’est qu’à nous :intks , in domicilio cogitationis , nec hct-brea , nec grceca , nec lacina , nec barbam.... stne oris & linguce organis ,Jìnestre-pitu styllabarum. S. August. cons es l. XI .c. iij.
Mais dès qu’il s'agit de faire connoîtreaux autres les affections ou pensées singu-sens total, & énoncer ensuite par la parole j Iieres , & pour ainsi dire , individuelles dece que l’on a conçu. ! l’intelligence , nous ne pouvons produire
L’homme est un être vivant, capable de ] cet effet qu’en faisant en détail des impres-sentir , de penser , de connoître, d’imagi- î fions , ou fur l’organe de louie par des sonsner , de juger , de vouloir , de so restòuve-j dont les autres hommes connoissent commenir , <&c, Les actes particuliers de ces facul- ; nous la destination , ou sor l’organe de latés se font en nous d’une maniéré qui ne j vue, en exposant à leurs yeux par récriture,nous est pas plus connue que la cause du j les signes convenus de ces mêmes sons
celles-ci n’exiteroient aucun sens dans l’es- jprit , ou n’y exciteroient pas celui qu’onvouloit y faire naître ; c’est ce que nous fe-rons voir bientôt plus sensiblement.
II 0 . La seconde sorte de construction ,est la construction figurée.
111°. Enfin , la troisième est celle où lesmots ne sont ni tous arrangés suivant l’or-dre de la constructionstmple, ni tous dispo-sés selon la construction figurée. Cette troi-sième sorte d’arrangement est le plus enusage ; c’est pourquoi je l’appelle construc-tion usuelle.
i°. De la construction stmple. Pour biencomprendre ce que j’entends par constructionstmple & nécejsaire , il faut observer qu’il ya bien de la différence entre concevoir un
mouvement du cœur, ou de celui des pies& des mains. Nous savons par sentiment in-térieur , que chaque acte particulier de lafaculté de penser , ou chaque pensée singu-lière est excitée en nous en un instant, fansdivision , & par une simple affection inté-rieure de nous-mêmes. C’est une vérité dontnous pouvons aisément nous convaincre parnotre propre expérience , & sor-tout ennous rappeîîant ce qui se pastoit en nousdans les premieres années de notre enfance :avant que nous euffions fait un assez grandeprovision de mots pour énoncer nos pensées,les mots nous manquoient , & nous ne lais-sions pas de penser , de sentir , d’imaginer,de concevoir & de juger. C’est ainsi quenous voulons par un acte simple de notre
or
pour exciter ces impressions, nous sommescontrains de donner à notre- pensée de dé-tendue , pour ainsi dire , & des parties, afínde la faire passer dans Pefprit des autres ,où elle ne peut s’introduire que par leurssens.
Ces parties que nous donnons ainsi à notrepensée par la nécessité de l’élocution , de-viennent ensuite l’original des signes dontnous nous servons dans l’usage de la parole - ,ainsi nous divisons , nous analysons, commepar instinct notre pensée; nous en rassemblonstoutes les parties selon Tordre de leurs rap-ports ; nous lions ces parties à des signes :ce sont les mots dont nous nous servons en-suite, pour en affecter les sens de ceux à quinous voulons communiquer notre pensée.
Ainsi