CON
dant on trouve cette préposition avec l'a-blatif dans les meilleurs auteurs, multisante annis.
2°. Selon la pratique ordinaire , quandle nom de la personne ou celui de la choseest le sujet de la proposition , ce nom estau nominatif. II faut bien en effet nom-mer la personne ou la chose dont on juge ,afin qu on puisse entendre ce qu’on en dit.Cependant on trouve des phrases fans nomi-natif ; & ce qui est plus irrégulier encore ,c’est que le mot qui, selon la réglé, devroitêtre au nominatif, se trouve au contraireen un cas oblique : pœnitet me peccati ,je me répens de mon péché ; le verbe estici à la troisième personne en latin , & à lapremiere en ffançois.
Qu’il me soit permis de comparer laconstruction Jimple au droit commun , & lafigurée au droit privilégié. Les jurisconsulteshabiles ramènent les privilèges aux loissupérieures du droit commun , & regardentcomme des abus que les légistateurs de-vroient réformer , les privilèges qui nesauroient être réduits à ces lois.
II en est de même des phrases de la cons-truction figurée \ elles doivent toutes êtrerapportées aux lois générales du discours ,en tant qu’il est signe de l’analyse des .pen-sées & des différentes vues de l’esprit. C’estune opération que le peuple fait par senti-ment ; puisqu’il entend le sens de ces phra-ses. Mais le grammairien philosophe doitpénétrer le mystère de leur irrégularité , &faire voir que malgré le masque qu’ellesportent de l’anomalie , elles sont pourtantanalogues à la construction simple.
C’est ce que nous tâcherons de fairevoir dans les exemples que nous venonsde rapporter. Mais pour procéder avecplus de clarté , il faut observer qu’il y asix sortes de figures qui sont d’un grandusage dans Pespece de construction dontnous parlons , & auxquelles on peut réduiretoutes les autres.
i°. L’ellipse , c’est-à-dire manquement,défaut, suppression ; ce qui arrive lorsquequelque mot nécessaire pour réduire laphrase à la construction Jimple , n’est pasexprimé ; cependant ce mot est la feulecause de la modification d’un autre mot dela phrase. P, ex. ne sus Minervam j Miner-
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vam n’est à P accusatif, que parcs que ceuxqui entendent le sens de ce proverbe serappellent aisément dans l’esprit le verbedoceat. Cicéron l’a exprimé (Cic. acad. z,c.jv.st; ainsi le sens est fus non doceatMinervam , qu’un cochon, qu’une bête ,qu’un ignorant ne s’avise pas de vouloirdonner des leçons à Minerve, déesse de lascience & des beaux-arts. Triste lupussta-bulis } c’est-à-dire lupus est negotium tristestabulis. A d Cafioris, supplée ad ccdemou ad templum Caftoris. Sanctius & lesautres anaíogistes ont recueilli un grandnombre d’exemples où cette figure est enusage : mais comme les auteurs latins em-ploient souvent cette figure , & que lalangue latine est pour ainsi dire toute ellip-tique , il n’est pas possible de rapportertoutes les occasions où cette figure peutavoir lieu ; peut-être même n’y a-t-il aucunmot latin qui ne soit sous-entendu en quel-que phrase. Vulcani item complures , sup-pléez fuerunt , primus cœlo natus , ex quoMinerva Appollinem , où l’on sous-entendpeperit (Cic. de nat. deor. liv. IIJ, c. xxij .)& dans Térence (Eunuc. act. /, sc. Ist > egone illam ? quce illum ? quce me ? quce non ?Sur quoi Donat observe que l’usage de P el-lipse est fréquent dans la colere , & qu’ici lesens est , ego ne illam non ulciscar ? quceillum recepit ? quce exclufit me ? quce nonadmifit ? Priseien remplit ces ellipses dela maniéré suivante : ego ne illam dignoradventu meo ? quce illum prccposuit mihi ?qitœ me sprevit ? quce nonsuscepit heri ?Quoi j’irois la voir , elle qui a préféréThrason, elle qui m’a hier fermé la porte ?
II est indifférent que Pellipse soit rem-plie par tel ou tel mot, pourvu que le sensindiqué par les adjoints & par les circons-tances soit rendu.
Ces sous-ententes , dit M. Patru f notesfuries remarques de Vaugelas , tome. I ,page 2.91, édit. de t J 38 st font fréquentesen notre langue comme en toutes les autres.Cependant elles y sont bien moins ordinai-res qu’elles ne le sont dans les langues quiont des cas ; parcs que dans celles-ci lerapport du mot exprimé avec le mot sous-entendu , est indiqué par une terminaisonrelative ; au lieu qu’en françois & dans leslangues dont les .mots gardent toujours