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Tome neuvième.
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CON

les individus dont on parle ; quelques-unsde ces savans.

II en est de même de ces phrases, du pain6? de l’eausuffisent , donne-moi du pain &de Veau , &c. c’est-a-dire quelque chose de,une portion de, ou du,&cc. II y a, dans cesfaçons de parler , syllepse & ellipse : il y asyllepse , puisqu’on fait la conftruclion selonle sens que l’on a dans l’esprit, comme nousle dirons bientôt : & st y a ellipse, c’est-à-dire suppression , manquement de quelquesmots , dont la valeur ou le sens est dansPesprit. L’empressement que nous avons àénoncer notre pensée , & à savoir celle deceux qui nous parlent, est la cause de la sup-pression de bien des mots qui seroient ex-primés , fi l’on suivoit exactement le dé-tail de l’analyse énonciative des pensées.

3 0 . Multis ante annis. 11 y a encore iciune ellipse : ante n’est pas le corrélatif deannis y car on veut dire que le fait dont ils’agit s’est passé dans un temps qui est bienantérieur au temps où l’on parle : illudfuitcésium in annis multis ante hoc tempus.Voici un exemple de Cicéron , dans l’orai-l'on pro L. Corn. Balbo , qui justifie biencette explication : Hospitium , multis annisante hoc tempus , Gaditani cum LucioCornelio Balbo fecerant , où vous voyezque la conftruclion selon P ordre de Panalyseénonciative,est Gaditanifecerunthospitiumcum Lucio Cornelio Balbo in multis annisante hoc tempus.

4°. Pcenitetme peccati , je me répens depéché. Voilà fans doute une propofition enlatin & en françois. II doit donc y avoir unsujet & un attribut exprimé ou sous-entendu.J’apperçois Pattribut, car je vois le verbepcenitet me y Pattribut commence toujourspar le verbe, & ici pcenitet me est tout Pat-tribut. Cherchons le sujet : je ne vois d’au-tre mot que peccati y mais ce mot étant augénitif, ne sauroit être le sujet de la propo-fition ; puisque selon l’analogie de la cons-truclion ordinaire, le génitif est un cas obli-que qui ne sert qu’à déterminer un nom d’es-pece. Quel est ce nom que peccati détermine?Le fond de la pensée & l’imitation doiventnous aider à le trouver. Commençons parl’imitation. Plante fait dire à une jeune ma-riée (Stick. acl, I,sc.j, v. 5 o.), C me qui-dem hac.cmditio nunc non pcenitet. Cette

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condition \ c’est-à-dire ce mariage ne mefait point de peine , ne m’affecte pas de ré-pentir ; je ne me répens point d’avoir épouséle mari que mon pere m’a donné : où vousvoyez que conditio est le nominatif de pae-nitet. Et Cicéron , sapientis eft proprium ,nihil quodpaenitere poffit, facere f Tusc.liv. V, c. 0.8.J c’est-à-dire non facerehilum quod poffit pcenitere sapientem eftproprium sapientis y où voyez que quod estle nominatif de poffit pcenitere : rien quipuislè affecter le sage de repentir. Accius( apud Gall. n. A, l. XIII, c. ij.J dit que,ne que idsane me pcenitet y cela ne m’affectepoint de repentir.

Voici encore un autre exemple : Si vousaviez eu un peu plus de déférence pour mesavis, dit Cicéron à son frere ; fi vous aviezsacrifié quelques bons mots , quelques plai-santeries, nous n’aurions pas lieu aujourd’huide nous répentir : Si apud te plus autoritasmea , quam dicendi sal facetiœque valuis-set, nihil fane effet quod nos pcenitere t y iln’y auroitrien qui nous affectât de répentir.Cic. ad Quint. Fratr. l.I, ep. ij.

Souvent, dit Faber dans son trésor , aumot pcenitet, les anciens ont donné un no-minatif à ce verbe : veteres & cum nomina-tive eopularunt.

Poursuivons notre analogie. Cicéron adit, confcientia peccatorum timoré nocen-tes afficit ( Parad. V. ) ; & Parad. II. tucelibines torquentte , conscientice maleficio -rum tuorum stimulant te; vos remords voustourmentent : & ailleurs on trouve conf-cientia scelerum improbosin morte vexât yà l’article de la mort les méchans font tour-mentés par leur propre conscience.

Je dirai donc par analogie, par imitation,confcientia peccati pcenitet me , c’est-à-direafficit me pceita y comme Cicéron a dit,afficit timoré , jlimulat, vexât, torquet,mordet y le remords , le souvenir , la pen-sée de ma faute m’affecte de peine , maffii-’ge , me tourmente ; je rn’en afflige , jem’eìipeine, je m’en répens. Notreverbe repertd'test formé de la préposition inséparable, re ,rétro, & de peine , se peiner du passé :Nicot écrit se pèner de y ainsi se répentir sc'efts’affliger , se punir soi-même de y que mpcenitet y is ,dolendo, ase, quasi peenamsuce,temeritatis exigit, Martinius- V. Fa ni te t-