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Tome neuvième.
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aucune demande sans la consultation parécrit de Pavocat qui leur a été nommé pourconseil.

Les anciennes ordonnances distinguentles avocats en trois classes j savoir les avocatsconseillers, confiliarii , c’est-à-dire con-sultans ; les avocats plaidans & les avocatsécoutans, qui font les j eunes avocats : cettedistinction suppose qu’il n’y avoit autrefoisque les anciens avocats qui euílènt droit dedonner des consultations. Cette qualitéà'ancien s’acquéroit autrefois au bout dedix ans ; présentement il faut vingt anneesd’exercice. II est constant que les anciensavocats sont,communément plus propres a laconsultation que les jeunes, parce qu ils onteu le temps d’acquérir plus de connoiffitnce& d’expérience dans les affaires. Austi lesordonnances qui requièrent une consulta-tion , veulent-elles qu’elle soit signee dedeux anciens avocats. Dans toute autre ma-tière il est libre de consulter ou de ne pasconsulter , & de s’adreffer à tel avocat quel’on juge à propos , ancien ou jeune.

Les consultations se font verbalement oupar écrit : celles qui se donnent par écrit ,commencent ordinairement par ces mots :Le conseil soussigné qui a vu le mémoire &les piecesy jointes , &c. efi d’avis , &c.elles finissent ordinairement par ces mots :L!élibéré à tel endroit 5 ensuite la date &la signature des consultans. 11 n’y a cepen-dant pas de forme essentielle ; chacun peutles rédiger comme bon lui semble.

Avant de s’embarquer dans une affaire ,il est bon de commencer par consulter , &de ne pas imiter ces plaideurs téméraires& obstinés, qui ne consultent que pourchercher des moyens de soutenir une causedésespérée. II faut consulter un homme sage& expérimenté, qui ne soit pas un simple pra-ticien , mais qui ait un fond de principes ;quiécoute avec attention & avec modération cequ’on lui expose, & les raisons qu’on alléguépour combattre les siennes ; qui ne soit ni in-décis ni trop'entreprenant; qui ne se détermi-ne ni par humeur ni par vivacité, mais par desraisons solides , & avec beaucoup de cir-conspection ;qui ne soutienne point son avisavec trop de chaleur ni par entêtement, oupaf un faux point cf honneur : mais il faut«jue ce soit par dçs réflexions judicieuses &

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qu’il fasse gloire de se réformer, si on luifait voir qu’il est dans l’erreur, commecela peut quelquefois arriver aux plus habi-les gens.

On peut consulter plusieurs avocats en-semble ou séparément. Quelques-uns pré-fèrent de les consulter chacun en particu-lier , pensant par-là tirer d’eux plus de lu-mières , & que les avis séparés font pluslibres ; que dans une assemblée de consul-tans , il s’en trouve quelquefois un qui a del’afcendant fur l’esprit des autres , & quileur impose ; & que les autres n’ayant pas lafermeté de lui résister , adoptent son avispar condescendance ; ce que l’on appellevulgairement des consultations moutonniè-res. II est certain que quand chacun rédigeséparément son avis par écrit, on trouvecommunément dans ces différentes consul-tations , une plus grande abondance d’idées,qu’iís n’y en auroit dans une feule & mêmerédaction. Cependant si l’on a l’attention dechoisir plusieurs consultans d’égale force ,& pour rédacteur un avocat vif & pénétrant,qui ne laisse rien échapper , cette voie pa-roît la plus sûre pour avoir une bonne con-sultation , & plus propre à se déterminer ;parce que les différens consultans, discutantensemble les raisons que chacun d’eux pro-pose , elles font communément bien mieuxdébattues que par un seul ; & tel qui a donnéson avis tout seul, auroit quelquefois étéd’un avis opposé , s’il eût prévu les raisonsqui ont déterminé l’autre : plus vident oculìquam oculus.

Lorsque plusieurs avocats concourent pourune même consultation , c’est le plus jeunequi fait le rapport du fait & des pieces , &qui est chargé de rédiger la consultation ;il la signe le premier comme rédacteur, ëcla présente ensuite à signer à ses anciens ;ce qui se fait ordinairement par ordre dematricule : cependant cela ne s’observe pastoujours exactement,

Les consultations par écrit font mises leplus souvent ensuite du mémoire à con-sulter , & en ce cas elles font relatives aumémoire pour les pieces & les faits qui yfbntì énoncés. Lorsque la consultation est ré-digée séparément du mémoire , il est à-pro-pos de faire mention en tête des mémoires& pieces qui ont été communiqués : & cela

F fi.