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Tome neuvième.
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est nécessaire pour recevoir dignement lesacrement de pénitence. C’est ce que lesanciens scholastiques ont exprimé par cettedéfinition rapportée dans S. Thomas , part.III. qu est. j. art. i. in corpor. Contritio estdolor de peccato afsumptus , cumpropojìtoconfitendi & satisfacunii.

Luther s'est étrangement écarté de cesnotions , quand il a réduit la pénitence àcette maxime , optima pœnitentia novavìta. II prenoit la partie pour le tout ; &selon lui, nulle contrition pour le passé ,nulle nécessité de s’accuser de sa faute. IIétoit aisé de lui opposer une foule d’auto-rités , & entr’autres , ces paroles de SaintAugustin à Sévere , Ep. 63. Quasi non do-leiida fint qucemah gesta sunt,etiamjiquan-tum pojsunt , poftea corrigantur. Et celles-ci dumêmepere, serm. 3Ç1 .Nonsufficitmores in melius mutare Ù à faclis malisrecedere , nifi etiam de lus quœ facla sunt ,satisfiat perpcenitentiœ dolorem, per humi-litatis gemitum y per contriti cordis facri-ficium. Le concile de Trente, sejs. 1 4.canon v. a condamné expressément cetteerreur de Luther.

Les conditions ou propriétés de la con-trition en général font qu’elle soit libre ,surnaturelle, vraie & sincere , vive & véhé-mente.

Elle doit être libre ; c’est un acte de lavolonté, & non un sentiment extorqué parles remords de la conscience , comme l’aenseigné Luther, qui a prétendu que lacrainte des peines éternelles & la contrition ,loin de disposer l’homme à la grâce, ne ser-voient qu’à le rendre hypocrite & pécheurde plus en plus : doctrine affreuse réprou-vée par le concile de Trente , ses'. 1 4.canon. v.

Elle doit être surnaturelle , tant à raisonde la grâce , sans le secours de laquelle onne peut avoir de véritable contrition de sespéchés , qu’à raison du motif qui l’excite.Quelques casuistes relâchés ayant avancé queVattrition conçue par un motif naturel,pourvu qu il soit honnête , suffit dans lesacrement de pénitence , Paffemblée géné-rale du clergé de France en 1700 , censuracette proposition comme hérétique.

La contrition doit être vraie & sincere :iine contrition fausse, mais qu’on croirait

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vraie , ne seroit nullement suffisante , nipour recevoir la grâce du sacrement, nipour recevoir le sacrement même.

Enfin elle doit être vive & véhémentesoit quant à l’appréciation , c’est-à-dire ,quant à la disposition du cœur , de préférerDieu à tout, & d’aímer mieux mourir quede l’offenfer ; soit quant à l’intention ou àla vivacité du sentiment qui porte l’amevers Dieu & qui l’éloigne du péché ; foiequant à l’extension ou à l’universalité : carla contrition , pour être bonne , doit s’é-tendre à tous les péchés qu’on a commis ,fans en excepter aucun.

La contrition est nécessaire pour le pé-ché elle est de précepte. Mais quand ceprécepte oblige-t-il ? C’est un point fur le-quel l’églife n’a rien décidé. Le sentimentle plus sûr dans la pratique , est qu’il fautdétester le péché dès qu’on l’a commis , &s’en purifier le plutôt qu’il est possible parlesacrement de pénitence.

Voilà ce que la plus faine partie des théo-logiens enseigne sur la contrition en géné-ral ; & il n’y a guere de partage d’opinionsà cet égard , si ce n’est de la part des au-teurs relâchés, dont les opinions ne fontpas loi.

Tous les théologiens distinguent encoredeux fortes de contrition ; l’unequ’ils appel-lent parfaite , & qui retient le nom de con-trition ; l’autre imparfaite , & qu’ils nom-ment attrition.

La contrition parfaite est celle qui estconçue par le motif de l’amour de Dieu oude la charité proprement dite ; & elle suffitpour réconcilier le pécheur avec Dieu ,même avant la réception actuelle du sacre-ment de pénitence , mais toujours avecle vœu ou le désir de recevoir ce sacrement ;vœu ou désir que renferme la contrition par-faite. Ce sont les termes du concile deTrente , sejs. z 4. ch. jv.

Selon le même concile , Vattrition ou lacontrition imparfaite est une douleur &une détestation du péché , conçue par laconsidération de la laideur du péché, ou parla crainte des peines de l’enfer ; & le conciledéclare que si elle exclut la volonté de pé-cher , & si elle renferme l’espérance du par-don, non-seulement elle ne rend point l’hom-inp hypoyite & plus pécheur qu’il n’étoit