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Tome neuvième.
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continuellement dans la crainte & dans letremblement. Les autres , outre cet amourde charité , en admettent un autre qu’ils luisubordonnent, & qu’ils nomment amourd’espérance ou amour de concupiscence. Lepremier, disent-ils , nous fait aimer Dieupour lui-même ; le second nous le fait aimerpour notrà propre bonheur , que nous netrouvons , il est vrai, que dans la jouissancede cet être suprême : íe premier , selon cesthéologiens , tire de la noblesse de son mo-tif la perfection qu’il communique à la con-trition , & qui la rend justifiante , fans lesecours du sacrement : le second au con-traire anime Pattrition & opéré avec lesacrement.

On a accusé M. Tournely & M. Lan-guet , archevêque de Sens, d’avoir ima-giné cette distinction des deux amours.Mais on en trouve des traces assez fortes dansS. Thomas, dont voici les paroles. Secondase c un d X quest. 17. Spes & omnis appetiti-

vus motus ex amore derivatur . amor

autem quidam efl perfeclus ; quidam im-perfeclus. Perfeclus quidem amor efl quo

aliquis secundàm se amatur . Imper-

feclus amor est quo quis aliquid amat nonsecundàm ipsum , se d ut illud bonumfibiproveniatyficut homo amat rem quam con-cupiscit. Primus autem amor pertinet adcharitatem quee inhœret Deo secundum seipsum. Sed spes pertinet ad secundum amo-rem > quia ille qui speratfibi aliquid obti-riere intendiu Et ideo in viâ generationisspes efl prior charitate. ..... Spes intro-ducitad charitatem y in quantum aliquisfperans remunerari à Deo , accenditur adamandum Deum Ùservandum prceceptumejus.

Ce système n'est donc pas d’imagînation ;îl est fondé. Mais voici probablement l’a-vantage qu’en ont voulu tirer le profes-seur de Sorbonne & Parchevêque de Sens ,pour la consolation des âmes timorées. Ilsmarchoient entre deux écueils : d’un côtéle concile de Trente a reconnu que la con-trition est parfaite , quand elle est animéepar la charité proprement dite ; d’un autreil exige , austì-bien que le clergé de Franceassemblé en 1700, que ceux qui fe disposentà recevoir les facremens, & fur-tout celuide pénitence, commencent à aimer Dieu

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comme source de toute juflice. II faut doncpour Pattrition un amour distingué de lacharité proprement dite , qui est le motifspécifique de la contrition parfaite. Or, l’a-mour d’efpérance est un véritable amour dis-tingué de la charité proprement dite : doncil peut constituer Pattrition ; & cela d’au-tant mieux qu’en s’éloignant par-là du rigo-risme qui exige la contrition parfaite , ilss’écartoient également du relâchement quine demande nul amour ; car les cafuistes re-âchés ayant avancé cette proposition : At-tritio ex gehennœ metu sufseit etiam sineullâ Dei dileclione , l’assemblée du clergéde 1700 déclare : Neque vero satis adim—pleri potefl utriquesacramento necessariumvitœ novae inchoandce ac servandi mandatadivina propofitum , si pœnitens primi acmaximi mandati , quo Deus 'toto corde di-ligitur 3 nullam curam gérât. Le clergéexige donc austt quelque amour : mais est-ceun amour de charité proprement dite, est-ce un amour d’efpérance ? C’est ce que ni leconcile ni le clergé de France ne décide ;& il me semble que dans une pareille indé-cision , des théologiens qui proposent unsentiment probable & éloigné des excès,font beaucoup moins suspects que ceuxqui, par prévention pour la doctrine outréeou relâchée , demandent pour la réceptiondu sacrement des dispositions angéliques ,ou fe contentent d’en admettre de pure-ment humaines.

Passons maintenant au sentiment quidonne l’exclusion à l’amour, dans Pattritionmême qu’on prétend suffisante dans le sa-crement de pénitence. Suarez , Comitolus& Sanchez ont reconnu que cette opinionn’étoit ni fort ancienne , ni fort commune ;mais elle a acquis depuis de nombreux par-tisans , entr’autres Filiutius, Azor , Tam-bourin , les PP. Pinthereau & Antoine Sir-mond. Nous n’entrerons point à cot égarddans le détail des preuves & des raisonsqu’ils ont employées ; on peut les voir dansles Provinciales & dans les notes de W en-drock , ou mieux encore dans les écrits deces cafuistes. Nous ne rapporterons qu’unargument des attritionnaires , que nous ré-futerons par un raisonnement fort simple..

Si pour obtenir le pardon de nos fautes ,disent-ils, il nous est commandé d’aimer

Dieu.