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Tome neuvième.
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Justice & au gouvernement de Pécat en gé-

néral.

Pour juger encore mieux de l’importancede cette place , & avoir une juste idée deses fonctions, il est nécessaire de remontermëme au-delà de son premier établislêment;d’expliquer quels étoient anciennementchez les Romains & en France, les diversofficiers dont le contrôleur général réunitles fonctions, & les changemens qui fontarrivés dans l’état de cette place.

Jusqu’à l’empire d’Auguíte , la recette &l’administration des finances étoient con-fiées à des questeurs appelles qucefiores cera-rii , qui furent d’abord choisis entre les sé-nateurs. Le nombre de ces officiers s’étantdans la fuite beaucoup accru , on surnommaurbani les deux qui étoient de la premierecréation ; d’autres provinciales, parcequ’on leur donnoit le gouvernement dequelque province; d’autresnnUrer,parcequ’ils accompagnèrent les consuls à l’armée.

Les uns & les autres étoient encore char-gés de différentes fonctions ; telles que l’inf-peAion des monnoies, la connoistânce des«rimes & des confiscations ; la garde desregistres publics & des arrêts d u sénat ; lesoin de loger les ambassadeurs & de les re-conduire hors de la ville j enfin cette placeembrasioit tant de fonctions importantes ,qu’elle conduisoit aux premieres dignités del’état.

Ils avoient près d'eux des scribes ou con-trôleurs des finances que l’on choisissoit entreles personnes d’une fidélité reconnue , telle-ment que ceux mêmes qui avoient été con-suls tenoient à honneur de remplir cetteplace.

Du temps de Néron, on ôta aux questeursla garde du trésor public & des registres ,pour la donner à des préfets qui avoient étépréteurs. On appeila le préfet du trésor oudes finances prcejeclus cerarii ; il y en avoirun particulier pour les vivres , appellé prce-fiechis annonce.

Sous Constantin & ses succestèurs , lespréfets prirent, comme tous les autres of-ficiers oei'empire, le titre de comités , d’oùl’on a fait en notre langue celui de comte :il y en avoir trois pont les finances.

Le premier & le plus considérable quiavoir le. titre de cornes Jacrarum largitio-

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nufrí , étoit le gardien des deniers publics ,

& le dispensateur des libéralités que leprince faisoit sur ces deniers.

Le second appellé cornes rerum privata-rum , avoir soin des biens particuliers duprince , c’est-à-dire qui lui étoient propres,

& qui pastòient à ses enfans par succes-sion.

Le troisième enfin appellé cornes fiacripatrimonii , avoir la surintendance des re-venus que l’état donnoit à l’empereur pourl’entretien de fa maison , & pour soutenird’une maniéré convenable la dignité impé-riale. Voye\ Varticle Comte.

Le gouvernement des finances étoit ainsidistribué chez les Romains , lorsque nosRois jeterent les fondemens de la monarchieFrançoise; ils n’établirent pour les financesaucuns officiers fous les titres de quefteurs ,ni de préfets ou comtes ; mais comme lesempereurs avoient pour le gouvernementde leur maison un premier officier appellémagister palatii , les Rois de la premierej & de la seconde race établirent à leur imi-i ration un maire du palais , lequel réunis-sait en fa personne la surintendance desarmes, celle de la justice, &; celle desfinances.

II avoit fous lui pour la garde du trésor,c’est-à-dire des revenus du domaine , untrésorier royal dont il est fait mention,dans Grégoire de Tours , lib. J.

Au commencement de la troisième race ^la dignité de maire du palais fut supprimée,& fa fonction partagée entre trois différensofficiers. Le connétable eut ìe commande-ment des armes, le chancelier la surinten-dance de la justice , & le trésorier celledu trésor ou domaine qui fbrmoit alors lsprincipal revenu du Roi.

II y eut un temps que íe trésor du Roiétoit déposé au temple où plusieurs de nosRois fàifoient leur demeure , entr’autresPhilippe-3e~Bel. La garde du trésor étoiealors confiée à un des chevaliers templiers ,qui fe qualífioit trésorier du Roi au temple .

11 n’y avoit d’abord qu’un seul trésorierdu F or : dans la fuite il en fut établi un se-cond , puis un troisième , & par successionde temps le nombre en fut encore augmenté.

Celui qui étoit au-dessus des trésoriers, s’appelloit le souverain des trésoriers»