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Tome neuvième.
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en bonne part ; convaincre se prend quel-quefois en mauvaise part ; je ïmspersuadeàevotre amitié, & bien convaincu de sa haine.

On persuade à quelqu’un de faire unechose , on le convainc de savoir faite ;mais dans ce dernier cas , convaincre nese prend jamais qu’en mauvaise part ; cetassassin a été convaincu de son crime ; lesscélérats avec qui il vivoit lui avoient per-suadé de le commettre.

CONVAINCU, adj. (Jurispr.) En ma-tière criminelle , quand il y a preuve suffi-sante contre un accusé , le juge le déclareduement atteint & convaincu du crimequ’on lui impute. Ce íîyle paroît assez bi-sarre en effet ; c’est plutôt le juge qui estconvaincu du crime , que non pas l’accusé,lequel dénie ordinairemenr le crime. Quandil en seroit intérieurement convaincu , onne peut pas l’astùrer , parce qu’il ne le ma-nifeste pas extérieurement. È arrive mêmequelquefois, mais rarement, que des in-nocens font condamnés comme coupables ,soit fur de fausses dépositions , ou fur desindices trompeurs. II est bien certain , dansce cas , que l’accusé n’est point convaincuintérieurement du crime. Il semble doncque la forme de déclarer un accusé atteint& convaincu , ne conviendroit que dans lecas où il avoue le crime , & que quand il lenie , on devroit seulement le réputer cou-pable ; cependant on ne fait aucune distinc-tion à cet égard , & l’usage a prévalu. (A)CONVALESCENCE, s. f. (Médec.)recouvrement insensible de la santé.

. C’est l’état dans lequel, après la guérisond’une maladie, le corps qui en a été consumén’est pas encore rétabli, mais commence àreprendre ses forces ; alors il n’a point en-core acquis l’entiere faculté : l’aisance , lapromptitude de ses fonctions naturelles , lesesprits nécessaires manquent, il faut dutemps pour leur élaboration ; la matièrequi les produit ne peut y être rendue propreque par le secours lent des actions naturel-les & animales. Les alimens faurnistent lamatière de la réproduction de ces esprits :mais comme le ton des viscères est affoibli,la nature n’est pas assez forte pour la diges-tion qui fatigue les organes chylopoïtiques ;une légere sueur par tout le corps en est lapreuve, & le moindre excès en ce genre

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suffit quelquefois pour causer des rechutesdangereuses. L’image d’un convalescent estune bougie dont la lumière se ranime , lemême degré de vent l’éteint beaucoup plusaisément que quand elle est bien allumée.

Les remedes convenables pour procurerdans cette position le parfait retour de lalanté , font de ne se point impatienter , den’avoir que des idées douces & agréables ,de choisir une nourriture facile à digérer ,d’en user en petite quantité & souvent, derespirer un air pur, d’employer les fric-tions , l’exercice modéré, sur-tout celuidu cheval, les stomachiques & les corro-borant Les facultés de l’ame qui s’étoientéclipsées dans la maladie , reparaissent dansla convalescence. Bientôt après les yeuxreprennent leur vivacité , les joues leur co-loris , les jambes la facilité de leurs mouve-mens ; pour lors il’n’est déjà plus questionde convalescence : la santé où la nature ten-doit d’elle-même ; la santé, dis-je , quiconsiste dans l’exercice agréable & facile detoutes les actions corporelles , a succédé.Ainsi la convalescence est à la santé ce quel’aurore est au jour ; elle l’annonce. Articlede M. le Chevalier DE JAUCOURT.

* CONVENABLE , adj. ( Grammaire& Morale ) /'observerai d’abord que con-venance n’est point le substantif de conve-nable , si l’on consulte les idées attachées àces mots. La convenance est entre les cho-ses , le convenable est dans les actions. II y atelle maniéré de s’ajuster qui n’est pas con-venable à un ecclésiastique : on se chargesouvent d’une commission qui n’est pas con-venable au rang qu’on occupe ; ce n’est pasaííèz qu’une récompense soit proportion-née au service , il faut encore qu’elle soitconvenable à la personne. Le convenableconsiste souvent dans la conformité de faconduite avec les usages établis & les opi-nions reçues. C’est , s’il est permis de s’ex-primer ainsi , l 'honnête arbitraire. Voje\Convenance , Décence , Honnête ,Vertu.

CONVENABLE, (Beaux-Arts.) Cettequalité exprime dans les êtres moraux , lerapport qui doit régner entre leurs pro-priétés essentielles , & ce qu’ils ont d’accesifoire. Dans tout ouvrage de goût, ce rap-port de convenance entre les parties essen-tielles