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Tome neuvième.
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minutieux ï tout est comme il doit être.C’est-là, sans contredit, une des grandes per-fections de l’art. C’est peut-être auíîl unedes plus rares, parce qu’un jugement exquisest encore moins commun qu’un génie subli-me : austi ne voit-on guere de productionsde l’art où l’exacte convenance soit rigou-reusement observée à tous égards. ( Cet ar-ticle efi tiré de la Théorie générale: 4?sB eaux-Arts de M. S ulzeji).

CONVENANCE , f. f. ( Gramm. f &Morale. ) Avant que de donner la défi-nition de ce mot, il ne sera pas hors depropos de Rappliquer à quelques exemplesqui nous aident à en déterminer la notion.S’il est question d’un mariage projetté , ondit qu’iì y a de la convenance entre les par-tis, lorsqu’il n’y a pas de disparates entre lesâges , que les fortunes sc rapprochent, queles naissances sont égales ; plus vous multi-rplierez ces sortes de rapports , en les éten-dant au tempérament,à la figure, au carac-tère , plus vous augmenterez la convenance.On dit d’un homme qui a raísemblé chez luides convives , qu’il a gardé les convenancess’il a consulté Page , l’çtat, les humeurs &les goûts des personnes invitées ; & plus ilaura rassemblé de ces conditions qui met-tent les hommes à leur aise , mieux il auraentendu les convenances. En cent occasionsles raisons de convenance sont les feulesqu’on ait de penser & d’agir d’une maniéréplutôt que d’une autre ; & si l’on entre dansle détail de ces raisons, on trouvera que cesont des égards pour fa santé , son état, safortune", son humeur, son goût, ses liaisons,&c. La vertu, la raison, l’équité , la décen-ce , l’honnêteté , la bienséance , sont doncautre chose que la convenance. La bien-séance & la convenance ne se rapprochentque dans le cas où l’on dit, cela étoit d fabienséance ; ils’en efi emparé par raison deconvenance. D’où l’on voit que la conve-nance est souvent pour les grands & les sou-verains un principe d’injustice , & pour lespetits le motifde plusieurs sottises. En effet,y a-t-il dans les alliances quelque circons-tance qu’on pèse davantage que la conve-nance des fortunes ? cependant qu’a demieux à faire un honnête-homme qui a desrichesses, que de les partager avec uneierpmç qui n’a que de la vertu, des taleus,

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& des charmes ? De tout ce qui précede ils’ensuit que la convenance consiste dans desconsidérations , tantôt raisonnables , tantôtridicules, sor lesquelles les hommes sontpersoadés que ce qui leur manque & qu’ilsrecherchent, leur rendra plus douce oumoins onéreuse la possession de ce qu’ils ont.Voye\ les articles Vertu, HONNÊTE-TÉ , Décence , &c.

Convenances , f. f. pluriel, ( Belles-Lettres , Poéfie, ) C’est peu de se demanderen écrivant, quels sont les effets que jeveux produire ? il faut se demander encore :quelle est la trempe des âmes fur lesquellesj ai dessein d’agir ? II y a dans les objets dela poésie & de i’éloquence des beautés loca-les & des beautés universelles. Les beautéslocales tiennent aux opinions , eux mœurs ,aux usages des différons peuples ; les beautésuniverselles répondent aux lois , au dessein,aux procédés de la nature , & sont indépen-dantes de toute institution,

Les peintures physiques d’Homere sontbelles a '«jourd’hui comme elles l’étoient il ya trois mille ans : le dessein méme de ses.caractères, l’art , le génie avec lequel il lesvarie & les oppose , enlèvent encore notreadministration : rien de tout cela n’a vieillini changé. II en est de même des pérorai-sons de Cicéron & des grands traits de Dé-mosthenq ; mais les détails qui sont relatifsà l’opinion & aux bienséances , les beautésde mode & de convention ont dû paroîtrebien ou mal, selon les temps & les lieux ;car il n’est point de siecle , point de paysqui ne donne ses mœurs pour réglé : c’estune prévention ridicule qu’il faut cependantménager. L’exemple d’Homere n’eût pasjustifié Racine , si dans Iphigénie, Achille& Agamemnon avoient parlé comme dansI’iliade. L’exemple de Cicéron ne justifieroicpas l’orateur François , qui en reprochantl’ivrognerie à son adversaire , en présente-roit à nos yeux les effets les plus dégoûtans.

Celui qui n’a étudié que les anciens, bles-sera infailliblement le goût de son siecle dansbien des choses ; celui qui n’a consulté que legoût de son siecle , s’attachera aux beautés! passagères, & négligera ses beautés durables.! C’est de ces deux études réunies que résultej se goût solide & la sûreté des procédés de.! l’art. '