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Tome neuvième.
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donné, sont de l’espece des pierres calcai-res. Elles ont pour la plupart la substancedes os , quelquefois celle de la corne ; ellesfont formées en branches , en tuyaux, ouen forme de champignons différemmentpercés de pores ou d’étoiles.

Ce sont les pétrifications des líthophytes©u des coraux de la mer, qui sont des zo-phytes ou des plantes animales pierreuses,ou des congélations ou germinations depierres qui croissent dans la mer, qui viventou végètent en forme d’arbres , de buissonsou de champignons. Ces plantes marinesfont austi percées de pores ou d'étoiles; ellesjettent leurs racines fur les pierres , ou furd’autres corps durs.

Guisonxus ou Guison, a soutenu queles coraux de la mer étoient des produc-tions minérales composées de terre & debeaucoup de sol. Woodward en a fait unecoagulation végétale d’une terre calcairetsc cristaline qui se trouvoit dans les eaux dela mer. D’autres les ont pris simplementpour des végétaux pierreux , dont la nais-sance & l’accroiísoment nous étoit encoreinconnu. Enfin, le Comte de Marsigli acru découvrir par ses observations des cor-puscules , en forme de fleurs , qui fortoientd ?s globules , dont l’écorce des coraux estcouverte , & dès-lors il n’a pas hésité de lesranger dans la classe des végétaux, munisde fleurs oclopetales , dont il naissait unfruit globuleux , fécondé par un sucre acre& laiteux ; c’étoit déjà Popinion de Dios-coride , de Pline , de Cassalpin , de Boc-cone ,, de Ray , de Tournefort & de Geof-froy.

Cette opinion avoir prévalu jusques à ceque M. Peyssonel & M. de Juílìeu ;& après eux M. de Reaumur, ont ob-servé que ces corpuscules, que Marsigliavoir pris pqur des fleurs, étoient des petitsinsectes de l’eípece des Polypes, longs d’en-viron trois lignes , adhérans ou à l’écorceou aux pores des coraux ; M. Peyssonelappelle ces insectes des orties~corallines.Deces découvertes , ils ont conclu que ces in-sectes bâtissoient eux-mêmes leurs loges ouses tuyaux des coraux qu’ils habitent, & quee’étoit-là leur propre ouvrage : ces obser-vations ont été confirmées par M. Donati,daas son Histoire de la Mer Adriatique ,

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où il démontre les gradations insensibles &toujours merveilleuses de la nature dans lesplantes. Des plantes communes, il passe auxplantes animales carneuscs ou osseuses im-mobiles , comme les éponges ; de-là auxplantes animales mobiles, qu’il appelle The*

ries , & enfin aux animaux mêmes.

EÍlis , dans son EJsai sur VHistoire.Naturelle des Corallines , a encore portéplus loin toutes ces observations. II n’a passeulement découvert,. dans chaque especede corail, des habitans de diverses especes ,des Polypes , dès Scolopendres , &c. maisce qu’il y a encore de plus surprenant, ildit avoir vu des globules transparens, atta-chés à une de ces plantes , & entassés lesuns fur les autres. Ces globules sc relevèrentsubitement , & prirent la figure d’uneplante , munie d’une tige , avec des bran-' ches & des veíficules en forme de poire :chacune de ces veíficules paroissoit pourvuede^ son Polype ; & l’observateur les viemême s’étendre, pour chercher leur proie ,aussi loin que leur tige pourroit le permettre.Ce spectacle , continue-t-il , n’avoit pasduré une minute, lorsque tout à coup,comme s’il y avoit eu quelque signal,, tousles polypes retombèrent ou se plièrent l’unfur l’autre dans leur premier monceau ; cen’étoit que pour quelques momens, & cejeu alternatif, d’expansion & de contractionsc renouvella diverses fois. Voilà donc desarmées de polypes rangées comme en ba-taille , en faisant des mouvemens ou des.évolutions , comme des soldats font aux or-dres d’un officier qui les commande.

Quoiqu’on rende justice aux auteurs deces observations ingénieuses , il est des nx-turalistes qui veulent encore douter des con-séquences que l’on en tire. Ces petits insec-tes , que nous savons se nicher par-tout,peuvent bien , disent-ils , se faire une logedes tuyaux & des cavités des coraux ; mais.s’enfuit-il de-là qu’ils soient eux-mêmes lesarchitectes de ces loges , & les fabricateursde la plante même ? 11 y a quantité d’inscc-tes qui fe font une demeure des divers corpsvuides qu’ils trouvent par hasard ; il y en a.qui se nichent dans les pores des éponges jl’hermite ou le soldat se loge dans les buc-cins & dans d’autres coquilles qu’il trouveabandonnées & vuides. Les différente? e£-

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