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Tome neuvième.
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C O R

que la chaleur est favorable à ce travail ;les faisons variables où il y a des succes-sions de froid & de chaud, sont incom-modes , parce qu’on est obligé de rendrel’eau plus forte quand il fait plus chaud ,pour prévenir la corruption.

Le dégré de force de ces eaux est lapartie la plus délicate de l’art : pour bienconnoître à l’ccil & au toucher ce que lesboyaux demandent d’un jour à l'autre , ilfaut la plus grande habitude ; on asiùremême qu’il faut être né dans le métierpour y réussir : la plupart des ouvriers quiy travaillent à Naples sont de Salé , vil-lage de l’Abruzze ; le maître les nourrit& leur donne 21 1. 8 f. par mois.

Dominico Antonio Angelucci, qui étoitle plus célébré cordaro de Naples , & quiest mort au mois de Janvier 1765, s’étoitassocié avec ceux de Rome : mais cetteassociation ne dura pas long-temps: elleoccasionna un grand procès qui n’est pasencore terminé , & dans lequel son frétéFelice Angelucci a fait beaucoup de mé-moires relatifs à cet art ; mais il n’a rienpublié à ce sujet.

Le prix des cordes de violon pour laFrance & pour l'Angleterre est plus con-sidérable que pour i’Allemagne ; on faitcelles-ci plus lin es, de moindre qualité &à meilleur marché. Le mat^o , composéde 30 cordes à deux fils, ou chanterelles,de íix palmes, c’est-à-dire de 11 rata foref-tiera , coûte 5 carlins ; les autres à propor-tion. ( M. de la Lande. )

Des cordes de nerfs , ou, pour parlerplus exactement, de tendons ou de liga-ments. Les anciens qui faisoient grand usagede ces cordes dans leurs machines de guer-re , désignoient en général les veines, ar-tères , tendons , ligaments , nerfs, par lemot de nerf, & ils appell oient corde denerf, une corde filée de ligaments. Ilsont ordonné de choisir entre les tendons,ceux des cerfs & des bœufs ; & fur cesanimaux les tendons les plus exercés ,comme ceux du col dans les bœufs, &ceux de la jambe du cerf. Mais comme ilest plus facile de se pourvoir de ceux-làque de ceux-ci, c’est de cette matière qu’ona,fait à Paris les premieres cordes de nerfs ,sous les ordres & la direction de M. le

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comte d’Herouville , qui fut engagé dansun grand nombre d’expériences fur cetobjet, par l’exactitude & l’étendue de sesrecherches fur tout ce qui appartient àl’Art militaire. Voici comment ces cordesont été travaillées. On prend chez le bou-cher les tendons des jambes, on les faittirer le plus entiers & le plus longs qu’ilest possible. Us se tirent de l’animalassommé, quand il est encore chaud. Onles expose dans des greniers ; on fait ensorte qu’ils ne soient point exposés au so-leil , de peur qu’ils ne secher, t trop vite, &qu’ils ne durcissent trop. II ne faut pasnon plus que l’endroit soit humide , &qu’ils puissent souffrir de la gelée en hi-ver ; ces accidents les feroient corrompre.U y a aussi un temps propre à prendrepour les battre : quand ils sont trop secs ,ils se rompent ; quand ils sont trop frais ,on en épure la graisse. 11 faut éviter cesdeux extrêmes. Avant que de ses battre,il en faut séparer les deux bouts qui senttrop durs & trop secs : 1e reste d’ailieurss’en divisera plus facilement sous 1e mar-teau. Le nerf ou ligiment n’est filé finqu’autant que ses extrémités se divisentfacilement, ce qui ne peut arriver quandon lui laisse ses deux bouts qui sont durs& secs comme du bois.

Les outils de cette espece de corderiese réduisent à un marteau de fer , unepierre & un peigne. Le bloc de pierredoit être un cube , dont la surface poliedu côté qu’il doit servir , ait huit à dixpouces en quarté. Le marteau peut peserune demi-îivre, & 1e peigne a huit oudix dents éloignées ses unes des autres d’en-viron six lignes, & toutes dans la mêmedirection. Le ligament ne doit point êtredépouillé de ses membranes ; on ses bat en-semble jusqu’à ce qu’on s’appercoive quela membrane est entièrement séparée desfibres. Sept à huit ligaments battus &fortement liés ensemble , suffisent pourfaire une poignée ; on passe la poignéedans les dents du peigne : cette opérationen sépare la membrane, & divise les fibresses unes des autres. Le point le plus im-portant dans tout ce qui précede , est debien battre , c’est de là que dépend lafinesse du nerf, Si le nerf n’eít pas assez