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Tome neuvième.
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ont jusqu’à douze cents pies de long furyingt-huit de large, & huit à neuf de haut.

Le fileur a autour de fa ceinture unpeignon de chanvre allez gros pour four-nir le fil de la longueur de la corderie ;il fait une petite boucle à son chanvre;il l’accroche dans la molette du rouet laplus élevée , le chanvre fe tortille ; & àmesure que le fil se forme , le fileurrecule. 11 tient dans fa main droite unbout de lisiere qu’on appelle paumelle , quiconserve le tortillement du fil & 1 empê-che de se replier sur lui-même. Quand cepremier fileur est à quatre ou cinq braisesdu rouet, deux autres fileurs accrochentleur chanvre aux deux molettes suivan-tes ; deux autres en font autant, & ainside fuite, jusqu’à ce que les molettessoient occupées. Quand le premier fileur ,qu’on appelle maître de roue , a atteintle bout de la filerie, on détache son fild u crochet de la molette , on le placedans une petite poulie placée au milieude la filerie ; on P enveloppe d’une corded’étoupe qu’on appelle livarde ; on chargela livarde d’une pierre , & un garçon te-nant le fil enveloppé d’une autre livardele conduit fur le touret, qui est une efpecede grande bobine fur laquelle il le place ;il le frappe même d’une palette pour qu’ilfe serre mieux fur le touret. Quand lemaître de roue est rendu au crochet, ildécroche le fil de Pouvrier le plus avancévers le bout de la corderie. Il le tortilleau bout du sien , Lc le met en état d’êtredévidé. Tout ce qu’il y a de fil fait fe dé-vide de fuite fur le touret.

Le fileur doit avoir soin de retirer duchanvre , à mesure qu’il le file , les par-ties mal travaillées. Le fil, pour être bienfilé, doit être uni, égal , & couché enlongues lignes spirales. On ne peut douterque le plus ou moins de tortillement n’in-tìue fur la force du fil.

Onze fileurs qui emploient bien leur tempspeuvent filer jusqu’à sept cents livres dechanvre par jour. II y a du fil de deux& quelquefois de trois grosseurs. Le plusgros sort pour les cables des vaisseaux , &on l’appelle fil de cable ; le moyen , poul-ies manœuvres dormantes & courantes,& on l’appelle fil de haubans : & le plusTome IX.

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fin, pour les petites manœuvres, s’appellele lufin , le merlin , le fil à coudre lesvoiles , &c. On met les tourets chargésde fil les uns fur les autres ; on a soinseulement de ménager de l’air entr’eux ;on en tient le magasin frais & sec.

On distingue deux especes de cordages ;les uns simples qu’on appelle hanfieres ;les autres qu’on peut regarder comme descordages composés. Ces deux especes decordages fe subdivisent en un nombre d’au-tres qui ne différent que par leur groííèur& par l'usage qu’on en fait pour la gar-niture des vaisseaux.

Quand un cordier veut unir ensembledeux fils pour en faire la petite ficelleappellee bitord , il fe sert du rouet desfileurs, ou bien d’un rouet de fer com»posé de quatre crochets mobiles, disposésen forme de croix. Le cordier prendd’abord un fil qu’il attache par un de sesbouts à un des crochets du rouet ; en-suite il le tend & va l’attacher à un pieuqui est placé à une distance proportionnéeà la longueur qu’il veut donner à sa corde ;de là il revient attacher un autre fil à uncrochet opposé à celui où il a attaché lepremier ; il le bande aussi , & va l’ar-rêter de même au pieu dont nous avonsparlé. Cette opération étant faite , le cor-dier unit ensemble les deux fils, soit parun nœud ou autreïnent ; de façon que cesdeux fils réunis n’en forment pour ainsidire qu’un.

Quand le cordier veut faire du merlin,qui est un composé de trois fils, après avoirtendu un fil depuis le crochet du rouet jus-qu’au crochet de Y émerillon (l’émérillcn estun petit morceau de bois en forme de sifflet,à chaque bout duquel est un crochet de fertournant ) , il lui reste ensuite à étendre demême les deux autres fils. Tour aller plusvîte, il prend un fil fur le touret, il le paísefur un petit touret de poulie , monté d’uncrochet qui lui sort de chape, il l’attache aucrochet de la molette, qui est une poulie debois traversée par le milieu d’un sor courbé,& qui sert à retordre ; ensuite il passe la por-tion du fil qui étoit sur le touret dans le cro-chet de l’émérillon, & revient au touret ; ilcoupe son fil de longueur, il l’attache autroisième crochet, & fa corde est ourdie.

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