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Tome neuvième.
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semence , ce n’est guere qu’après douzeans qu’il en produit. L’accroissement decet arbre est si lent, cju’il lui faut quinzeannées pour prendre environ dix pies dehauteur ; cependant rien n’est capablede retarder fa venue. Les intempéries dessaisons ne portent point fur le cornouiller ;il endure le grand froid comme les forteschaleurs ; le givre méme , qui fait tantde ravages fur les végétaux ligneux ,réagit ni fur le jeune bois ni fur lesfleurs de cet arbre, qui est si robuste àtous égards, qu’il s’accommode de tousles terrains & des plus mauvaises expo-sitions : son bois a toutes les excellen-tes qualités de celui du cormier ; il fe-roit auíE recherché, s’il avoit autant devolume. Le cornouiller n’est pas fansquelque agrément ; fa fleur très-hâtive ,allez apparente , & de longue durée ;son feuillage d’une belle verdure, qui n’estjamais attaqué des insectes, & qui souffrel’ombre des autres arbres ; & la figurerégulière qu’on peut donner au cornouil-ler , fans nuire à son fruit, peuvent en-gager à l’employer dans quelques cas pourI’ornement.

On peut donc s’aviser quelquefois demultiplier cet arbre , qui poulie assezordinairement des rejetions au pié , qu’onpourra tirer des bois, & ce fera la voiela plus courte : ou bien il faudra s’entenir à semer les noyaux des cornouilles ,qui, soit qu’on les mette en terre en au-tomme ou au printemps , ne loverontqu’à l’autre printemps : ensuite avec laculture ordinaire des pépinières, & beau-coup de patience , on parviendra en huitans à avoir des plants d’environ six piésde haut , qui n’auront exigé qu’un peude soin pour les faire venir droits , &que l’on pourra transplanter alors oùl’on voudra.

11 n’y aura nul choix à faire pour leterrain , à encore moins pour l’exposi-tion : tout convient au cornouiller , mêmele fable & la pierraille ; plutôt cepen-dant les lieux frais que chauds, sur-toutl’ombre ; mais il ne faut pas qu’il soit tropferré, ni couvert par les autres arbres,si l’on veut qu’il se mette à fruit.

Ce fruit est la cornouille , dont on

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retire quelqu’utilité. Elle est dans famaturité d’un rouge brillant. , & d’ungoût assez passable pour en manger ;mais ce doit être avec ménagement, parrapport à fa qualité astringente. On en faitde la gelée qui fer t à cette sin , oú bienune boisson qui a la même vertu ; & il ya très-long-temps que l’on dit qu’on peutaussi préparer les cornouilles avant leurmaturité, comme on fait les olives, pourles manger en salade : il faut cependantque ce mets ne soit pas bon , puifqu’ilif est point en usage. Les anciens ont pré-tendu que la culture étoit contraire au cor-nouiller , & qu’elle nui foi t même à la qua-lité de son fruit , qui perdoit par-là defa douceur. II est vrai que cet arbre n’exi-ge point de culture ; mais il n’est pas moinscertain aussi, comme je m’en fuis assuré,qu’il en profite beaucoup mieux quand onle cultive, & que son fruit en devientplus gros , plus coloré , & d’un meilleurgoût. Voyei Cornouilles.

Le bois de cornouiller est compacte ,massif, des plus dur , d’un grain très-sin,& fans aubier. 11 est excellent, & fort re-cherché pour quantité de petits usages oùil est besoin de force, de solidité & de du-rée ; le volume de ce bois ne permettant pasde remployer en grand autant que celuidu cormier , qui l'égale pourtant en qua-lité à très-peu près.

Voici les différentes efpeces de cor-nouiller que l’on connoît à présent.

Le cornouiller sauvage. C’est l’especequi croît dans les haies , à laquelle onpeut mieux appliquer ce qui vient d’êtredit en général.

Le cornouiller franc. Ce n’est autrechose que l’espece sauvage améliorée parles soin de la culture.

Le cornouiller à fruit j aune.Cette variétéest assez rare ; les cornouilles en sont plusdouces que les rouges.

_ Le cornouiller à fruit blanc. Autre va-riété encore plus rare que la précédente.Le fruit de cette espece est plus précoceque dans les autres; il vient à maturitédès le commencement du mois d’Août.Cette cornouille est plus douce & plusagréable au goût qu’aucune, mais elle estplus petite.