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Tome neuvième.
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cette philosophie, que les sens ne font pasjuges de la vérité, même à l’égard des corps,puisque les qualités sensibles dont ils pa-roiflent revêtus n’y font nullement ; ainsiil faut qu il y ait en nous quelque chose desupérieur aux sens, qui juge de leurs rap-ports & qui distingue ce qui est véritable-ment dans le corps de ce qui n’y est pas.Ce ne peut être que par une faculté supé-rieure , qui se donne à eíle-même lesmouvemens qu’elle veut, c’est-à-dire, quiest immatérielle.

La physique corpusculaire a encore di-vers avantages. Voici les deux principaux :i°. elle rend le monde corporel intelligi-ble , puisque le méchanisme est une chosequé nous entendons, & qu’hors cela nousne concevons rien, distinctement dans lecorps. Dire qu’une chose se sait par lemoyen d’une forme ou d’une qualité occul-te , n’est autre chose que dire que nous nesavons pas comment elle se sait, ou plutôtc’est faire 1 ignorance où nous sommes dela cause d’un effet, la cause de cet effet-là, en la déguisant sous les termes de for-mes & de qualités. On conçoit encore clai-rement que le froid , le chaud , &c. peu-vent être des modifications de notre ame ,dont les mouvemens des corps extérieursfont des occasions. Mais on ne sauroit com-prendre que ce soient des qualités des corpsmêmes, distinctes de la disposition de leursparticules. 2°. L’autre avantage de la phy-sique corpusculaire , c’est qu’elle préparel’esprit à trouver plus facilement la preuvede l’existence des substances corporelles,en établiíïànt une notion distincte du corps.II faut que celui qui veut prouver qu’il ya quelque chose dans le monde outre les-corps, détermine exactement les proprié-tés des corps , autrement il prouveroitfeulement qu’il y a quelque chose outreuu certain je ne sais quoi qu’il ne con-noît pas, & qu’il appelle corps. Ceuxqui rejettent la philosophie corpuscu-laire composent les corps de deux sub-stances , dont l’une est la matière desti-tuée de toute forme , par conséquentincorporelle ; l’autre est la forme , quietant sans matière est auíli immatérielle.Par.-la on confond si fort les idées dece qui est matériel & immatériel , qu’on

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ne peut rien prouver concernant leurnature.

Le corps lui-même devient incorporel ;car tout ce qui est composé de choses im-matérielles , est nécessairement immaté-riel , & ainsi il n’y auroit rien du tout decorporel dans la nature. Au lieu que laphilosophie corpusculaire établiíïànt unenotion distincte du corps , montre claire-ment jufqu’où ses opérations peuvent s’é-tendre , où celles des substances immaté-rielles commencent, & par conséquent qu ilfaut de nécessité que ces dernieres existentdans le monde.

II faut cependant avouer qu’on abusetrès-souvent de cette philosophie : écou-tons M. Wolt là dessus. In scriptis eo-rum qui philosophiam corpuscularem exco-luêre y multum inejl veritatis , etji circaprima rerum materialium principia erra-verint aurores. Non tamen ideo probxmuspromiscué quœ ab auconbus philofophi cecorpuscularis traduntur : ni'ail enirn fre-quentius eft , quàm ut figuras & molemcorpufculorum ad libitum fingant , ubieas ignorantes in ipjis plvxnomenis ac-quiescere debebant. Exempli gratiâ , ne-mo hucusque explicuit qualia jìnt a'ériscorpuscula , etji certum Jit per eorurnqualitates elaflicitatem aëris explicari.Deficiunt haclenus principia , quorumope certè quid de iis colligi datur. Qua-mobrern in píuvnomeno acquiescendumerat quod scihcet aër possit comprimi ,& continuo se se per majus fpatium ex-pondéré nitatur. Enim vero non défuntphilofophi qui cùm corpuscula principiaejsendi proxima corporum observabiliumesse agnoscant , elaterem quoque aërisper corpuscula ejus explicaturi , figurasaliafique qualitates pro arbitrio fingunt yetji nullo modo demonfirare pojfint cor -pusculis aëris convenire ifliufmodi figu-ras & qualitates , quales ipfis tribuunt.Minimè igitur probamus , Ji quis phi-losophus corpuscularis fapere velit ultraquod intelligit. Abjit autern ut píiiloso-phi ce corpufculari tribuamus quod phi-losophi efi vitium. Deinde philofophicorpuscularcs in universum omnes hacle-nus in eo peccant y quod prima rerummaterialium principia corpusçula esse exi-