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Tome neuvième.
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dans tous les corps dont la couleur dé-pend de la situation de I’œil, la densitédes parties est moindre que celle du mi-lieu ; & qu’en général \a. _ couleur à\mcorps est d’autant moins vive, qu’il estplus rare par rapport au milieu que ren-ferment ses pores.

De plus, ceux des différents corps opa-ques dont les lamelles font les plus min-ces , font ceux qui paraissent noirs , &les corps blancs font ceux qui font com-posés des lamelles les plus épaisses , ou delamelles qui diffèrent considérablementen épaisseur , & font par conséquent pro-pres à réfléchir toutes fortes de couleurs.Les corps dont les lamelles seront d’uneépaisseur moyenne entre ces premieres ,feront ou bleus , ou verds , ou jaunes ,ou rouges, suivant celle de ces couleursqu’ils réfléchiront en plus grande quan-tité , absorbant les autres , ou les laissantpasser.

C’est cette derniere circonstance derenvoyer ou de laisser passer les rayonsde telle ou telle couleur , qui fait que cer-taines liqueurs, telles , par exemple , quecelle de l'infusion de bois néphrétique ,paraissent rouges ou jaunes par la réfle-xion de la lumière, & qu’elles paraissentbleues lorfqu’on les place entre l’œil &la lumière. II en est de même des feuillesd’or , qui font jaunes dans le premier cas,& bleues dans le second.

On peut encore ajouter à cela que lechangement de couleur qui arrive à quel-ques poudres employées par les Peintres ,ïorsqu’elles font broyées extrêmement fin ,vient fans doute de la diminution sensi-ble des parties de ces corps produite parJe broyement , de même que le change-ment de couleur des lamelles est produitpar celui de leur épaisseur.

Enfin ce phénomène si singulier du mé-lange des liqueurs d’où résultent diffé-rentes couleurs , ne saurait venir d’uneautre cause que des différentes actions descorpuscules salins d’une liqueur, fur lescorpuscules qui constituent la couleur d’uneautre liqueur : si ces corpuscules punis-sent , leurs masses en seront ou rétréciespu allongées, & leur densité par consé-quent en sera altérée ; s’ils fermentent ,

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la grandeur des particules fera diminuée,& par conséquent les liqueurs colorées de-viendront transparentes ; si elles se coa-gulent , une liqueur opaque sera le résultatde deux couleurs transparentes.

On voit encore aisément par les mêmesprincipes, pourquoi une liqueur coloréeétant versée dans un verre conique placéentre l’œil & la lumière , paraît de dif-férentes couleurs dans les différents en-droits d u verre où l’on regarde : car sui-vant que la section du verre sera pluséloignée du bas ou de la pointe, il yaura plus de rayons interceptés ; & dansle haut du verre , c’est-à-dire , à la basedu cône , tous les rayons feront inter-ceptés , & on n’en appercevra aucun quepar la réflexion.

M. Newton prétend qu’on peut déduirel’épaisseur des parties composantes descorps naturels de la couleur de ces corps jcar les particules des corps doivent don-ner les mêmes couleurs que les lamelles demême épaisseur, pourvu que la densitésoit auííi la même. Toute cette théorieest conjecturale.

Quant aux propriétés particulières dechaque couleur , voye\ NOIR , BLANC,Bleu , &c. voye\ auffì Arc-en-ciel.

Couleurs qui résultent du mélange dedifférentes liqueurs , ou de P arrange-ment de différents corps. Lorsqu’on faitinfuser pendant un court espace de tempsdes roses rouges avec de l’eau-de-vie, &qu’on verse sur cette infusion encoreblanche quelque esprit acide de sel ,comme l’esprit de vitriol , de soufre, desel marin , de nitre , ou de l’eau-forre ,main en si petite quantité qu’on ne puissemême y remarquer l’acide , 1 infusionblanche deviendra d’abord d’un beau rou-ge-couleur-de-rose. Si on verse sur cetteteinture rouge quelque sel alkali dissous,comme de la lessive de potasse , ou del’esprit de sel ammoniac , elle se chan-gera en un beau verd : mais si on versesur l’infufion de roses du vitriol dissousdans de l’eau , il en naîtra d’abord «neteinture noire comme de l’encre. Mussch.eff. de Phyf.

Si on fait infuser pendant peu de tempsdes noix de gale dans l’eau, en forts